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Cameroun : dans la zone de Makary, il reste beaucoup à faire

Publié le vendredi 18 octobre 2019

Dans l’Extrême-Nord du Cameroun, submergé par les populations qui fuient la guerre avec Boko Haram, les besoins humanitaires sont immenses. Malgré la situation sécuritaire, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL poursuit ses actions.

Drapée dans une étoffe de tissu rouge, Sadia Abdoulaye sort de son abri. Une petite case en paille parmi d’autres à Abankouri, dans la zone de Makary Logone-et Chari), proche du Bassin du Lac Tchad. Dans ses bras, elle tient son fils Moussa et un bidon en plastique noir. Elle rejoint un des points d’eau construits par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et où d’autres femmes sont en train de s’approvisionner. “Boko Haram a tué mon mari, mais j’ai pu fuir avec mon fils, raconte cette mère (…) Quand on est arrivé ici, il y avait beaucoup de difficultés : on n’avait pas de latrines, et on n’avait pas d’eau.” Depuis 2017, nos équipes  interviennent dans cette région pauvre et enclavée de l’Extrême Nord du Cameroun pour donner aux populations un accès à l’eau potable en quantité suffisante. L’arrivée de centaines de milliers de réfugiés nigérians et de déplacés camerounais, fuyant les exactions de Boko Haram, n’a fait qu’accroître la pression sur les infrastructures de base et  les ressources naturelles déjà limitées. D’autant que l’insécurité alimentaire était chronique dans la zone en raison de l’érosion des sols due au changement climatique.

“ON A APPRIS COMMENT BIEN SE LAVER LES MAINS”

Pour briser le cercle vicieux malnutrition-maladies hydriques (un cas de malnutrition sur deux est lié à l’eau insalubre), SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’est rapprochée de l’association ALIMA, spécialisée dans la réponse médicale. “ALIMA a soigné mon enfant et m’a appris à détecter moi-même la malnutrition, témoigne Sadia Abdoulaye. On a aussi appris les bonnes pratiques d’hygiène grâce à SOLIDARITÉS. Je sais comment garder l’eau propre, dans des bidons fermés et comment bien se laver les mains surtout”.

ALIMA a en effet pris en charge 21 000 enfants atteints de malnutrition, et formé 122 000 mères à l’utilisation du MUAC, un bracelet qui permet de mesurer le périmètre brachial et ainsi de détecter la pathologie chez les enfants de moins de 5 ans avant qu’il ne soit trop tard. De son côté, “SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a réalisé 47 points d’eau, dont 23 réhabilitations et 24 constructions. Nous assurons également un suivi hebdomadaire pour  vérifier la qualité de l’eau, aussi bien au niveau des infrastructures que des ménages”, explique Al-Amine Mahamat, responsable de nos activités sur place. L’association a également distribué 5 600 kits d’assainissement de l’eau afin de s’assurer que les enfants, une fois sortis de la malnutrition, ne retombent pas malades.

  • 23,44 millions d'habitants
  • 37,5% de taux de pauvreté
  • 153ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 231 872 personnes secourues

CONTINUER MALGRÉ LA SITUATION SÉCURITAIRE

Intervenant dans les sites et villages accueillant des déplacés internes et des réfugiés, nos équipes évoluent dans des zones où le contexte sécuritaire s’avère particulièrement volatil. Parfois, certaines opérations doivent donc être suspendues pendant plusieurs semaines en attendant que la situation s’améliore et que les zones d’intervention soient de nouveau accessibles. “Malgré cela, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intensifie ses activités. On ne peut pas imaginer qu’il  existe encore des personnes qui n’ont pas accès à l’eau ni aux latrines, et qui n’ont même pas d’abris. Il reste beaucoup à faire, affirme Al-Amine Mahamat.  Quand vous parcourez les différents sites, vous vous rendez compte du vide. Rien n’est fait à l’endroit de ces populations. Nous allons dans les communautés et dès qu’ils nous voient, la première doléance qu’ils nous font, c’est qu’ils ont besoin d’eau”. Sans assistance humanitaire, la situation de la zone de Makary ne peut qu’empirer.

Un pays sous tension

Depuis 2014, le Cameroun fait face à trois situations d’urgence dans trois zones différentes. À l’Est du pays, la crise centrafricaine, avec un afflux massif de 275 000 réfugiés en 2018. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des affrontements entre groupes armés et forces gouvernementales. Et enfin, à l’Extrême-Nord du pays, où les attaques de Boko Haram ont entraîné le déplacement de 270 000 personnes, dont presque deux-tiers d’enfants. Depuis 2017, certains déplacés commencent à retourner dans leurs villages, notamment dans la zone de Makary. Mais les autorités locales peinent à répondre à leurs besoins. En 2019, 4,3 millions de personnes vivant au Cameroun nécessitent une assistance humanitaire, dont 1 million de déplacés à cause de l’une des trois crises affectant le pays.

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