Liban : l’innovation au service des réfugiés syriens

Publié le mardi 12 septembre 2017

Milan Kieffer, étudiant de l’école Strate de 24 ans, vient de rentrer du Liban où il a mis en place un projet préparé en collaboration avec SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et VINCI afin de répondre à la problématique du confort thermique des réfugiés. Le Liban accueille près d’1,5 million de réfugiés syriens, dont 15% vivent dans plus de 4000 camps informels.

 

Pourriez-vous nous décrire votre projet et ses bienfaits en quelques mots ?

Notre projet c’est l’isolation thermique des abris de réfugiés. Pour cela nous aménageons des serres sur un « mur » que nous construisons de bois, de liège et de papier bulle. Notre projet ne permet pas de se passer de la lampe à pétrole mais les serres conservent la chaleur de l’abri et gardent la fraîcheur propagée par les plantes en été. Nous avons comparé la température dans un abri muni de nos serres et dans un abri simple. La température la plus haute atteinte dans les deux abris est la même (19 degrés) mais on note que dans l’abri simple cette température est uniquement atteinte à un instant T alors que dans l’abri muni de serres cette température sera conservée plus longtemps.

Passer de la théorie à la pratique, cela a dû être un véritable défi ?

Oui en effet. Pendant les six mois de préparation du projet, nous étions en lien avec l’équipe sur le terrain. Nous leur faisions part de nos avancées et eux nous disaient ce qui était réalisable et ce qui l’était moins. Ces échanges d’information étaient très importants parce que nous avions construit notre projet sur la base de la participation des réfugiés. Nous voulions qu’ils puissent reproduire entièrement notre prototype eux-mêmes. Nous avons donc travaillé uniquement avec des matériaux qu’ils pourraient trouver sur place (liège, polystyrène expansé…), mais nous avons tout de même eu des complications. Dans le camp Arka 101 par exemple nous avions prévu de couper manuellement des tubes de PVC, ce qui n’a pas du tout fonctionné. Nous avons dû le faire faire. Lora Vicariot la coordinatrice abris de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL m’a beaucoup aidé tout au long du projet.

Avez-vous atteint vos objectifs ?

Je ne suis pas resté assez longtemps pour pouvoir témoigner de l’efficacité, mais nous avons fourni des serres à 44 familles, ce qui correspond à 220 personnes. Je compte sur les réfugiés pour reprendre le projet en main. Nous leur avons fourni des thermomètres et des calendriers pour qu’ils relèvent la température des abris toutes les heures. Cela permettra de déterminer quel est le meilleur isolant entre le liège et le polystyrène.
Dans l’un des camps le représentant communautaire, le shawish, a vraiment fait un super travail. Il ne m’attendait pas pour faire avancer le projet. Il avait plein d’idées et m’a même fait changer certains matériaux pour que ce soit plus adapté au camp. C’est ce genre de personne qui va nous permettre d’atteindre voir de dépasser nos objectifs.

Quel a été le moment le plus fort de ton expérience ?

Ce n’est pas un moment, c’est une relation. J’étais très proche des trois hommes avec qui j’ai fait équipe pendant deux semaines : Icham, Mustafa et Markmoud. On a travaillé d’arrache-pied ensemble. On se comprenait et on s’écoutait, sans parler la même langue.

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