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Journée Mondiale de l’Alimentation : après Matthew, n’oublions pas Haïti

Publié le vendredi 14 octobre 2016

Alors que la population haïtienne tente de reprendre pied suite au passage de l’ouragan Matthew, une crainte se fait ressentir : l’insécurité alimentaire. Le manque de nourriture disponible en raison des cultures ravagées et du bétail décimé pourrait plonger un peu plus encore les Haïtiens dans la pauvreté.

Plus d’une semaine après le passage du terrible ouragan Matthew qui a fait des centaines de victimes et laissé sans toit des milliers d’autres, dans les Nippes, région du sud du pays, l’insécurité alimentaire est une des craintes les plus fortes pour les habitants & pour les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Et pour cause.

Haïti destruction bananeraies

En Haïti, des bananeraies ont été déracinées. © Tugdual de Dieuleveult / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

« Certaines cultures venaient à peine d’être récoltées, quand les autres devaient l’être dans les semaines à venir. Les stocks de maïs, à peine arrachés de leur pied, ont été inondés. Les bananeraies, elles, ont été balayées par les vents. Dans certaines zones, jusqu’à 80% de la production agricole a été détruite. Et déjà, les prix commencent à s’envoler. Certains parlent d’une augmentation de 30% du prix de la noix de coco. Insupportable pour une grande partie de la population dont les revenus sont extrêmement faibles », indique Anne-Gaëlle Lebeau, coordinatrice de l’équipe d’urgence.

Aujourd’hui, les habitants de la zone récupèrent les fruits et les légumes tombés à terre pour se nourrir et les vendre sur les marchés. Mais cette option ne pourra pas durer très longtemps. Bientôt, il n’y aura plus rien au sol et donc moins de produits disponibles sur les marchés. « Certes, il va y avoir des distributions de denrées alimentaires réalisées par le Programme Alimentaire Mondial. Mais cette assistance, indispensable, n’est pas durable. Or, la sécurité alimentaire ne trouve de solutions que dans les programmes de moyens et de longs termes. Il faudra évidemment distribuer des semences et du petit bétail, organiser des foires alimentaires de produits secs (huile, riz, haricots…), mais aussi aider les Haïtiens à déblayer leurs champs, à reconstruire leur espace de stockage… Des activités qu’ils n’auront pas les moyens humains et financiers de faire seuls ».

« Avec les prix qui augmentent, se nourrir va devenir de plus en plus compliqué »

De son côté, la population est bien forcée de trouver des solutions pour continuer à se nourrir. C’est le cas de Guillaume. Son jardin, dans lequel le jeune homme de 33 ans cultivait quelques fruits et légumes, a été dévasté : « Comme beaucoup de nos voisins, nos maisons sont détruites et nos cultures aussi. Plus rien ne pousse. La boue, le vent, la pluie… Tout est détruit. Je n’ai plus de quoi manger. Ni pour ma femme, ni pour moi. Replanter ? Oui, on va le faire. Mais cela va prendre beaucoup de temps. Comme je n’avais aucune autre source de revenu, j’ai dû trouver de quoi gagner un peu d’argent pour acheter à manger. Là, je prépare le foyer pour faire du charbon. Ça ne gagne pas beaucoup, mais ce sera suffisant pour au moins acheter de quoi manger ce soir. Mais avec les prix qui augmentent, se nourrir va devenir de plus en plus compliqué. »

 

Guillaume haïtien
© Tugdual de Dieuleveult / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Touchés par la sécheresse en 2015 qui avait déjà affaibli leurs ressources, les Haïtiens vont devenir encore plus vulnérables avec les ravages de Matthew. Ils vont devoir faire face pendant de longues semaines avec la seule aide qui leur sera apportée par les institutions et les organisations humanitaires.

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