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Burkina Faso : “Une assistance indispensable”

Publié le lundi 28 janvier 2019

Le Burkina Faso, pays habituellement calme, voire touristique, connaît désormais des tensions liées à l’activisme djihadiste, ayant causé aujourd’hui le déplacement de plus de 75 000 personnes. Le nord du pays, déjà très pauvre, est désormais un théâtre d’instabilité inquiétant où l’eau se fait rare.

À la frontière commune entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso, la fameuse « Zone des 3 frontières », la montée en puissance de groupes djihadistes dans des régions peu développées a un lourd impact sur des populations extrêmement pauvres. L’exclusion historique de ces régions a transformé des rivalités ancestrales en des conflits ethniques, terreau de prédilection pour les groupes radicaux, qui gagnent du terrain.

Le nord du Burkina Faso, notamment la région du Sahel, est désormais un territoire de conflit ouvert entre une armée nationale affaiblie, les groupes djihadistes et des milices d’auto-défense de part et d’autre. Avec la multiplication des incidents, la zone instable s’étend et de plus en plus de populations déjà pauvres et souffrant de malnutrition se voient forcées de se déplacer, à la recherche de la sécurité et d’un accès à l’eau potable.

 

Création de sites de déplacés

D’abord installées dans des villages voisins, les dizaines de milliers de personnes touchées par les combats ont également commencé à se regrouper en 5 sites de déplacés. Ces déplacements ont comme effet de réduire les ressources en eau des villages d’accueil. « Les populations déplacées comme les hôtes ont également des quantités limitées de nourriture, en biens ménagers de base, sans parler de l’impact sur leur personne et leur état psychologique, décrypte Xavier Lauth, Responsable de la cellule d’urgence de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Ces populations, vivant principalement d’élevage, se voient obligées de vendre le peu de bêtes qu’il leur reste pour subvenir à leurs besoins, une stratégie de survivance néfaste, puisqu’ils vendent leur source de revenu. »

 

La lutte pour l’eau

Après une ouverture de mission en octobre 2018, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL sont désormais en train de répondre aux besoins les plus urgents des déplacés en réhabilitant 19 points d’eau (avec 8 supplémentaires prévus) pour garantir un meilleur accès à l’eau potable, elles distribuent actuellement 1400 kits d’hygiène et prodiguent des conseils sur les bons réflexes d’hygiène afin d’endiguer la propagation de toute maladie hydrique.

  • 20,1 millions d'habitants
  • 40,1% de taux de pauvreté
  • 185ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 18 000 personnes secourues

Le conflit ne semble pas sur le point de s’amenuiser, analyse Xavier Lauth, il est désormais urgent de développer une capacité de réponse rapide qui permettra de combler les besoins des nouveaux déplacements de populations. Nous avons également comme ambition de travailler dès maintenant à des infrastructures plus durables comme des réseaux d’eau. Le Burkina est un pays qui n’est pas habitué à l’urgence. Nous devons donc répondre à l’urgence actuelle tout en travaillant sur le relèvement économique des populations dans les zones touchées. »

 

 

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Ces actions bénéficient du soutien du Centre de Crise et de Soutien du Ministère français des Affaires Étrangères et du Start Fund.

Photo : Tucker Tangeman/Bill Wegener/ SOLIDARITÉS INTERNATIONAL