Cameroun: ouverture d’une nouvelle base dans l’extrême nord du pays

Publié lelundi 20 mars 2017

Au cours des trois dernières années, le Bassin du Lac Tchad a été le théâtre d’affrontements entre Boko Haram et les diverses forces gouvernementales. Cette crise transfrontalière a provoqué de nombreux déplacements de populations notamment dans l’extrême nord du Cameroun où nos équipes sont déployées depuis janvier 2017.

La première pompe pour l’eau est à 3 km

’Fin 2014, le groupe Boko Haram a attaqué mon village. Les combattants sont venus tuer le chef de mon village en guise de représailles car nous avions plusieurs fois refusé qu’ils enrôlent nos enfants. C’est depuis cette attaque que j’ai quitté mon village pour venir trouver refuge ici.’’ Goni survit désormais à Fotokol, à 10 km de son village d’origine dans l’Extrême-Nord du Cameroun.

Cet agriculteur de 65 ans, père d’une famille de 15 personnes a tout perdu, sa maison, ses terres, ses cultures… Il ne survit désormais que des maigres récoltes de sorgho et de maïs qu’il a tant bien que mal réussi à faire pousser sur la terre pauvre et sèche qui lui a été donnée par un chef de village généreux. ‘’Ma récolte est trop pauvre pour subvenir aux besoins de la famille. Rien ne pousse sur cette terre. Pour le moment, ma femme et mes enfants vont chercher du bois de chauffe derrière le site pour aller le vendre sur le marché de Fotokol. Cette maigre rentrée d’argent nous permet d’acheter un peu de nourriture. Une journée de collecte de bois peut ramener environ 600 Naïra (à peine 1 €). »

Une réponse adaptée

Dans le site sur lequel il s’est installé avec 500 autres personnes, il n’y a pas d’eau, pas de toilettes et ses enfants doivent aller chercher de l’eau à la pompe éloignée de 3 km. ‘’Ce n’est pas gratuit, il faut payer parfois jusqu’à 20 Naïra pour un simple bidon de 20 litres’’, raconte Goni.

‘’La situation des personnes déplacées et réfugiées est très préoccupante dans le département du Logone et Chari. La plupart d’entre elles sont accueillies dans les familles. En dépit de l’assistance donnée par le gouvernement camerounais et la communauté humanitaire, dont essentiellement le Programme Alimentaire Mondial, une très grande partie des besoins restent non couverts’’, s’indigne Nadjlem Mayade, coordinateur terrain de la base de Makary dans l’Extrême-Nord du Cameroun.
Le manque d’eau potable, d’abris et de nourriture engendre, en particulier chez les plus jeunes et les plus âgés, des risques importants de maladies notamment des diarrhées.

Face à cette situation, les équipes de terrain de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL mettent en œuvre des activités visant une réponse efficace et adaptée. ‘’Nous réhabilitons les points d’eau endommagés, désinfectons les forages, redynamisons les comités de gestion de points d’eau et accompagnons ces initiatives par des séances d’information et de sensibilisation à l’hygiène. En parallèle, nous distribuons des kits d’hygiène (bidon, gobelet, savon, seau…) et construisons des blocs de latrines familiales afin de soulager un peu le fardeau de ces familles déplacées.’’

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