Le Cameroun compte près de 500 000 réfugiés et déplacés

Publié le mercredi 13 avril 2016

La transition politique en République Centrafricaine (RCA) se déroulant dans le calme n’a pourtant pas beaucoup influé sur le niveau des besoins de la population au sein du pays ou réfugiée dans les pays voisins. C’est le cas au Cameroun, qui accueille 274 000 réfugiés centrafricains (dont 23 000 sont situés dans le camp de réfugiés de Gado), plus de 70 000 réfugiés nigérians et 139 000 déplacés internes. Jean-Philippe Barroy, chef de mission au Cameroun pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, décrypte la situation.

Quel est l’état des besoins des réfugiés au Cameroun aujourd’hui ?

La situation est paradoxale. On ne parle plus d’urgence au Cameroun, alors que les réfugiés ont encore des besoins de base non assouvis ; ainsi, l’assainissement reste un enjeu fort aujourd’hui dans le camp de Gado à l’Est du Cameroun. Malgré l’apaisement en République Centrafricaine, on ne constate pour l’heure pas de retours volontaires des populations réfugiées ; nous travaillons donc à leur autonomisation avec des activités génératrices de revenus, des activités agricoles ou du petit commerce, tout en assurant leurs besoins de base. Dans l’extrême nord du pays, sur la frontière nigériane touchée par les violences du groupe Boko Haram, le camp de Minawao commence à être saturé avec près de 60 000 personnes.

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL prévoit-elle d’intervenir à Minawao dans un tel contexte ?

Nos équipes ont mené un premier diagnostic dans l’Extrême-Nord Cameroun en novembre 2015, ciblant principalement les besoins en eau, hygiène et assainissement dans le camp de réfugiés nigérians de Minawao. Malgré la présence de certains acteurs sur place, les besoins restent importants, et SI poursuit sa recherche de financements pour une potentielle intervention. Nous envisageons également, dans le cadre d’un consortium d’ONG, d’évaluer les besoins plus spécifiques des populations camerounaises déplacées ou des populations nigérianes réfugiées mais localisées hors du camp dans les villages hôtes. Toutefois, le contexte sécuritaire volatile dans l’Extrême-Nord rend l’accès à certaines zones restreint, et la collecte d’informations préalable parfois difficile. Le bassin du Lac Tchad et la problématique de déplacements de populations liés au groupe Boko Haram reste un axe stratégique fort pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en 2016.

Quels moyens la mission se donne-t-elle ?

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL va déplacer sa base de coordination de Bertoua à Yaoundé, pour se rapprocher des acteurs et des instances de coordination au niveau national. Jusqu’à présent, nous nous étions concentrés uniquement sur le contexte des réfugiés centrafricains à l’Est. Une présence à Yaoundé facilitera le dialogue avec les autres acteurs en présence, particulièrement dans l’optique d’un éventuel déploiement dans l’Extrême-Nord. La mission de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Cameroun est encore jeune. Cela fait seulement un an et demi que nous y sommes présents. Les enjeux en 2016 seront donc de poursuivre la structuration de cette mission, d’accompagner le contexte de transition à l’Est, tout en essayant de répondre aux besoins importants des populations réfugiées et déplacées dans l’Extrême-Nord du pays.

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