Mossoul : une ville dévastée, des besoins immenses

Publié le jeudi 15 juin 2017

A Mossoul, dévastée par le siège et les combats qu’elle subit depuis de nombreux mois, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL poursuit ses efforts pour fournir toujours plus d’eau potable aux déplacés et aux habitants encore bloqués dans la ville. Une réponse d’urgence indispensable qui devra être développé dans d’autres villes du pays et accompagné d’une aide à la reconstruction plus durable.

Dans la ville assiégée depuis le mois d’octobre 2016, la majorité des infrastructures sont détruites ou hors d’usage : écoles, hôpitaux, réseaux d’électricité, mais aussi réseaux d’eau. Les habitants se démènent comme ils peuvent pour trouver à boire et à manger. Dans ce chaos, le mandat de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est de fournir par camion-citerne de l’eau potable en urgence produite dans une station de traitement.

À ce jour, grâce à notre station d’Hamam Al Alil située à 40 km de Mossoul, nous pouvons approvisionner 50 000 personnes à Mossoul Ouest, à quelques pas de la vieille ville toujours aux mains de l’organisation Etat Islamique, ainsi que 2 camps de déplacés et un hôpital de campagne.
Guillaume Woheling, chef de mission en Irak

Une nouvelle station de traitement de l’eau est en construction à Abou Saïf, encore plus près, à 13 km de Mossoul. « Cette nouvelle station permettra de doubler la capacité de distribution et d’atteindre jusqu’à 90 000 personnes dans 3 quartiers de Mossoul Ouest repris par l’armée irakienne », s’enthousiasme Sarah Chauvin, responsable de nos programmes au Moyen Orient.

Relancer l’économie

A cette aide d’urgence, qui répond à un besoin vital sous une chaleur de 40°, va devoir succéder une phase de reconstruction et d’aide au retour. Les populations ont tout perdu et manquent de moyens pour subvenir à leurs besoins.

La ville est totalement détruite. Les maisons sont effondrées, les débris, les gravats des bâtiments tombés sous les bombardements jonchent les rues… On estime à 5 ans minimum la reconstruction de la ville.
Edouard Lagourgue, président de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL de retour d’Irak. Lire son interview complète

Après la fourniture d’éléments essentiels tels que l’eau et la nourriture ou des kits d’hygiène, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL prévoient de proposer des actions de reprise d’activités génératrices de revenus ou l’apport de liquidités aux familles les plus vulnérables. « Aujourd’hui, certaines personnes reviennent dans les quartiers libérés, assure Guillaume Woheling. Certains marchés ressurgissent et c’est un très bon signe. Mais les gens n’ont pas d’argent. Il va donc falloir rapidement relancer une activité économique, réinjecter du cash, pour que l’ensemble du processus économique puisse redémarrer. »

De Mossoul à Kirkouk, aider plus loin

Si Mossoul est sous le feu des projecteurs et bénéficie déjà de l’aide internationale, d’autres poches dans le pays où la présence de l’Etat Islamique est encore très forte ne sont pas couvertes par l’aide humanitaire. Au sud de Kirkouk, dans le gouvernorat de Sinjar près de la frontière syrienne, ou encore dans le gouvernorat d’Anbar, des combats tout aussi intenses entrainent aussi des déplacements de populations. « SOLIDARITÉS INTERNATIONAL essaye de voir les possibilités  d’apporter une aide d’urgence dans ces zones non ou peu couvertes que ce soit dans le domaine de l’eau mais aussi, suivant les besoins, dans d’autres domaines en attendant qu’il y ait une solution durable. »

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