14 Avril 2026
Farida Nouar, journaliste pour Radio France, a participé à une distribution avec les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans le sud du Liban. Retrouvez son reportage ainsi que le témoignage de Mahdi Jaafar, coordinateur terrain à Saïda pour l’ONG (à 05:08).
13 Avril 2026
Dans le centre d’accueil Kaser Al Adel, à Saïda, troisième ville du Liban, un matelas est posé à même le sol dans une pièce où la lumière naturelle pénètre difficilement. Les murs bleu ciel sont décrépits, des affaires s’entassent un peu partout. Ce sont les quelques biens qu’Alyah Mohammed Saleh et sa famille ont réussi à emmener avec eux. Notifiés de bombardements à venir, ils ont dû quitter dans l’urgence leur immeuble de Tefahta, situé à une vingtaine de kilomètres. “La route jusqu’ici était très longue à cause des embouteillages, on a mis sept heures pour arriver”, décrit la jeune femme, emmitouflée dans un pull en pilou.

© Elisa ODDONE
Comme cette famille, plus de 1,3 million de Libanais sont désormais déplacés par la guerre. Ceux qui ont fui leur foyer ont trouvé refuge chez des proches ou dans l’un des 682 centres d’hébergement collectif, qui accueillent près de 140 000 personnes en ce début avril.
Au milieu de la pièce, un drap tendu fait office de cloison et offre une maigre intimité. Alyah cohabite avec son mari, ses deux enfants, ses parents, sa sœur, son frère et leurs familles respectives. “C’est difficile d’avoir accès à l’eau et aux toilettes, il n’y a que deux salles de bain donc c’est vite saturé et on doit faire la queue longtemps”, observe-t-elle.
“Nous ne sommes pas habitués à de telles conditions de vie”, confirme Hussein Naiim, 71 ans, réfugié dans un autre centre d’hébergement collectif de la ville. “Certes il y a des gens qui nous aident, mais c’est différent de la normale”, dit-il. Derrière lui, un enchaînement de fils à linge témoigne de l’afflux récent de personnes dans le besoin. L’homme aux cheveux blancs reconnaît n’“avoir qu’un rêve” : celui de rentrer chez lui, à quelque soixante kilomètres plus au sud. Mais pour le moment, impossible, c’est trop dangereux. “Il n’y a plus personne là-bas.”
Même son de cloche du côté de la famille Bdeir, Hiba, son frère et ses parents, habitants du sud Liban sont hébergés depuis plus d’un mois à l’Institut Al Afak. La jeune femme de 25 ans est webdesigner, mais, entourée de 400 personnes, difficile de se concentrer. “Il y a beaucoup de bruit et parfois internet ou l’électricité sont coupés. Je suis habituée à travailler à distance, mais dans ces conditions c’est dur”, déplore-t-elle.

© Elisa ODDONE
Pour améliorer le quotidien précaire des personnes déplacées, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL évalue les besoins des hébergements collectifs et effectue des travaux. Depuis début mars, six centres ont été réhabilités et dix autres sont en cours. À l’Institut Al Afak, qui héberge une centaine de familles, les équipes ont réparé les douches, les robinets, les toilettes et les portes. “Nous avons aussi installé un système de chauffe-eau solaire”, précise Hassan El Sayed, coordinateur terrain pour l’ONG.
Dans les centres d’accueil, nos équipes distribuent aussi des produits de première nécessité : 2 352 personnes déplacées ont ainsi reçu matelas, oreillers, couvertures, lampes solaires et jerricanes ; 541 kits d’hygiène familiaux, ainsi que des kits spécifiques contenant des protections périodiques et des produits pour bébé ont été répartis ; et enfin, 398 ménages logés dans 18 centres dépourvus d’accès à une cuisine ont reçu des repas prêts à consommer pour deux semaines.
