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Rohingyas : un an après l’exode

Publié le mercredi 29 août 2018

Le 25 août 2017, sonnait l’exode de centaine de milliers de Rohingyas qui fuyaient les violences à leur encontre au Myanmar voisin. Plus de 700 000 personnes ont traversé la frontière en quelques mois seulement. Un an après, le point sur la situation avec Cristina Thevenot, responsable géographique.

 

Il y a un an, des centaines de milliers de Rohingyas prenaient le chemin de l’exil vers le Bangladesh pour fuir une vague de violences à leur encontre. Où en est-on de là situation aujourd’hui ?

D’après l’ISCG, 919 000 Rohingyas seraient aujourd’hui toujours au Bangladesh, principalement dans le camp géant de Kutupalong, mais aussi dans d’autres camps plus petits, et dans une moindre mesure au sein de villages Bangladeshis. Ils vivent dans des conditions très difficiles, dans des abris fragiles, avec un accès aux services de base qui demeure compliqué malgré les efforts de la communauté humanitaire. Ils font également face à des problèmes de protection. La saison des pluies qui bat son plein rend les conditions encore plus difficiles, des glissements de terrain et des inondations ayant nécessité la relocalisation d’une partie d’entre eux, même si un énorme travail avait été fait en amont pour renforcer les infrastructures.

 

Des négociations existent pour le retour des Rohingyas vers leur pays d’origine, la Birmanie. Qu’en est-il ? Des Rohingyas ont-ils pris le chemin du retour ?

A ce jour, malgré plusieurs accords entre les deux gouvernements, et un dernier accord signé il y a quelques mois avec les deux agences des nations Unies UNHCR et UNDP, les retours n’ont pas commencé. Un enregistrement des réfugiés a commencé au Bangladesh, mais il est très lent, notamment du fait de la résistance des réfugiés au processus. Les retours ne peuvent être que volontaires, et garantir la sécurité, la dignité et l’accès aux services. Il est considéré que ces conditions ne sont pas encore remplies. Le HCR, comme Médecins Sans Frontières, a par exemple récemment communiqué sur le fait qu’ils n’avaient pas un accès « effectif » à la zone dans laquelle les réfugiés sont censés retourner.

 

réfugiés rohingyas au bangladesh

  • 156,6 millions d'habitants
  • 31,5% de taux de pauvreté
  • 142ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 491 818 personnes secourues

On parle beaucoup du plus grand camp au monde quand on évoque Kutupalang. C’est l’endroit où la plupart des financements de l’aide se concentrent. Pourtant, des milliers de personnes ne vivent pas dans ce camp mais dans des villages hôtes. Doit-on considérer ces personnes comme des ‘’oubliées de l’aide humanitaire’’ ?

Les chiffres officiels n’indiquent que 15 000 réfugiés vivant dans les communautés hôtes. Des ONGs, telles que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, leur viennent en aide. Ce qu’il ne faut pas oublier cependant, c’est que la région de Cox’s Bazar est une zone vulnérable aux catastrophes naturelles, aux faibles ressources naturelles, fortement peuplée, et peu développée, dans le pays le plus fragile de la sous-région. L’afflux de réfugiés renforce cette fragilité, et notamment la tension sur les ressources naturelles telles que l’eau, sur les prix, sur le marché du travail. Bien que les populations hôtes soient intégrées dans le plan de réponse humanitaire, il est essentiel que la communauté humanitaire renforce son effort, dans un contexte où ce plan de réponse humanitaire de 950 millions de dollars n’est financé qu’à 33%, et travaille plus sur la cohésion sociale.

 

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