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En République centrafricaine, une réponse d’urgence pour faciliter l’accès à l’eau et à un environnement sain

Publié le mardi 29 novembre 2022

Le projet, qui tend à renforcer la résilience des systèmes de santé dans les sous-préfectures de Markounda et de Boguila, au nord-ouest du pays, permet notamment à trois centres de santé d’accéder durablement à l’eau potable et à un environnement de travail sain.

« L’objectif de notre intervention ? Améliorer les conditions d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène », résume d’emblée Denis Dionyang Lamra  (voir la vidéo ci-dessous), responsable du programme éponyme pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en République centrafricaine, un pays dont la population est confrontée, depuis 2009, à diverses crises militaro-politiques accentuant la précarité. Selon le rapport de la Commission des mouvements de population (octobre 2021), on dénombre, sur le territoire, pas moins de 505 059 personnes déplacées internes et 3,1 millions de personnes dans le besoin, soit pus d’une personne centrafricaine sur deux. Cette crise multisectorielle s’est vue aggravée cette année par de fortes intempéries, causant des inondations et des destructions d’habitations, possible conséquences du changement climatique, plongeant les zones rurales et les plus enclavées dans une situation encore plus critique. C’est le cas de certains territoires proches de la frontière avec le Tchad, où l’instabilité déjà chronique s’est amplifiée durant les derniers mois. Conséquences : la sous-préfecture de Markounda est aujourd’hui classée en indice 4 de sévérité multisectorielle.

Seul acteur humanitaire présent en permanence dans la région, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a pu y constater un important manque d’infrastructures garantissant les services associés à l’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH). “En 2020, 24% de la population affirmaient avoir recours à la rivière et aux marigots comme source principale d’eau de boisson. Pour une grande majorité de ces personnes, cette utilisation est due à l’inexistence de point d’eau amélioré, dont les plus proches se situent parfois à au moins 30 minutes”, précise Denis Dionyang Lamra.

 

Une crise (et une urgence) multisectorielle

Pour faire face à cette situation, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a donc lancé, en février 2022, un programme nommé “Réponse d’urgence inclusive en EAH in HEALTH pour les personnes affectées par les conflits armés dans les sous-préfectures de Markounda et Boguila en République centrafricaine”. Les apports concret de cette intervention sur le poste de santé de Bélé, le centre de santé de Markounda et l’hôpital de Boguila ? Un pack minimum d’EAH (blocs de latrines, cabines de douche, dispositifs de lavage des mains, unité de gestion des déchets, aire de lavage…) et donc un accès à l’eau potable et aux bonnes pratiques d’hygiène.

République centrafricaine

Contexte et action
  • 4,9 millions d'habitants
  • 71% de la population sous le seuil international de pauvreté en 2020
  • 188ème sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 590 213 personnes bénéficiaires

Autre versant du projet : la réhabilitation de dix points d’eau, afin de s’assurer que les centres de santé des villes concernées ne soient pas soumis à une trop forte pression et que la population puisse bénéficier d’eau en qualité et en quantité suffisante. “Des comités de gestion des points d’eau (CPE) ont été constitués pour garantir la pérennité des installations construites et réhabilitées au-delà de la durée du projet, que nous avons terminé en octobre”, détaille Denis Dionyang Larma. 45 relais communautaires ont été formés et dotés de matériel de sensibilisation, dans le cadre du projet, afin de porter des messages auprès de la communauté. Ces sensibilisations de masse portaient principalement sur les cinq moments clés du lavage des mains afin de réduire les risques de maladie diarrhéique.

Financé par le Fond humanitaire (FH) en République centrafricaine, ce projet – dont 15 000 personnes ont pu bénéficier – n’est pas le seul de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans la région. Depuis l’an dernier, des équipes sont en effet mobilisées sur les problématiques de sécurité alimentaire de moyens d’existence (SAME) et des activités complémentaires en eau, assainissement et hygiène (EAH – financées par ECHO). Au-delà de l’EAH, des activités en matière de relance agricole et d’assistance alimentaire sont développées car sur ces terrains-là, une bonne articulation entre des projets d’urgence, multisectoriels et de relèvement est de mise pour assurer une réponse adaptée aux besoins.

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