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10 Avril 2026
“S’il restait des gens qui n’étaient pas traumatisés, aujourd’hui ils le sont”, déplore Hassan El Sayed, coordinateur terrain de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL à Saïda.
Jeudi 9 avril, le Liban s’est réveillé meurtri. La veille, des raids aériens d’ampleur se sont abattus sur plusieurs régions du pays. “Une centaine de frappes en une dizaine de minutes, du jamais vu”, décrit Hassan. “Des zones jusqu’alors considérées comme sûres, comme le centre de Saïda, de Beyrouth ou le Chouf, ont été touchées avec une forte intensité. Des bâtiments entiers ont été rasés et tout ça sans notification”. Plus de 300 personnes, dont 33 enfants selon l’UNICEF, ont perdu la vie et 1 500 autres ont été blessées. À cette heure, des victimes sont encore ensevelies sous les décombres.
Plein d’espoir de retrouver leur maison, des milliers de Libanais qui avaient pris la route vers le sud, après l’annonce d’un cessez-le-feu dans la nuit de mardi à mercredi, se sont retrouvés pris au piège des bombardements israéliens. “C’est un double traumatisme, un sur-stress, observe le coordinateur terrain. On est aux antipodes de l’apaisement espéré, l’impact humanitaire a été démultiplié”. En plus du lourd bilan humain des attaques, de nombreux civils, déjà éprouvés par plus d’un mois de guerre, se voient contraints de se déplacer, une nouvelle fois, vers des centres d’hébergement collectifs ou chez des proches.
Sur le fleuve Litani, les bombardements ont endommagé le dernier pont reliant le sud du pays, et notamment la ville côtière de Tyr, isolant encore davantage les habitants de cette zone proche de la ligne de front. Hier, la protection civile libanaise est parvenue à déblayer une partie de l’infrastructure, mais la circulation y reste quasiment impossible et si la situation persiste, les besoins humanitaires pourraient rapidement s’aggraver.
Malgré l’impact psychologique des attaques sur nos collègues libanais, eux-mêmes déplacés avec leur famille, certains dans des zones bombardées, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL étaient à pied d’œuvre dès jeudi matin pour distribuer des kits d’hygiène et d’entretien dans les centres d’hébergement collectif à Saïda. “On a beaucoup plus peur c’est vrai, mais on a ce sentiment de détermination humanitaire qui pousse les gens à se dépasser”, souligne Hassan. Analyse après analyse, les équipes déterminent “à quel moment passer et quel bout de route emprunter” afin d’apporter de l’aide dans les zones les plus difficiles d’accès.
Dans ce contexte d’urgence et d’incertitude, tous espèrent désormais “que le peuple libanais ne sera pas l’oublié des arrangements internationaux.”
3 Avril 2026

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
Le 26 mars, un convoi affrété par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a réussi à regagner la zone de Nabatieh, au sud du pays. Nos équipes ont pu effectuer des distributions de colis alimentaires dans les communes de Deir Zahrani, Jebchit, Ebba et Ansar, à destination de 1 127 familles vulnérables, monoparentales, avec des enfants en bas âge ou en situation de handicap.

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
Le sud du Liban est en effet particulièrement sujet aux ordres d’évacuation depuis le début du mois et plus d’un million de personnes sont désormais déplacées dans le pays. Récemment, c’est le gouvernorat de Tyr qui a été sujet à cet exil forcé, provoquant de nouveaux mouvements de populations.
Les bombardements qui menacent cette zone ciblent des infrastructures stratégiques, tels que des stations-service, de grands axes routiers, ou récemment le pont de Qasmiyeh.

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL se sont également rendues dans 18 centres d’hébergement d’urgence dépourvus de cuisine et ont distribué des colis alimentaires et des repas prêts à consommer à 398 personnes déplacées, permettant de couvrir les besoins d’une famille de cinq personnes pendant deux semaines. En parallèle, l’ONG a évalué les services de 24 centres et a procédé à la réhabilitation des latrines et des douches, au raccordement des bâtiments aux réseaux d’eau et à l’installation de cloisons dans quatre d’entre eux. Les travaux dans les autres centres sont prévus dans les jours à venir.
