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Pour sauver des vies, il faut sauver l’environnement

Publié le mardi 17 février 2026

Le changement climatique frappe d’abord les personnes qui n’ont pas la capacité d’y faire face, notamment dans les zones de guerre. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL apporte donc son savoir-faire quand l’eau manque ou inonde, quand les écosystèmes sont dégradés, et que l’agriculture est menacée. Mais ce mandat humanitaire primordial ne nous dédouane pas de nous poser la question de notre impact environnemental.

Protéger les écosystèmes pour protéger les personnes

La surexploitation des ressources naturelles, la pollution de l’eau, des sols ou encore de l’air dégradent la biodiversité et les écosystèmes, souligne Manon Grossières, référente technique environnement et climat de l’ONG. Or, ces écosystèmes sont essentiels : c’est sur eux que reposent les moyens d’existence des personnes vulnérables, et particulièrement l’agriculture”. Effectivement, les personnes dont les conditions de vie, les ressources et les habitats, sont les plus fragiles, manquent de moyens pour se protéger et faire face à la dégradation de leur environnement. Autant que possible, il s’agit donc de “restaurer le fonctionnement naturel des écosystèmes” chamboulés par les activités humaines

C’est ce à quoi nos équipes s’attachent par exemple au nord de l’Irak, dans la province de Ninive. Là-bas, les nappes phréatiques s’assèchent du fait de la mauvaise répartition des ressources en eau, de la salinisation des sols, de la sécheresse, mais aussi de l’intensité des pompages. Cette situation menace les conditions de vie des populations locales. Aux côtés des agriculteurs et des autorités, nos collègues  développent donc des solutions dites “fondées sur la nature” pour rétablir l’infiltration et la rétention d’eau dans les sols : constructions en pierres placées dans les cours d’eau pour ralentir la vitesse de l’eau, agriculture inspirée de techniques traditionnelles, cultures de plantes purifiantes qui réduisent les niveaux de sel et de métaux lourds dans l’eau… Autant de pratiques qui permettent de donner accès à cette ressource vitale à davantage d’habitants. 

Décarboner l’aide humanitaire 

Ce n’est pas à l’éleveur tchadien de réduire la taille de son troupeau, ni à la mère de famille de ne pas acheter de viande avec l’argent qu’on lui distribue, explique Manon Grossières. En tant qu’acteurs occidentaux, nous venons de pays historiquement responsables du changement climatique et ceux qui en subissent le plus les effets sont des personnes qui n’y ont que très peu contribué. Encore aujourd’hui, dans certains pays où notre ONG est présente, les gens n’émettent que 0,2 tonnes de CO par an”. En comparaison, un Français moyen émet environ 8,2 tonnes¹, c’est quatre fois plus que l’objectif fixé par l’accord de Paris sur le climat en 2015. 

Pour cette raison, cela n’est pas à celles et ceux qui bénéficient des activités humanitaires de supporter les efforts de réduction des gaz à effet de serre. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a fait le choix de la justice climatique, c’est-à-dire d’identifier les possibilités de baisser les émissions au niveau du fonctionnement de la structure sans toucher à la qualité de l’aide apportée au personnes qui la reçoivent. “Très concrètement, cela signifie que l’on repense notre façon de consommer de l’énergie, de nous déplacer, de transporter et d’acheter des équipements, on réutilise, répare, recycle…”, explique Manon Grossières. 

Spécialisée dans l’accès aux zones difficiles et en proie aux crises, il est fréquent que l’ONG intervienne dans des espaces qui ne sont pas raccordés aux réseaux électriques. “Il nous faut donc, que ce soit pour éclairer les bureaux, accéder à internet, faire fonctionner des forages ou des systèmes d’assainissement d’eau, compter sur des générateurs, qui tournent au carburant, donc une énergie fossile”, observe la référente environnement et climat. 

Afin de répondre à cette problématique, de plus en plus de sites où nous travaillons sont équipés de panneaux solaires. C’est le cas en Haïti, au Yémen, en Afghanistan, mais aussi à Bunia, en République démocratique du Congo, où notre consommation de carburant pour la production d’énergie a été divisée par huit depuis 2023 et les coûts associés ont eux aussi largement diminué. “Ces économies de budget peuvent être utilisées dans plus d’activités d’assistance”, signale Manon Grossières. 

Un travail collectif 

Agir sur la production d’énergie est un moyen efficace de réduire notre impact environnemental. Améliorer la gestion des déchets issus de nos activités ou acheter des produits locaux et durables en sont d’autres. Ces questions requièrent une réflexion de longue haleine à laquelle contribue activement SOLIDARITÉS INTERNATIONAL avec ses partenaires humanitaires, organisés en groupes de travail au sein du Réseau Environnement Humanitaire. Ensemble, ils se sont fixé l’objectif de réduire de 50% leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. 

Face à l’urgence climatique et environnementale, notre ONG fait le choix de la responsabilité et, comme à son habitude, de la solidarité avec les plus vulnérables.

Photos : ©SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Source :
¹ SDES

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