Le cyclone Chido qui s’est abattu sur Mayotte le 14 décembre 2024 a provoqué une crise majeure dans un territoire déjà éprouvé. Un an après, les séquelles sont profondes et les conditions de vie des habitants toujours dégradées. Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL restent pleinement engagées pour soutenir les plus vulnérables.
Il y a tout juste un an, le cyclone Chido dévastait l’île de Mayotte, laissant derrière lui un lourd bilan humain – au moins 40 personnes sont décédées, des milliers d’autres ont été blessées – et des dégâts matériels considérables : sites d’habitats informels rayés de la carte, infrastructures publiques largement endommagées, services essentiels inaccessibles… Pour beaucoup d’habitants et habitantes de l’île, sans toit, sans eau et sans nourriture, l’urgence était totale. Si la catastrophe a permis pendant un temps de remettre en lumière les vulnérabilités structurelles de ce département français, un an plus tard, force est de constater que l’île peine toujours à se relever.
Une année de réponse d’urgence
Présentes à Mayotte depuis 2022, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL étaient à pied d’œuvre dès le passage de la tempête pour venir en aide aux plus fragiles. Après avoir conduit une trentaine d’évaluations pour déterminer les besoins dans les différents espaces où s’étaient réfugiées les victimes, les efforts des équipes se sont rapidement concentrés sur l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène – cœur de leur expertise – dans les sites d’habitats précaires, lesquels n’ont pas tardé à être reconstruits par les habitants avec des matériaux récupérés ici et là. “Personne ne laisse ses enfants dormir sous la pluie”, rappelait Manon Gallego, directrice pays France pour l’ONG, en juin dernier.
Dans les semaines et les mois qui ont suivi, pas moins de 43 distributions ont permis d’attribuer 6 165 kits d’urgence, comprenant des pastilles de chloration, du savon, de la lessive et d’autres produits d’hygiène essentiels. Pour permettre aux familles vulnérables d’accéder à de l’eau potable, des cuves, remplies par des partenaires, ainsi que des dessertes temporaires ont été installées et remises en état à proximité des lieux de vie. Des personnes de la communauté ont par ailleurs été formées par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL à l’entretien de ces dispositifs.
France
Contexte et action- 68,61 millions d'habitants
- 26ème sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain
- 27 498 personnes bénéficiaires
Victoire et défis liés à l’accès à l’eau
Dans l’un des quartiers précaires, à Koungou, au nord de l’île, les équipes de l’ONG ont obtenu que ces mini-réseaux d’eau hors sol soient reliés non pas à des cuves mais bien au réseau public de distribution. “C’est une avancée majeure pour les 4 200 personnes qui en bénéficient et un premier pas vers un accès équitable à l’eau”, espère Manon Gallego. Mais le chemin est encore long : 29% de la population de l’île ne dispose toujours pas d’un accès à l’eau à domicile et dans les quartiers précaires, ce chiffre atteint 56%. Dans ces conditions, préexistantes au cyclone Chido, les habitants n’ont d’autre alternative que de recourir aux eaux de surface, le plus souvent issues des pluies ou des rivières, pour boire, se laver, faire la vaisselle, la lessive… Des usages propices à la propagation de maladies liées à l’eau.

Après une année 2024 marquée par le retour du choléra, en 2025, les épidémies de fièvre typhoïde et de chikungunya ont particulièrement affecté la population, avec des risques d’autant plus importants que les infrastructures médicales et sanitaires, mises à mal par Chido, fonctionnaient en sous-régime. La saison des pluies qui a débuté en novembre fait craindre une résurgence des cas. Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’y préparent en distribuant des moustiquaires et, comme pendant le reste de l’année, en faisant la promotion de pratiques d’hygiène permettant de réduire les risques.
Le besoin d’améliorations structurelles
Malgré des efforts qui se poursuivent, la crise que connaît Mayotte est complexe et prolongée. L’accès à l’eau est critique non seulement parce qu’une partie de la population n’est pas raccordée, mais aussi parce que la production d’eau potable n’est toujours pas revenue au niveau – déjà insuffisant – d’avant Chido et, en conséquence, les coupures sont quotidiennes. En outre, 80% des foyers ne sont pas reliés aux services d’assainissement collectif¹ et la fragilité des logements expose les habitants aux aléas naturels, appelés à s’intensifier avec le changement climatique : 38% des maisons de l’île sont faites de tôle et de bois². C’est précisément pour apporter une réponse à cette vulnérabilité qu’un projet pilote visant à rendre l‘habitat plus sûr a vu le jour pendant l’été, en impliquant les résidents du quartier informel concerné.
Les difficultés auxquelles Mayotte est confrontée préexistent largement au passage du cyclone Chido. “Malheureusement, les infrastructures et aménagements promis par les autorités françaises tardent à arriver”, regrette Manon Gallego. Face à ce constat, les associations comme SOLIDARITÉS INTERNATIONAL portent inlassablement un plaidoyer et redoublent d’efforts sur le terrain pour améliorer le quotidien de la population. Depuis la catastrophe, 25 000 personnes ont été accompagnées par les équipes de l’ONG.
Chido, 1 an après – Bilan de la réponse d’urgence en eau, hygiène et assainissement
Ce rapport analyse la situation à Mayotte un an après le passage du cyclone Chido, sur un territoire déjà fortement fragilisé par la pauvreté, la précarité de l’habitat et une crise structurelle de l’eau.
Photos : © David Lemor / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
Sources :
¹ IGEDD, 2025
² Insee, 2017