Au total, l’aide apportée par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a bénéficié à 2 369 ménages et 12 402 personnes ces derniers jours.
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24 mars 2026
Ces derniers jours, les ordres d’évacuation se sont intensifiés dans les villages situés au sud du fleuve Litani et de la rivière Zahrani, ainsi que dans une grande partie de la banlieue sud de Beyrouth. Plus d’un million de Libanais et de Libanaises sont désormais en exil, fuyant principalement vers le nord du pays, la capitale, le Mont-Liban ou encore la vallée de la Bekaa. Alors que certains sont hébergés par des proches, dorment dans leur voiture ou des tentes, 132 742 personnes ont trouvé refuge dans les 622 centres d’accueil d’urgence du pays.
Ces centres d’hébergement, saturés, peinent à répondre aux besoins croissants de la population. Afin de garantir des conditions de vie saines et dignes, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a effectué une évaluation de l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement dans 16 de ces centres. Constatant plusieurs défaillances, nos équipes lancent la réhabilitation des latrines et des douches, la construction de réservoirs d’eau et le renforcement de l’étanchéité des bâtiments.
Des distributions de nourriture ont été effectuées à 398 familles et 1 240 personnes ont reçu des matelas, des couvertures, des oreillers et des lampes solaires. Permettant de réduire les risques sanitaires, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a également fourni 462 kits d’hygiène couvrant les besoins d’une famille de cinq personnes pendant un mois, 312 kits d’hygiène menstruelle et 191 kits pour bébés.
Des familles coincées sous les bombes dans des zones encore difficiles d’accès
Dans les localités alentour de Nabatieh, particulièrement difficiles d’accès et régulièrement bombardées, où les ordres de déplacement forcé limitent la présence des acteurs humanitaires, la mission a organisé un convoi et distribué des colis alimentaires à 500 familles qui n’ont pas pu se déplacer, souvent des personnes âgées, des femmes seules, des personnes en situation de handicap ou des foyers ne disposant pas des ressources nécessaires.
En effet, si l’action humanitaire se concentre actuellement sur l’aide aux populations déplacées dans les centres d’accueil d’urgence – là où les besoins sont colossaux -, des personnes vulnérables et dans l’incapacité de bouger demeurent dans les zones touchées par les hostilités. Désormais, alors que les commerces essentiels sont fermés, elles dépendent d’une aide humanitaire de plus en plus difficile à acheminer en raison du conflit destructeur.
Au total, c’est 1,3 million de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire au Liban. Ces derniers jours, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a réussi à venir en aide à plus de 7 000 personnes et redouble d’efforts pour en toucher davantage chaque jour.

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
19 mars 2026
“Ce qui est impressionnant, c’est qu’on traverse des villes fantômes”. Hassan est parti au Liban comme coordinateur terrain pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, à la suite des premiers bombardements israéliens. Sur les routes de Nabatieh, agglomération où l’ONG porte assistance aux personnes qui n’ont pas pu fuir les violences, il témoigne de la destruction des villes et de la détresse des habitants.
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17 mars 2026
Le silence troublé au loin par le survol des drones, les magasins calfeutrés et les rues désertes. Voilà ce qui semble rester de Nabatieh au sud du Liban, deux semaines après le début des bombardements israéliens.
Il y a quelques jours encore, le sud du pays était le théâtre de mouvements massifs de populations, rythmés par les ordres d’évacuation et le bruit des voitures fuyant vers le nord. Mais aujourd’hui, plus un chat dans les rues. Les populations ont fui ou se sont enfermées dans leur maison, à la recherche d’un sentiment de sécurité. Les personnes contraintes de rester chez elles sont souvent les plus vulnérables : les personnes âgées, les femmes isolées et les familles dans l’incapacité de se déplacer.
