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Cameroun : loin de chez eux, des Centrafricains manquent de tout – chapitre 1

Publié le lundi 31 août 2015

Depuis 2 ans, des milliers de réfugiés centrafricains viennent en masse de l’autre côté de la frontière camerounaise pour s’éloigner des exactions des groupes armés. Ayant fait l’objet de violences ou ayant perdu leurs sources de revenus, ils ont quitté leur terre natale pour être accueillis dans le petit village de Gado et dans le grand site de réfugiés qui le côtoie, où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL répond aux besoins de ces populations qui ont besoin de manger, de boire, de s’abriter. Témoignages sur place.

S’engager pour ne pas devenir fou

A peine entrés dans le camp, des réfugiés qui se sont engagés à améliorer les conditions de vie s’affairent autour de la station de pompage, une mini-usine hydraulique où viennent se ravitailler des camions citernes qui vont aller remplir les réservoirs d’eau du camp. Le camp est équipé de pompes à eau, mais en cas de panne,  elles sont remplacées par des réservoirs souples, des immenses poches contenant jusqu’à 35 000 litres. Pour assurer les besoins en eau des près de 20 000 réfugiés, dont les standards internationaux sont de 15 litres par jour et par personne, il faut bien ça.

Engagé avec SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, Romain, 31 ans, a dû fuir sa maison à Bangui, brûlée par les groupes armés. « Je suis parti avec mon frère en laissant mon enfant de quatre ans chez ma mère. Je suis arrivé au Cameroun et j’ai dû dormir dehors jusqu’à ce que j’obtienne mon numéro d’enregistrement. Après, j’ai pu venir ici. Mon frère et moi partageons désormais un abri. » Son travail dans le vacarme de la station de pompage n’est pas son premier engagement ; auparavant, il a travaillé pour l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés. « Sans activité, on devient fou. Avec ce travail, j’apprends beaucoup de choses. Je vais peut-être rester ici cinq ou dix ans, alors je me forme. »

Les points de lavage installés au Cameroun par Solidarités International à proximité des sources d'eau

Confier l’entretien aux réfugiés

Ce sont les femmes qui puisent de l’eau dans les 11 forages creusés par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL sur le site de Gado. De tous les âges, elles sont innombrables au premier point d’eau aperçu. Tout se déroule dans le calme et avec le sourire. En plus de construire les points d’eau, nos équipes ont également installé plus de 350 blocs de latrines et de douches, fermés à clé. « Nous distribuons trois jeux de clés à partager au sein d’un groupe de ménages afin de les responsabiliser sur l’entretien, » explique Saleh, responsable de la mobilisation communautaire. Lui est camerounais, mais il a l’avantage de parler les deux langues pratiquées par les réfugiés centrafricains, le Songo et le Foulbé. Lorsqu’il surveille les activités dans le camp, il est reconnu et apprécié de tous.

« Beaucoup de personnes dans ce camp n’avaient pas l’habitude d’utiliser des latrines ; elles allaient en brousse. Mais dans un camp de réfugiés, on ne peut pas faire sans assainissement. Il faut à tout prix éviter la propagation de maladies. Du coup, toutes ces constructions sont accompagnées de sensibilisations à l’hygiène. »

En plus d’être sensibilisés aux bonnes pratiques d’hygiène, les réfugiés ont bénéficié d’outils et de formations à l’entretien des diverses structures d’eau et d’assainissement, afin qu’ils assurent eux-mêmes leur bon état de fonctionnement. Ainsi, des comités ont été créés pour chacune des structures : pompes à eau, points de lessive , blocs de latrines, etc.

Les pompes à eau sont des lieux de retrouvailles pour les réfugiés centrafricains au Cameroun

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