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Yémen : l’urgence de l’eau potable et de l’assainissement pour les plus démunis

Publié le jeudi 5 novembre 2020

Dans les districts de Mawza’a et de At-Tuhayat, dans le sud-ouest du Yémen, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL interviennent pour permettre aux populations d’accéder à l’eau potable et à des conditions sanitaires dignes.

Depuis le début de la guerre civile au Yémen en 2014, le pays est plongé dans une crise humanitaire sans précédent. En six ans, plus de 3,6 millions de personnes ont fui les combats et plus des trois-quarts de la population ont besoin d’aide humanitaire. Les conditions de vie des déplacés se dégradent : manque d’accès à l’eau, absence de latrines, risque de famine, propagation de maladies… Ce sont des centaines de milliers de familles qui luttent pour survivre.

L’urgence de l’accès à l’eau potable

La priorité est de permettre aux personnes les plus vulnérables d’accéder à des points d’eau potable. En effet, dans certaines zones comme le sous-district d’Al Hamily, les puits ne sont plus fonctionnels ou très peu accessibles. Parfois, il n’y a qu’un puits pour trois villages. « Nous avons beaucoup souffert ces dernières années pour obtenir de l’eau pour couvrir nos besoins quotidiens. L’affluence nous obligeait parfois à attendre dès le début de la matinée jusqu’au coucher du soleil sans pouvoir puiser de l’eau », raconte Salama Muhamad Fateeni. Cette mère de famille yéménite de 55 ans évoque également l’impact subi par ses enfants. « Ils n’ont pas vécu leur enfance comme les autres enfants du monde. Ils ont dû laisser tomber l’école parce qu’ils étaient occupés à puiser de l’eau, une de leurs tâches quotidiennes », souligne-t-elle. Selon la coutume locale, les femmes ne sont pas autorisées à s’approcher d’un lieu où se trouvent des hommes. C’est pourquoi certains enfants se chargent d’aller chercher de l’eau. Cette pratique les mène souvent à un fort absentéisme à l’école ou à une déscolarisation précoce.

  • 29,3 millions d'habitants
  • 62% de taux de pauvreté
  • 168 sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
Femmes puits Yemen

En réponse à cette situation alarmante, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, avec le soutien du bureau des Nations unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (UN-OCHA), a réhabilité la principale source d’eau des villages de Jubail, Al-Abdala et Al-Sultanat, dans le district d’Al-Hamily, en fournissant et installant une pompe à eau solaire intégrée et en construisant un réservoir métallique de 10 000 litres. Nos équipes ont également construit cinq nouveaux points d’eau dans ces trois villages. Pour apporter une solution durable, un comité de gestion de l’eau composé par les habitants a été créé et nos équipes ont veillé à former tous leurs membres à l’entretien de ces puits. Au total, 364 familles (soit 1 705 personnes) ont bénéficié de ce projet, dont 981 hommes et 814 femmes.

Construire des latrines : une nécessité sanitaire et sécuritaire

L’absence de latrines dans les habitations contribue à la diffusion de maladies. Le choléra fait des ravages avec plus d’1,3 millions de personnes contaminées dans le pays depuis 2018. Cette maladie se transmet souvent par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les matières fécales d’une personne infectée. « L’endroit où nous vivons a rendu nos corps faibles et vulnérables aux maladies. Même moi, j’ai attrapé le choléra et le paludisme », témoigne Jumah Rajeh Ali Abbad, mère de famille de 45 ans, déplacée dans le district d’At-Tuhayat.

À ces difficultés sanitaires, s’ajoutent des problématiques de sécurité. Pour les femmes, s’éloigner seules pendant la journée pour aller faire leurs besoins est une prise de risque. Elles craignent d’être harcelées ou agressées. Elles s’y rendent donc de nuit. Or, les terrains de la région sont minés en raison du conflit en cours. Les familles sont inquiètes à l’idée qu’une mine puisse exploser alors qu’elles se déplacent.

Pour répondre à cette urgence, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, avec le soutien de l’Union européenne, a construit et réhabilité 335 latrines. Nos équipes ont également creusé et couvert les fosses à eaux usées. Au total, 734 familles ont bénéficié de ce projet dans la zone d’At-Tuhayat. Celle de Jumah Rajeh Ali Abbad en fait partie. « Après avoir eu cette latrine pour moi et ma famille, nous avons pu commencer à faire nos besoins quand nous en avions besoin, tout en étant en sécurité et rassurés, n’ayant peur de rien », raconte-t-elle.

Alors que le conflit se poursuit au Yémen, le travail de nos équipes sur le terrain reste essentiel pour venir en aide aux populations yéménites les plus fragiles.

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