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Kalémie, une ville rempart contre le choléra

Publié le mardi 2 octobre 2018

EPIDEMIE Afflux de déplacés, croissance démographique hors normes, choléra endémique… Sur les rives du lac Tanganyika, la ville de Kalemie fait de l’approvisionnement d’eau une priorité absolue.

Un reportage de Paul Duke, responsable du témoignage.

Quand on lui demande pourquoi elle vient puiser de l’eau dans cette source en particulier, la réponse de Stéphanie est sans équivoque : ‘’À cause des tueries chez moi.’’ Les affrontements entre les forces gouvernementales et la myriade de groupes armés ont poussé plus de 600 000 personnes comme elle à fuir, rien que dans la province du Tanganyika, du nom de ce lac grand comme la Belgique. ‘’Sans nouvelle de mon mari, un jour j’ai pris mes enfants et on a fui le village pour se réfugier 80 kilomètres plus loin, à Kalemie, pour tenter de trouver un peu de répit’’.

 

La chloration est essentielle contre le choléra

Échappée de l’enfer pour atterrir dans un foyer épidémique qui peut compter jusqu’à la moitié du nombre de cas de choléra de tout le pays, Stéphanie parvient pourtant à préserver un semblant de dignité grâce à cette eau. Après avoir rempli son jerrican, elle se rend à un point de chloration mis en place en urgence par les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL pendant cette épidémie. ‘’Normalement, nous utilisons les filtres à sable installés durablement ici pour assainir notre eau, explique Jacques Malanga Célestin Mulikita, représentant du quartier Avenue Joseph. Mais en pleine épidémie, c’est loin d’être suffisant donc nous dépendons des points de chloration.’’

‘’Oui, c’est essentiel pour vaincre le choléra, abonde Luca Frédéric, chlorateur, qui a perdu le compte du nombre de personnes dont il a potabilisé l’eau aujourd’hui en injectant dans chaque bidon une dose de chlore.’’

 

Un avenir assuré par la population

En parallèle de la réhabilitation du réseau d’eau de la ville datant des années 50, dans le but de mettre à mal la maladie des mains sales sur le très long terme, des solutions communautaires sont mises en place. Si la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène est efficace, la redynamisation du  marché du chlore, qui permet de potabiliser l’eau l’est encore plus.

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

RD congo choléra chlore

En encourageant les ménages à s’approvisionner eux-mêmes en chlore, c’est un véritable mécanisme de reprise communautaire qui se met en place, avec un impact sanitaire et économique non négligeable. De plus, la gestion de l’eau a été mise dans les mains des autorités locales, des associations locales, mais aussi dans celles d’un contre-pouvoir communautaire que représente l’Association des Mamans pour la Protection et la Sécurité des Bornes Fontaines, l’AMAPSBF.

‘’Nous sommes des sensibilisatrices, mais aussi des mamans, décrit Godelive Mangaza, sa présidente. Nous sommes l’équerre de la maison sans laquelle il n’y a pas de famille. On nous écoute quand nous devons intervenir en cas de conflit. Nous assurons le lien entre la population et les fontainiers.’’ ‘’C’est ce qu’on appelle la gestion sociale de l’eau, précise Déogratias Kipala Lubeja, responsable de l’activité. C’est cela qui va assurer la pérennité de l’approvisionnement d’eau.’’

Les activités de lutte contre le choléra ont bénéficié du soutien des Nations unies dans le cadre du fonds CERF.

 

EN RDC, la lutte contre le choléra se fait aussi en chanson

avec ses mamans qui sensibilisent à l’utilisation du chlore en chantant

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Avec un don de 45€, vous financez 2 kits choléra pour protéger 2 familles.
Soit 11,25€ après déduction fiscale.

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