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Face au Covid-19, solidaires plus que jamais

Publié le mercredi 22 avril 2020

PANDÉMIE – Aux quatre coins du monde sur ses terrains d’intervention, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL met tout en œuvre depuis plusieurs semaines pour protéger les populations les plus vulnérables contre le Covid-19. Mesures de distanciation sociale, distributions de kits d’hygiène et de savons ou encore sensibilisation renforcée aux gestes barrières : nos équipes ont rapidement adapté leurs activités à la crise.

11 mars 2020 – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare que l’épidémie due au coronavirus est une pandémie, c’est-à-dire qu’elle frappe une large zone internationale. Au service des populations les plus vulnérables, à travers le monde, depuis 40 ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est en première ligne face à cette crise sans précédent. Certains de nos pays d’intervention sont déjà touchés, d’autres le seront dans les semaines ou les mois à venir. La plupart ne disposent pas des capacités sanitaires nécessaires pour lutter contre l’épidémie. Plus que jamais, la solidarité doit donc être notre réponse et notre responsabilité est d’intervenir.

Partout, la priorité a d’abord été de protéger la santé de nos équipes et de nos bénéficiaires. ‘’Dans un premier temps, nous avons largement diffusé l’information sur les mesures de protection contre le Covid-19, dont les fameux gestes barrières, et renforcé nos activités dans le domaine de l’accès à l’eau et au savon pour permettre aux populations de respecter ces mesures”, explique Alexandre Giraud, directeur général de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

’’Chaque contexte a sa spécificité et demande beaucoup d’agilité’’

 

Dans un second temps, nos équipes ont dû adapter leurs procédures opérationnelles et leurs réponses. Un défi quotidien face à la fermeture des frontières, à la perturbation du fret international et aux mesures de confinement prises sur nos terrains d’intervention. ‘’ Zones urbaines ou rurales, camps de réfugiés ou de déplacés, zones de conflits ou encore zones frontalières : chaque contexte a sa spécificité et demande beaucoup d’agilité de la part de nos équipes. Sans perdre de vue notre mandat : servir et protéger les populations fragiles qui ont encore plus besoin d’aide humanitaire dans ce contexte inédit” , souligne Alexandre Giraud.

EN HAÏTI, L’EXPÉRIENCE DU CHOLÉRA

En Haïti, où 2,4 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, une flambée de Covid-19 pourrait plonger le pays dans une crise multisectorielle encore plus grave. Alors depuis plusieurs semaines, nos équipes interviennent à Port-au-Prince et dans sa région pour sensibiliser les habitants aux mesures de protection contre le virus, installer des points de lavage de mains et distribuer des kits d’hygiène.

‘’Nos équipes étaient déjà formées et opérationnelles’’

 

Prévention face au Covid-19 en Haïti

 

‘’On nous a tout de suite appelé car SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est habitué à faire de la prévention contre le choléra. ”Nos équipes étaient déjà formées et opérationnelles. Elles se sont simplement mises à jour” , raconte Paul d’Anglejan, Directeur pays de notre mission en Haïti. Dans l’incapacité de continuer à organiser des séances de masse de sensibilisation à l’hygiène, nos équipes ont décidé de délivrer les messages de prévention en porte-à-porte et de mettre en place des formations par petit groupe pour les associations locales ou les relais communautaires, afin qu’ils puissent relayer eux-mêmes l’information et les bonnes pratiques auprès des communautés dans lesquelles ils sont implantés. Des installations de points d’eau et des distributions de kits d’hygiène ont également été mises en œuvre. À terme, nos équipes devraient aussi contribuer au système de surveillance et d’alerte pour faire remonter les cas, comme elles le faisaient déjà pour le choléra.

