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Mayotte : l’accès à l’eau est une condition nécessaire pour endiguer l’épidémie de choléra

Publié le mardi 21 mai 2024

Depuis le 19 mars dernier, 93 cas de choléra ont été détectés à Mayotte, une épidémie était redoutée depuis le début de l’année¹. Afin d’éviter la propagation de la maladie, dont est décédée une fillette de trois ans la semaine dernière, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL sont mobilisées aux côtés des autorités sanitaires et des populations vulnérables. Elles appellent à une prise de conscience et à un effort collectif plus important pour améliorer l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement sur l’île, condition nécessaire à l’endiguement de l’épidémie 

Près de deux mois après la détection du premier cas de choléra à Mayotte par l’Agence régionale de santé, le bilan s’établit à 93 personnes touchées au total. La commune de Koungou, et plus particulièrement le bidonville de Kirissoni où les conditions de vie sont extrêmement précaires, concentre à ce jour la majorité des cas. Il est urgent de mettre à l’échelle des moyens ambitieux pour empêcher la propagation de l’épidémie. La réponse apportée doit tenir compte des problèmes structurels d’accès à l’eau à Mayotte explique Manon Gallego, Directrice Pays France pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. 

Le choléra, maladie diarrhéique épidémique, se transmet via l’absorption d’eau ou d’aliments contaminés. Il ne se développe que là où les populations n’ont pas accès à des infrastructures d’eau, d’assainissement et d’hygiène performantes et en quantité suffisante, ce qui est le cas à Mayotte. « Aujourd’hui, les Mahorais qui ont l’eau courante à domicile subissent des coupures un jour sur trois. Et ceux qui n’ont pas accès à l’eau courante utilisent les bornes fontaines monétiques, dont le fonctionnement est hasardeux. Sinon ils en sont réduits à utiliser les eaux de surfaces, ce qui est extrêmement dangereux ! L’accès à l’eau potable ou la chloration de l’eau non sécurisée sont des conditions nécessaires pour endiguer l’épidémie de choléra » insiste Manon Gallego.   

  • 68 millions d'habitants
  • 28ème sur 191 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 5 035 personnes bénéficiaires

Nos équipes mettent leur expertise en eau, assainissement et hygiène à disposition des populations et des autorités sanitaires à Mayotte depuis décembre 2022. Depuis le mois de février 2024, elles ont développé des actions spécifiques pour prévenir une potentielle épidémie. Ainsi, elles dispensent des formations sur le choléra, sensibilisent les populations aux gestes barrières essentiels, distribuent des kits d’hygiène permettant de réduire les risques liés à l’eau et interviennent pour désinfecter les habitations des cas avérés. « Il faut que l’ensemble des institutions et autorités locales rejoignent les efforts de l’Agence Régionale de Santé pour répondre à l’épidémie mais aussi pour améliorer durablement l’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement sur l’île. La fin de cette épidémie ne se joue pas uniquement sur la prise en charge médicale des cas mais aussi sur l’amélioration durable des conditions d’accès à l’eau pour l’ensemble de la population » conclut Manon Gallego. 

Source :

¹Santé Publique France au 20 mai 2024 

Photo d’en-tête : © SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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