Lundi, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a effectué une distribution d’aide humanitaire à Nabatieh au nord du fleuve Litanie, région qui a fait l’objet d’un ordre d’évacuation. Dans ces zones difficiles d’accès où la population a dramatiquement besoin d’assistance, les équipes de l’ONG ont pu distribuer des kits contenant de la nourriture en collaboration avec les mairies locales. Ces distributions vont se poursuivre tout au long des deux prochaines semaines.

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
13 mars 2026
« Nous n’avions que dix minutes pour emballer notre vie et partir. Les missiles tombaient tout près. Nous avons roulé toute la nuit, et nous avons passé la première sur le trottoir avant de trouver refuge dans une école qui nous accueille désormais. » raconte une enseignante libanaise, aujourd’hui déplacée.
Depuis deux jours, les témoignages se multiplient et disent tous la même chose : la fuite a été soudaine, brutale, souvent au milieu des bombardements.
« Nous marchions en ayant peur à chaque instant que quelque chose nous tombe dessus », confie une autre femme libanaise.
Une Syrienne, elle, a quitté son village « avec quelques vêtements attrapés dans la panique, alors que le bombardement avançait ».
On compte désormais plus de 816 000 personnes déplacées. 126 000 d’entre elles ont pu trouver refuge dans les 589 abris collectifs ouverts mais la plupart sont saturés. Ces lieux sont pour la plupart inappropriés à l’hébergement de centaines de personnes – comme des écoles – si bien que les conditions de vie y sont extrêmement précaires : pièces surpeuplées, sans intimité, ni chauffage, ni installations sanitaires suffisantes. Certaines familles n’ont toujours pas trouvé d’abri et dorment encore dans leurs voitures.
La cinquantaine de salariés de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Liban sont totalement engagés dans l’organisation des distributions d’urgence et la réhabilitation des centres d’accueil collectifs. 7000 personnes ont ainsi déjà bénéficié de cette aide : colis alimentaires, kits d’hygiène, couvertures et matelas ont été distribués, et les travaux d’étanchéité, de chauffage, de raccordement aux réseaux d’eau et d’égout se poursuivent dans les centres. Il faut créer rapidement les toilettes et les douches avant que l’insalubrité ne s’installe.
Le ministre Jean-Noël Barrot a annoncé tripler l’aide matérielle humanitaire française, passant de 20 à 60 tonnes, en partenariat avec la Fondation CMA CGM. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL recevra une partie de ce matériel et le distribuera dans les sites collectifs d’Akkar et du Sud.
Le gouvernement français a également alloué six millions d’euros de soutien aux acteurs de l’humanitaire au Liban. Une aide précieuse mais insuffisante face aux besoins colossaux, surtout comparée aux 100 millions d’euros annoncés en 2024.
La priorité humanitaire reste claire : s’abriter, boire, manger.
Mais l’ampleur des destructions et l’instabilité de la situation imposent de penser qu’indépendamment de l’évolution des combats, la crise humanitaire s’installera sur le long terme.
6 mars 2026
Le Liban : l’exode s’accélère après l’ordre d’évacuation au sud de Beyrouth
Depuis l’ordre d’évacuation imposé hier par les autorités israéliennes au sud de Beyrouth, les mouvements de population ont franchi un nouveau seuil. D’après les dernières estimations, près d’un demi-million de personnes ont déjà dû fuir leur domicile. La situation s’est rapidement dégradée, avec 95 773 personnes désormais enregistrées dans les 441 centres d’accueils officiels ouverts à travers le pays.
Chaque heure qui passe voit apparaître de nouveaux besoins : nourriture, eau potable, hébergement d’urgence, hygiène, protection… Les centres d’accueil sont saturés, et les infrastructures locales peinent à absorber l’afflux massif de familles déplacées.
