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Afghanistan : « L’investissement des populations de Bamyan est la force de tous nos projets »

Publié le jeudi 10 novembre 2016

A Bamyan, dans le centre de l’Afghanistan, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL mène depuis plus de 4 ans des projets d’accès à l’eau, à l’agriculture et des projets de gestion des ressources. Des programmes basés sur des méthodes participatives impliquant les populations.

bamyan afghanistan enfants

L’hiver est long et le climat des montagnes aride, dans cette région centrale de l’Afghanistan. La vie à Bamyan est rude et les ressources peu nombreuses pour les populations. Pour tenter d’améliorer ces conditions de vie, nos équipes, mènent ici un projet en consortium nommé Central Highlands Program (CHP) qui couvre trois volets : l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, l’agriculture et l’élevage, ainsi que la gestion des ressources naturelles.

Des conditions de vie très rudes

« Les habitants de cette zone sont particulièrement démunis. Beaucoup d’entre eux sont des « returnees », ces Afghans réfugiés pendant des années en Iran et qui sont finalement revenus. Il y a aussi dans cette région du pays, le Hazaradjat, bon nombre de chiites. Minoritaires en Afghanistan ils ont subi de plein fouet la domination talibane. Toutes ces populations sont particulièrement pauvres et vulnérables notamment en raison de la topographie », raconte Erwin Daragnès, coordinateur terrain adjoint qui revient de 13 mois dans le pays.

Les villages dans lesquels SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient se situent à 3000 mètres d’altitude et subissent des conditions climatiques difficiles notamment pendant la saison hivernale qui dure de la mi-décembre jusqu’à début mars. « La saison agricole dure très peu de temps. En hiver, personne ne peut sortir de chez soi et les villageois n’ont donc pas accès à la ville. La constitution ainsi que la gestion du stock de nourriture et de bois de chauffe sont donc primordiales », explique Erwin Daragnès .

bamyan afghanistan paysage

La gestion des ressources, une activité devenue vitale

Dans ces montagnes, 80% de la production dépend de cultures irriguées. Or, il pleut très peu, et les villages en aval de la région dépendent de la gestion de l’eau faite par les populations vivant en amont. Le bush (la lande de buissons), lui, est victime de la déforestation intensive ce qui provoque la sédimentation des terres et la désertification des pâturages. « Les ressources de la région ont trop longtemps été surexploitées », déplore Erwin. C’est pourquoi nos équipes ont fait le choix de réimplanter la technique de la rotation des sols. Cela permet aux parcelles en jachère de se régénérer. Cette méthode traditionnelle longtemps oubliée, en plus d’être très efficace, est culturellement adaptée. »

Soutenir ces populations qui font partie des plus pauvres d’Afghanistan – le taux de pauvreté y atteint 55,7% – permet aussi à ces familles de conserver leur patrimoine et d’en tirer des ressources suffisantes pour faire vivre leur foyer. « Les terres de la région se divisent entre les fils, et elles se sont subdivisées au fil des générations, jusqu’à être pour certaines beaucoup trop petites pour permettre de faire des bénéfices et d’assurer la sécurité alimentaire. Les populations se retrouvent donc à vendre presque toute leur production pour pouvoir obtenir un revenu suffisant » ajoute-t-il. Les programmes menés par nos équipes participent donc à l’amélioration des conditions de vies de ces familles rurales et permettent de freiner la spirale infernale de la pauvreté. Car ici tout est lié démontre Erwin : « Les dures conditions climatiques engendrent une faible production agricole qui couplée à l’isolement géographique, engendre de faibles revenus ».

bamyan afghanistan enfants femmes agriculture

Faire des villageois les acteurs principaux du projet

Pour que les actions menées par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL perdurent dans le temps, nos équipes ont également développé des « écoles de fermiers », qui dispensent des formations d’un an à certains villageois qui diffusent par la suite les savoir-faire transmis. Pour le bétail, des campagnes de vaccination et de prévention des maladies sont réalisées, ainsi que l’amélioration d’étables pour permettre au bétail de survivre aux hivers très rudes.

En parallèle des infrastructures d’accès à l’eau, nos équipes ont lancé un programme participatif avec la construction de latrines domestiques par les familles elles-mêmes. « SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est une référence dans la région en ce qui concerne les projets aux méthodes participatives. Il est important de mettre les populations au centre des activités », déclare Erwin Daragnès. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL travaille également sur l’autonomisation des femmes, en leur confiant certaines activités agricoles spécifiques différentes entre chaque village. Cela permet de créer une source de revenu pour ces femmes, mais également de renforcer les échanges entre les communautés.

La particularité du projet CHP est qu’il n’y a quasiment aucun apport financier de la part de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Les activités principales reposent sur la formation et la sensibilisation. « Ici, la participation et l’investissement des populations est total et c’est là toute la force de ce projet », conclut Erwin Daragnès.

Photos : © Julie Mayans / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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