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La malnutrition, une maladie hydrique

Publié le mercredi 4 mars 2015


DECRYPTAGE – Au XXIe siècle, la sous-nutrition demeure, dans de nombreux pays, un fléau majeur provoquant chaque année le décès de 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans, soit environ 35 % des cas de mortalité infantile. Elle affecte gravement la croissance physique et mentale de millions d’autres (1).

Par Erwann Lacoste, référent Eau, hygiène et assainissement chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

 

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Si la sous-nutrition ne peut être considérée comme une maladie hydrique au sens propre, on estime en revanche qu’elle est associée dans 50% des cas à la diarrhée ou à des infections intestinales, elles-mêmes largement provoquées par la consommation d’eau non potable, par l’absence de toilettes hygiéniques et par des pratiques d’hygiène inappropriées (l’absence de lavage des mains au savon plus particulièrement).

Le manque d’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement (EHA) est donc indéniablement l’une des causes sous-jacentes de la malnutrition, comme l’ont démontré de multiples études scientifiques (2).

Sahel : La stratégie  « Wash in Nut »

Au Mali, aux alentours des villes de Kolokani, de Dire et de Kidal, SOLIDARITES INTERNATIONAL a mis en œuvre 3 programmes EHA s’inscrivant dans la stratégie « Wash in Nut » qui vise, depuis 2012, à inclure systématiquement la WaSH (Water, Sanitation and Hygiène – EHA), dans les programmes de lutte contre la malnutrition. Ce combat était auparavant assez souvent limité à la seule réponse médicale, avec la prise en charge des enfants atteints de Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) dans des Centres de Réhabilitation Nutritionnels (CRN).
Ces programmes se donnent ainsi pour objectifs d’équiper CRN, hôpitaux et postes de santé en infrastructures sanitaires -points d’eau potable, latrines, douches, incinérateurs à déchets… tout en formant le personnel médical à leur entretien. Ils visent aussi à donner à l’enfant malnutri et à sa famille, un kit d’hygiène (bidons pour stockage hygiénique de l’eau, savon, pastilles de chlore) afin de poursuivre le traitement à domicile et de limiter les risques de rechute.
Enfin, les programmes EHA permettent d’intervenir dans les régions présentant des taux de MAS élevés, en améliorant l’accès à l’eau potable par des infrastructures communautaires (puits, forage, réseau d’eau…), l’assainissement dans les ménages (latrines) et en y déployant des campagnes de promotion de l’hygiène.

(1)      Rapport OMS 2014, sur données 2012 (décès malnutrition) / Impact de la malnutrition chronique et aigue : The Lancet, Maternal and Child nutrition, juin 2013).
(2)      WaSH and Nutrition studies : http://washnutrition.wordpress.com