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a démarré les distributions de nourriture au nord et au sud du Liban et poursuit l’évaluation des besoins prioritaires.

© SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
3 mars 2026 – 16H
La journée a été marquée par une intensification du conflit. Le Liban en est devenu l’un des théâtres principaux, avec des bombardements intensifs et des incursions terrestres israéliennes dans le sud du pays.
Le nombre de personnes quittant leur domicile pour fuir la guerre vers le Nord continue d’augmenter. À midi, 50 000 personnes étaient déjà enregistrées dans les centres d’accueil collectifs, pendant que des milliers d’autres cherchaient encore un abri.
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a pu distribuer des kits d’hygiène aux personnes arrivées dans quatre centres d’accueil collectifs de Saïda, grande ville côtière située à 40km au sud de Beyrouth.
3 mars 2026 – 10h
L’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël depuis le 28 février entraine des répercussions dans un Moyen-Orient déjà très éprouvé par les crises. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL opère dans la région depuis plus de 20 ans et se tient prête à soutenir les populations dans cet événement violent majeur. Alors que l’avenir de la population iranienne reste encore suspendu, les conséquences sont déjà terribles au Liban.
Des avenirs suspendus en Iran
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une série de frappes aériennes conjointes sur l’Iran, entrainant la mort de plusieurs hauts dirigeants iraniens, dont l’ayatollah Ali Khamenei. Si le bilan humain est encore inconnu, le peuple iranien a dû immédiatement faire face à des besoins en termes de protection et de santé. On peut également prévoir que de nombreuses personnes devront quitter leur foyer. Or ces déplacements sont des moments de grande vulnérabilité car les services essentiels, comme l’accès à l’eau, à la nourriture et à des abris, ne sont pas couverts sur le chemin de l’exil. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL se tient donc prête à intervenir dans les pays frontaliers si des mouvements de population se produisaient, et en Iran si l’accès devenait possible.
Au Liban, la population en fuite
Les équipes surveillent de très près la situation dans tous les pays de la région. Parmi eux, c’est le Liban qui connait les conséquences humanitaires les plus fortes. Le conflit s’y est rapidement exporté, jusqu’aux frappes massives – le 2 mars – de la banlieue sud de Beyrouth et du sud du Liban. Les ordres d’évacuation s’y multiplient toujours et une offensive terrestre de Tsahal a débuté dans la matinée du 3 mars. En 12 heures, des dizaines de milliers de personnes ont alors quitté leur habitation. On a vu dès la nuit, de longs bouchons sur les routes libanaises, en direction du nord du pays principalement. Une catastrophe pour ces personnes qui – pour la plupart – avaient déjà subi un déplacement et la destruction de leur environnement il y a 18 mois, lors de la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Déploiement imminent de l’aide humanitaire
L’équipe de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est également touchée. Plusieurs de ses membres ont dû quitter leur domicile à cause des frappes aériennes ou sur un ordre d’évacuation, et cherchent actuellement à mettre leur famille à l’abri. Pour autant, l’équipe organise l’aide humanitaire. Plus de 40 000 personnes sont déjà arrivées dans les centres d’accueils collectifs. La plupart sont des écoles mises à disposition, mais qui ne peuvent assurer le minimum de salubrité et de chaleur à ces familles entières, hébergées nuit et jour en cette fin d’hiver. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL va donc opérer la mise à niveau urgente et nécessaire des infrastructures. Des distributions de biens de première nécessité et de kits d’hygiène se préparent également.
Alors que la région entière retient son souffle, le Liban vit une nouvelle tragédie dans un silence presque résigné. L’hiver encore sensible et la période de Ramadan rendent la situation encore plus difficile à vivre. Le reste du monde cherche à analyser les événements et s’interroge sur l’avenir géopolitique du Moyen-Orient, mais n’oublions pas les civils qui paient toujours le prix fort des conflits armés.
Photo d’en-tête : © Elisa ODDONE

