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Haïti, octobre 2010 : l’épidémie de choléra se propage

Publié le mercredi 8 janvier 2020

En octobre 2010, quelques mois après le séisme, une épidémie de choléra se propage brusquement dans le pays, favorisée par la promiscuité et des conditions sanitaires précaires. Dans les trois premiers mois, près de 4 000 personnes décèdent, puis plus de 2 900 en 2011, avec presque 252 000 cas recensés.

 

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Tout a débuté le 14 octobre 2010…’’

 

TÉMOIGNAGE

Pierre Gazin, docteur et épidémiologiste spécialiste du choléra à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) : ‘’Depuis plusieurs siècles, le choléra s’est propagé à de nombreuses reprises depuis son réservoir d’origine dans le delta du Gange et du Brahmapoutre, au Bengale, vers le reste du monde. Très contagieux et fréquemment mortel s’il n’est pas traité, le choléra se transmet par voie orale : par l’eau, par la nourriture et par les mains souillées. Il est le résultat d’une absence d’hygiène et d’une méconnaissance de la maladie’’.

En Haïti, tout a débuté le 14 octobre 2010, quand les excrétas de soldats népalais des forces des Nations-Unies, ont été déversés directement dans le fleuve Artibonite. En Aval, l’apparition sur un temps très court d’une maladie alors inconnue dans le pays et la mort de plusieurs dizaines de personnes ont entraîné une grande peur et fait fuir de nombreux haïtiens. L’épidémie s’est alors propagée.

Le choléra provoque une perte d’eau et d’électrolytes (ions contenus dans le sel par exemple), par la diarrhée et par les vomissements, qui peut dépasser 10% du poids du corps en 24h. Il faut donc apporter autant d’eau et d’électrolytes que la personne en a perdus. Un traitement par voie orale suffit tant que le malade est conscient. Il dure de quelques heures à quatre jours. Quand le traitement est bien effectué, le risque de décès est très faible.

Le traitement des malades n’empêche pas la propagation de l’épidémie car les porteurs sains du germe sont bien plus nombreux que les malades. La prévention est plus difficile à mettre en place. Il faut empêcher les nouvelles contaminations par les mesures d’hygiène personnelle (lavage des mains, traitement de l’eau de boisson, défécation dans des latrines) et collectives (fourniture d’eau potable, gestion des excréta). L’efficacité repose sur des actions de long terme portant sur l’éducation générale et sur les infrastructures.

  • 11 millions d'habitants
  • 47,6% de taux de pauvreté
  • 169ème sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 372 704 personnes secourues

RÉPONSE D’URGENCE ET PRÉVENTION

Acteur de la réponse sur place, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL distribue immédiatement aux Haïtiens des kits composés de savons et de comprimés de purification d’eau. Nos équipes construisent des latrines, vidangent et nettoient des puits ainsi que des réservoirs d’eau potable. Une collecte des déchets est également organisée, notamment dans les sites d’intervention des ONG médicales que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL approvisionne en eau. En cas de choléra avéré, nos équipes désinfectent les habitations par la pulvérisation de solution chlorée.

Pour être efficaces, ces actions ‘’coup de poing’’ sont rapidement couplées à des actions ‘’bouclier’’ de prévention. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille avec les communautés pour réduire leur exposition aux risques de maladie grâce à l’amélioration de l’accès à l’eau potable, à la diffusion des messages de prévention et à la gestion des excrétas humains.

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