Journée mondiale des toilettes : pourquoi les toilettes sauvent des vies ?

Publié lemercredi 18 novembre 2015

Le 19 novembre c’est la journée mondiale des toilettes. Une journée dédiée à la sensibilisation autour des infrastructures d’assainissement qui manquent à une personne sur trois dans le monde et provoquent la mort de centaines de milliers de personnes chaque année.  Eclairage de notre département technique et qualité des programmes.

Ou en est-on de l’accès aux toilettes dans le monde ?

Jean-Marc Leblanc : Aujourd’hui, 2,4 milliards de personnes n’ont pas accès à une installation d’assainissement améliorée, c’est-à-dire des toilettes. Si ce chiffre a légèrement baissé par rapport à l’an dernier (2,6 milliards), c’est encore beaucoup trop important. En zone rurale à peine plus de la moitié de la population (51%) utilise des toilettes et près d’un milliard de personnes pratiquent encore en 2015 la défécation à l’air libre.

Quelles sont les conséquences du manque de toilettes dans le monde ?

Stéphanie El Sayed : Elles sont multiples. En termes de santé, avoir des toilettes qui fonctionnent correctement permet d’éviter la propagation des maladies. Prenons l’exemple du choléra. En Haïti, les toilettes contaminées par le vibrio cholerae, si elles se bouchent, elles débordent et contaminent les rivières. Cela provoque des flambées d’épidémie de choléra. Au-delà du choléra, il faut savoir que près de 375 000 tonnes de matières fécales sont déposées chaque jour dans la nature. Un seul gramme de fèces contient jusqu’à 10 000 000 de virus dont la poliomyélite et 1 000 000 de bactéries responsables de la dysenterie ou de la diarrhée.

Journée mondiale des toilettes

Le manque de toilettes frappe aussi de façon moins visible*…

Stéphanie El Sayed : Le manque de toilettes a en effet des conséquences sur l’éducation des jeunes filles notamment. L’absence d’infrastructures sanitaires constitue l’une des causes majeures du décrochage scolaire des jeunes filles dans le monde, qui sont des millions à ne plus oser aller à l’école à l’âge de leurs premières règles. 272 millions de journées d’école sont manquées à cause du manque de toilettes (selon Unicef).
Jean-Marc Leblanc : On peut aussi parler de la sécurité des femmes qui par manque d’infrastructures sanitaires doivent marcher, se cacher, et attendre la nuit pour se soulager à l’air libre. Des centaines de milliers d’entre elles préfèrent se priver de repas et évitent de boire pour ne pas aller aux toilettes, parce que le manque de latrines les obligerait à partager celles des hommes.

Quelles sont les solutions mises en place par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ?

Stéphanie El Sayed : En fonction de la situation nous mettons en place 4 types de latrines : des tranchées de défécation en phase d’urgence aiguë, des latrines d’urgence classiques à fosse simple, des latrines semi-permanentes dont la fosse pourra être vidangée par un camion-citerne et enfin des latrines durables connectées à un réseau ou qui permettent la mise en œuvre du processus de compostage.
Jean-Marc Leblanc : Nos équipes mettent également en place des programmes de distribution de kits hygiène (savon, brosse à dents, chlore…) couplée à des sessions de sensibilisation à l’hygiène qui visent à améliorer les conditions d’hygiène afin de réduire le risque de maladie. Se protéger efficacement des maladies passe en effet par des règles essentielles d’hygiène : se laver les mains, utiliser du savon, savoir élaborer des solutions de réhydratation orale pour soigner les diarrhées aigües…

*Découvrez ci-dessous la vidéo de Génération Nutrition qui souligne le lien entre sous-nutrition et manque d’assainissement

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