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Irak : une crise qui dure, des besoins qui évoluent ?

Publié le jeudi 2 mai 2019

Depuis la reprise de Mossoul au groupe État Islamique en 2017, le Nord de l’Irak tente péniblement de se reconstruire. 2018 a vu les premiers retours de déplacés mais leur réinstallation est freinée par le manque d’infrastructures et d’accès aux services essentiels dont l’eau potable arrive en tête.
Par Sarah Chauvin, Responsable programme Moyen-Orient.

 

Le Nord de l’Irak a été marqué par l’occupation de l’État Islamique, puis l’offensive militaire menée en 2017 par le gouvernement central et ses alliés pour reprendre le contrôle de l’entièreté de son territoire. Cette phase d’occupation et les combats qui ont suivi ont causé le déplacement de plusieurs millions de personnes, gravement endommagé les infrastructures essentielles et fragilisé le tissu social et communautaire irakien, déjà précaire avant le conflit. 2018 a vu le pays entrer dans une nouvelle phase, marquée par le retour des populations dans leurs lieux d’origine, et par le démarrage des efforts de reconstruction. Malgré ces “nouvelles dynamiques”, le contexte irakien reste extrêmement fluide, et les possibilités de conflits armés de basses intensités, localisés, restent relativement importants. La stabilisation du pays entre dans une phase compliquée d’intégration des différentes couches de populations, de leurs différences culturelles, idéologiques et politiques. Les nombreuses années de conflits ont fortement marqué les différences, et renforcé les distances entre les communautés. Une étape cruciale de réconciliation et de développement des cohésions sociales, est primordiale, pour assurer la pérennité de nos actions et l’ébauche d’un avenir stable pour le pays.

ENCORE 500 000 PERSONNES DANS DES CAMPS

Malgré cela, les conditions de vie restent précaires pour une grande majorité de la population, que celle-ci ait fait le choix de rentrer ou de rester dans les camps. Dans le gouvernorat de Niniveh, 500.000 personnes vivent toujours dans des camps, desquels ils ne souhaitent pas sortir à l’heure actuelle, faute d’opportunités économiques dans les zones de retours, d’aide humanitaire ou par crainte des tensions communautaires grandissantes dans certaines zones du pays. Afin de maximiser son impact, et d’assurer une réponse coordonnée et de qualité, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille en consortium avec une dizaine d’ONG nationales et internationales pour délivrer des services, comme l’accès à l’eau potable, sur l’ensemble du pays, à la fois dans les zones de retours et pour les populations déplacées résidant dans les camps. Un travail essentiel sur les camps, où pour certains d’entre eux, les perspectives de retour à court terme sont limitées, et sur les zones “pacifiées”, où il faut reconstruire, et de ce fait, permettre la réinstallation des populations qui ont tout perdu.

  • 38 millions d'habitants
  • 18,9 % de taux de pauvreté
  • 121ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 50 000 personnes secourues

L’EAU, ENTRE GUERRE ET PAIX

Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaillent quant à elles dans le gouvernorat de Niniveh dans le camp de Nimrod où vivent aujourd’hui 3.000 personnes, et dans les villages au Sud de Mossoul, afin de renforcer l’accès à l’eau et l’assainissement. L’eau est particulièrement cruciale dans le contexte irakien : rare, souvent de mauvaise qualité, elle constitue l’un des éléments essentiels permettant aux populations de rentrer et de reprendre leur vie dans de bonnes conditions, leur permettant de boire, de cultiver ou de relancer leurs activités économiques. En l’absence d’un accès à l’eau durable par le réseau, les populations sont généralement forcées de recourir à des puits privés, dans lequel l’eau est souvent rare et polluée. L’eau est également un facteur de tension entre les communautés et au niveau régional. Travailler à une gestion raisonnée constitue ainsi un facteur clé pour construire la paix, et permet aux populations d’envisager des perspectives d’avenir, et non simplement, à se contenter de survivre.

 

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Photo : Lapo Somigli / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL