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RDC, Ituri : les camps de la survie à Bunia

Publié le lundi 30 avril 2018

Depuis les attaques perpétrées depuis décembre dans la province de l’Ituri en République Démocratique du Congo, qui ont provoqué le déplacement de plusieurs milliers de personnes, une partie des déplacés en provenance du territoire de Djugu stagnent dans les camps de Bunia.

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En décembre 2017, des conflits intercommunautaires avaient éclaté dans la province de l’Ituri. Les violences se sont intensifiées en février 2018, et ont commencé à se propager, avec des attaques dans le territoire de Djugu, faisant plus de 100 morts (ACAPS).

Depuis quelques semaines, la situation semble s’apaiser, mais les familles ayant dû fuir leurs villages n’ont pour l’instant pas trouvé le courage de rentrer dans leurs villages pillés et incendiés. Elles survivent dans deux camps surpeuplés dans la ville de Bunia, où elles ne disposent que de ce qu’elles ont pu emporter dans leur fuite.

« Nos équipes ont agi au plus vite afin d’équiper ces camps, et d’améliorer les conditions de vie de ses habitants : toilettes, douches, eau potable et articles ménagers essentiels sont maintenant à leur disposition, » détaille Xavier Lauth, Directeur Pays de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en République Démocratique du Congo.

Réagir au plus vite

 

Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL répondent à la crise des déplacés du territoire de Djugu depuis le premier jour de l’alerte dans le cadre de sa Réponse Rapide aux Mouvements de Population, avec le soutien de l’Unicef. Grâce à des relais communautaires disséminés dans toute la région, qui ont tiré la sonnette d’alarme suite aux premières attaques, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a pu réagir en temps réel.

Ainsi, dès l’arrivée massive de déplacés, les équipes ont distribué des articles ménagers essentiels et des kits d’abris (casseroles, bâches, matelas, moustiquaires, etc.). Par la suite, elles ont mis en place des installations sanitaires et assuré un accès à de l’eau potable.

Dans un quartier adjacent aux camps, de nombreux déplacés sont pris en charge par des familles d’accueil. L’afflux récent de déplacés exerce une forte pression sur les ressources disponibles dans la zone. Pour remédier à ce déséquilibre, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL construit actuellement une plateforme d’accès à l’eau qui permettra de répondre aux besoins des déplacés ainsi qu’à ceux des familles d’accueil.

Des volontés de retour encore timides

 

Aujourd’hui, les deux camps de Bunia accueillent plus de 15 000 déplacés depuis bientôt 3 mois, tandis qu’au moins 30 000 personnes se sont réfugiés auprès de familles d’accueil.

Dans le reste de la province, les autorités appellent au retour des plus de 340 000 déplacés internes répartis dans toute la province.

Seulement, la peur n’a pas disparu. « Les volontés de retour sont encore timides et les villages d’origine sont complètement rasés, décrit Xavier Lauth. Bien que la période de semis agricole soit finie, les déplacés sont conscients de la nécessité de retourner chez eux pour limiter les dégâts du déplacement et tout reconstruire. »

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

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© Suliane Tillon / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL