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À Teknaf, une crise qui se prolonge

Publié le lundi 14 septembre 2020

BANGLADESH

ENGAGEMENT Depuis dix ans, nos équipes interviennent à Teknaf, au Bangladesh, où les besoins humanitaires des communautés locales et des réfugiés Rohingyas ne cessent de s’accroître.

Teknaf, à la frontière avec le Myanmar, mars 2010. Le niveau des nappes phréatiques est extrêmement bas : les catastrophes naturelles à répétition et la présence d’eau insalubre font craindre la prolifération de maladies hydriques. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL décide donc d’intervenir pour assurer un accès à l’eau potable aux habitants les plus vulnérables. À l’époque, ‘’les ONG n’étaient pas bien perçues. Il a fallu un long travail relationnel pour être acceptés’’, raconte Mohammad , Chargé de programme pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Bangladesh, engagé à nos côtés depuis 2010. L’approvisionnement était aussi un véritable challenge : « Nous étions une petite équipe et nous avions de grosses difficultés à trouver des fournisseurs de qualité », raconte Palash Chakroborty, Responsable logistique pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Bangladesh depuis 2011. « Nous avons progressivement augmenté le nombre de logisticiens dans nos équipes et l’offre s’est développée depuis. »

Malgré les efforts de nos équipes, la zone continue de souffrir de problèmes récurrents : ‘’Des maladies hydriques aiguës réapparaissent tous les ans et nous continuons de coordonner la lutte contre ces épidémies avec d’autres acteurs d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (EAH)’’, précise Laura Chouteau, Responsable des partenariats pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Bangladesh.

BESOINS ACCRUS

En août 2017, la pression sur les ressources s’accentue avec l’afflux massif des réfugiés Rohingyas venus du Myanmar voisin et l’installation d’un bon nombre d’entre eux à Teknaf. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL se mobilise rapidement pour leur apporter une aide d’urgence : ‘’On aidait déjà les communautés locales à avoir des conditions de vie dignes et on savait comment la zone fonctionnait’’, souligne Arnaud Lavergne, Directeur pays de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Bangladesh.

  • 173,5 millions d'habitants
  • 21,8% de taux de pauvreté
  • 135ème sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 290 901 personnes secourues

Trois ans plus tard, cette aide d’urgence perdure car les besoins humanitaires ne sont toujours pas couverts. ‘’Les communautés hôtes comme les réfugiés vivent toujours dans des conditions sanitaires très précaires et leurs besoins alimentaires se sont accrus’’, constate Laura. Les impacts socio-économiques de ce déplacement massif de population, couplés aux difficultés préexistantes, sont multiples : « L’accès à la rivière Naf a par exemple été restreint car, suite à l’afflux massif des réfugiés, une augmentation des trafiquants transfrontaliers a été observée. La pêche, qui est une activité traditionnelle importante à Teknaf, a fortement été impactée » explique Banna Chowdhury, Assistant du directeur pays pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Bangladesh. « Par ailleurs, les demandes d’emplois ont augmenté et le prix des matières premières a explosé ».

Dans ce contexte de crise prolongée, les humanitaires comme SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’attachent à développer des solutions durables couvrant à la fois les besoins des Rohingyas comme ceux des communautés hôtes. Les populations et autorités locales sont davantage impliquées pour garantir une approche participative au plus près de leurs besoins spécifiques. Plusieurs réfugiés Rohingyas sont aussi volontaires pour notre ONG dans les camps : chloration de l’eau, supervision de sa distribution, vidange des latrines ou encore maintenance des installations EAH sont sous leur responsabilité.

MANQUE DE FINANCEMENTS

« Le problème des crises qui se prolongent sont le manque de financement à cause d’une médiatisation qui faiblit, malheureusement au profit d’autres catastrophes », raconte Arnaud. Au Bangladesh, la majorité des aides financières existantes sont tournées vers le district de Cox’s Bazar où se situe Teknaf, alors que le reste du pays n’est pas épargné par la précarité. C’est le cas du district de Satkhira, à l’ouest du pays, également impacté par l’insécurité alimentaire et les aléas climatiques, et où intervient aussi SOLIDARITÉS INTERNATIONAL depuis de nombreuses années. « Il y a d’autres besoins dans le pays et il faut continuer à les aider », conclut Laura.

Notre équipe redoute aussi les effets à venir de la crise sanitaire mondiale du Covid-19. ‘’Des mesures de prévention ont été mises en place très tôt ici, mais c’est rapidement devenu intenable pour les populations qui vivent majoritairement de boulots journaliers et qui ont déjà beaucoup perdu’’, ajoute Laura. À Teknaf, la vie a repris son cours tant bien que mal, mais les populations ont consommé leurs petites épargnes pendant le confinement. Les impacts économiques du Covid-19 pourraient donc se faire ressentir dans quelques mois, alors que les besoins seront toujours importants pour les populations.

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