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Libérons Haïti du choléra : objectif zéro cas

Publié le lundi 17 juin 2019

COMBAT – En Haïti, l’espoir d’éliminer le fléau mortel du choléra n’a jamais été aussi grand. Une utopie qui ne deviendra réalité qu’en poursuivant les efforts consentis depuis plusieurs années. Pour nos équipes, à l’œuvre chaque jour sur le terrain pour lutter contre la propagation de la maladie, c’est le “dernier kilomètre”.

Il est à peine 8h en ce début d’année quand l’alerte est donnée par un informateur. Un cas de choléra vient d’être découvert dans un des quartiers de Port-au-Prince. Les équipes de réponse rapide, armées notamment de leurs pulvérisateurs de chlore, partent aussitôt de la base de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, en moto, pour se rendre sur place. “Lutter contre le choléra, ce sont des courses contre la montre quotidiennes… depuis 8 ans”, résume Jean-Sébastien Molitor, notre chef de mission en Haïti.

haiti cholera chloration
  • 10,5 millions d'habitants
  • 58,6% de taux de pauvreté
  • 168ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 530 077 personnes secourues

Apparu dans le centre du pays en 2010, quelques mois après le tremblement de terre dévastateur, le choléra s’est répandu comme une trainée de poudre dans tout le pays, en quelques semaines seulement. À ce jour, il aura contaminé plus de 800 000 personnes et causé près de 10 000 décès dans un pays où n’avait été diagnostiqué aucun cas depuis plus d’un siècle.

 

819 980
C’est le nombre de personnes qui ont été infectées par le
choléra depuis le début de l’épidémie en 2010.

Soit presque 1 Haïtien sur 10. 9792 personnes en sont mortes

 

À CHAQUE ALERTE, UNE RÉPONSE RAPIDE

9h Wangcos Laurore, le responsable de projet Choléra, retrouve Paulissaint, le chef d’équipe qui encadre le traitement de l’alerte sur zone : “Pour chaque cas suspect, explique-t-il, nous installons immédiatement un cordon sanitaire incluant un bloc d’une bonne vingtaine de maisons autour du foyer du malade. Nous y pulvérisons du chlore afin d’éliminer le vibrion et couper la chaîne de transmission. Des analyses seront ensuite réalisées pour savoir s’il s’agit bien d’un cas de choléra, ce qui prend plusieurs jours.”

11h Pendant que les chlorateurs sont à l’œuvre, une autre équipe, celle des sensibilisateurs, fait passer les messages de bonnes pratiques d’hygiène auprès des habitants et leur distribue du savon, des pastilles de chlore et du sérum de réhydratation. “Elles agissent comme des tornades. Elles expliquent sans cesse la maladie et les règles d’hygiène… et reviennent une à deux semaines plus tard vérifier que les consignes sont bien respectées, si la famille utilise bien tous ce que nous leur avons distribué et si elle traite bien son eau. Il nous a fallu du temps pour être acceptés et pour que tous les Haïtiens, petits et grands, comprennent bien l’intérêt de ces actions, mais c’est grâce à la vigilance de chacun que nous éliminerons le choléra.” Le travail de sensibilisation reste toujours aussi crucial, même plusieurs années après le début de l’épidémie. Le malade, de retour à la maison une semaine plus tard, acquiesce : “C’est ma femme qui a d’abord été malade. Le problème, c’est que nous manquions de connaissances. J’ai pensé que c’était bénin et que ça passerait tout seul. J’ai trop tardé avant de me rendre au centre de santé. J’étais alors dans un état critique de déshydratation. J’ai mis beaucoup de temps avant de récupérer. Aujourd’hui, je connais la maladie et je suis beaucoup plus vigilant sur l’hygiène.”

“Notre objectif : offrir aux enfants d’Haïti un pays libéré du choléra !”
Jean-Sébastien Molitor, chef de mission en Haïti

 

LE DERNIER KILOMÈTRE

Grâce à ce mécanisme d’alerte-réponse et de prévention, mis en place par les ONG et le gouvernement haïtien, le nombre de cas a baissé drastiquement. Ces 18 derniers mois, le nombre de cas a chuté à moins de 4 000, contre plus de 50 000 en 2016-2017. Aujourd’hui, l’élimination de la maladie est à portée de main. “Mais attention, prévient Jean-Sébastien Molitor, le dernier kilomètre est toujours le plus complexe en matière d’élimination d’une maladie. En Haïti, si les efforts ne sont pas maintenus au même niveau qu’au pic de l’épidémie, le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe. Nous nous devons absolument d’être à la hauteur de l’enjeu afin d’offrir aux enfants d’Haïti un pays libéré du choléra.”

 

La lutte contre le choléra en Haïti au coeur de la

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enfant haiti
UN FLÉAU, UNE INJUSTICE

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés par le bacile Vibrio Cholerae. Touchant les enfants comme les adultes, cette maladie extrêmement virulente peut tuer en l’espace de quelques heures si aucun traitement (sels de réhydratation orale) n’est administré. Alors que la maladie pourrait être évitée très facilement par des gestes simples et une bonne hygiène, le choléra reste à l’échelle mondiale une menace pour la santé publique, ainsi qu’un indicateur de l’absence d’équité et de l’insuffisance du développement social. Entre 1,3 à 4 millions de cas de choléra sont enregistrés chaque année, et de 21 000 à 143 000 décès.
chlorateurs haiti

Philippe Pierre et Yves Méry, chlorateurs

“ Notre travail consiste à chlorer les maisons des patients qui ont été déclarés comme malades et dont on suspecte qu’ils sont atteints du choléra et nous assainissons aussi les maisons alentours afin que la maladie ne les atteigne pas, détaille Philippe-Pierre.” “Mais nous ne sommes pas seulement cantonnés à cette activité, précise Yves-Méry. Nous installons des points de chloration au niveau des sources d’approvisionnement en eau, nous intervenons dans les communes, les églises, les écoles et les centres de santé pour sensibiliser la population aux risques liés au choléra et nous distribuons aussi des kits choléra.”

AIDER PLUS LOIN

Avec un don de 50 €, vous offrez à deux familles un kit pour qu’elles
se protègent du choléra. Soit 11,25 € après déduction fiscal

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