www.solidarites.org

Afghanistan : 2015, nouvelle année de challenges

Publié le lundi 19 janvier 2015

Depuis 35 ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient en Afghanistan. A l’aube de cette nouvelle année, trois principaux défis se présentent pour les équipes sur place. De la province de Khost où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL vient en aide aux populations pakistanaises ayant fui les combats au Waziristan, à Kaboul où les déplacés survivent tant bien que mal, en passant par l’ouverture de nouvelles missions dans de nouvelles régions, les challenges vont être nombreux. Philippe Bonnet le chef de mission nous confie sa vision pour cette nouvelle année.

Une aide aux réfugiés pakistanais

« Les chiffres de l’UNHCR de janvier 2015, font état de la présence de 39 400 familles (plus de 370 000 personnes)« , explique Philippe Bonnet, le chef de mission dans le pays. « 40 000 de ces réfugiés sont maintenant rassemblées dans le camp de Gulan, proche de la ville de Khost. Nous leur apportons de l’eau potable (actuellement 490 000 litres d’eau par jour), des latrines et douches familiales ainsi que des biens de première nécessité.  Des équipes de promotion de l’hygiène aident ces réfugiés en provenance de zones rurales à adapter leurs pratiques aux conditions du camp où les infrastructures sont limitées et la population dense« .
C’est un nouveau défi pour les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL qui doivent discuter en amont avec les leaders communautaires d’une société conservatrice avec ses codes, ses usages. « Il a fallu installer des latrines et douches familiales, plutôt que des infrastructures publiques, afin de s’assurer que tous les membres de la famille, y compris les femmes, puissent y avoir accès« , souligne ainsi Philippe Bonnet.

Les mouvements de populations  internes

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a été une des premières ONG à apporter une assistance aux déplacés massés dans les bidonvilles de Kabul (KIS). « Nous y avons mené des activités variées pendant plusieurs années : approvisionnement en eau, aide alimentaire, aide à l’hivernage mais aussi des activités plus durables de formation professionnelle« . En juillet 2014, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a dû cesser ces activités dans les KIS notamment faute de financement ce qui n’a pas permis de mettre en place une stratégie de sortie.  « Nous restons attentifs aux alertes qui pourraient nous parvenir sur la situation sanitaire dans ces camps informels et analysons le  rôle que nous pourrions jouer en cas de crise dans un contexte aux enjeux si politiques. Il est également important d’être présent auprès des déplacés, à Kaboul comme dans d’autres centres urbains, dans un contexte politique fragile qui pourrait voir leur nombre augmenter et leurs conditions de vie se dégrader encore, appelant alors une nouvelle réponse d’urgence« , souligne enfin Philippe Bonnet.

De nouvelles zones d’intervention

Pour des raisons de disponibilité des financements et d’accès mais aussi parce que les besoins de base des populations y étaient importants, SI intervenait principalement dans le Centre et le Nord du pays. « Nous voulons intervenir aussi dans les zones où l’opposition est présente, dans les zones pashtounes du sud du pays et dans la province de Wardak« . Même si cela ne s’inscrivait pas dans une stratégie définie par l’organisation, diverses raisons externes (manque de financement, difficulté d’accès) ont conduit à ce que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL soit présente aujourd’hui uniquement dans des zones majoritairement tadjik ou hazaras au détriment des zones pashtounes ce qui pourrait à tort laisser penser à un manque de neutralité. « Pourtant, nous sommes intervenus dans le passé dans des zones pashtounes et la mission nourrit depuis longtemps l’ambition d’y retourner. Aujourd’hui nous sommes plus que jamais déterminés à y intervenir d’autant que la nouvelle donne du conflit militaire augmente encore les risques d’aggravation de la situation pour les populations civiles« . Evidemment, l’accès à ces zones reste un défi que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL devra surmonter, mais le principal obstacle reste les faibles financements disponibles pour les interventions humanitaires en Afghanistan.

Soutenez nos équipes en Afghanistan

JE FAIS UN DON 

  • 31,3 millions d'habitants
  • 35,8% de taux de pauvreté
  • 171ème sur 187 pays pour l'indice de pauvreté
  • 130 000 personnes secourues