 

AU LIBAN, DES ÉQUIPES ‘’IMPRESSIONNANTES’’

À l’heure où nous écrivons ses lignes, aucun cas de Covid-19 n’a officiellement été déclaré dans les camps informels du Liban où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient auprès des réfugiés syriens. Mais la promiscuité et les conditions de vie précaires y font craindre une propagation rapide du virus. Dès le début de la crise, nos équipes se sont donc mobilisées pour adapter leurs messages de sensibilisation et procéder à des distributions de savons. ‘’Nous n’avons pas mis longtemps à trouver les volontaires pour continuer à aller sur le terrain et assurer ces opérations en un minimum de temps. Nos équipes sont impressionnantes d’engagement et de volonté , témoigne Mathieu Nabot, Directeur pays de notre mission au Liban.

Toutes les activités d’accès à l’Eau ont été maintenues et adaptées

 

 

Hygiène pour faire face au Covid-19 au Liban

 

Si certaines activités ont dû être suspendues, comme les réhabilitations d’abris par exemple, toutes les activités essentielles d’accès à l’Eau et à l’Assainissement ont été maintenues et adaptées. Pour permettre aux réfugiés de se laver régulièrement les mains, l’approvisionnement en eau potable a notamment été revu à la hausse, passant de 40 à 60 litres par jour et par personne. Les séances de sensibilisation menées sur place lors des distributions de savons ont également été complétées par l’envoi de messages et de vidéos d’information par WhatsApp.

 

AU BANGLADESH, LUTTER CONTRE LA DÉSINFORMATION

Autre latitude, inquiétudes similaires. Dans les camps de Teknaf, au Bangladesh, aucun cas non plus ne s’est encore déclaré à l’heure où nous écrivons ces lignes. Mais l’impact d’une propagation du Covid-19 y serait dramatique. Face à cette menace, nos équipes ont prépositionné des stocks d’urgence pour assurer la fourniture d’eau potable aux populations vivant dans les camps et la désinfection des infrastructures sanitaires en cas d’épidémie.

 ‘’Il est difficile de promouvoir le lavage des mains car l’eau est rare’’

 

Dans les camps à Teknaf, l'anticipation du Covid-19 prime avant tout

 

Pour limiter les risques de contamination, des mesures de distanciation ont été mises en place aux points de distribution d’eau. Des savons ont aussi été distribués pour encourager le lavage des mains plusieurs fois par jour et avant chaque collecte d’eau. ‘’Il est difficile de promouvoir ces nouvelles pratiques au moment de la saison sèche car l’eau est rare et le lavage des mains devient un besoin concurrent de la boisson et de la cuisine”, précise Parthesarathy Rajendran, Directeur pays de notre mission au Bangladesh. Les messages de prévention de nos équipes sont néanmoins essentiels, surtout face à la désinformation autour du Covid-19. ‘’Le manque d’accès à Internet dans les camps contribue à propager les rumeurs” , analyse Parthesarathy Rajendran.

 

INQUIÉTUDES À LONG TERME

En parallèle, depuis plusieurs semaines, dans tous nos pays d’intervention, nos équipes plaident auprès des autorités pour s’assurer qu’elles pourront poursuivre leurs activités et conserver l’accès à ceux qui en ont le plus besoin en dépit des différentes mesures de contingences prises ou à venir contre la propagation du virus. Au Liban, ‘’La crise économique antérieure, couplée à la crise du Covid-19, pourrait entraîner un retrait des fournisseurs de services et provoquer l’arrêt de nos activités de fournitures d’eau et de services d’assainissement , explique par exemple Mathieu Nabot.

Le maintien des financements de l’aide humanitaire pose également question. ‘’Pour l’heure, nous trouvons les moyens d’aider et de répondre présents comme nous l’avons toujours fait, mais je suis très inquiet sur les capacités de réponse à plus long terme, dans un contexte de probable crise économique mondiale lourde liée à la pandémie de Covid-19”, confie Alexandre Giraud. Vers quels financements va se tourner l’aide humanitaire internationale quand les pays donateurs devront se concentrer sur le soutien à leur propre économie ?’’

En attendant, partout où elles le peuvent, nos équipes continuent et continueront leur combat en faveur des populations les plus fragiles. Face au Covid-19, un élan mondial de solidarité s’est levé. Personne ne doit être oublié !

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Avec 20€, vous participez à la construction d’un point de lavage des mains en Haïti. soit 5€ après déduction fiscale.

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