![]() |
SOLIDARITES et la crise alimentaire mondiale |
|
Dans certains pays comme le Kenya, la Somalie, la Côte d'Ivoire, l'Afghanistan, le Bangladesh, la situation est très alarmante. En Afghanistan par exemple, où plus de 50% de la population souffre d'insécurité alimentaire chronique, le prix du pain (base de l'alimentation) a été multiplié par deux. Au Bangladesh, les prix des denrées de base (notamment du riz) ont également doublés, aggravant considérablement la situation alimentaire déjà très précaire des plus pauvres. Les causes de la crise alimentaire mondiale sont nombreuses et variées. Aux causes structurelles, s'ajoutent des causes conjoncturelles issues de choix politiques(1) ou techniques.
La hausse des prix des denrées alimentaires touche de plein fouet les plus pauvres, et jamais autant de personnes n'ont souffert de la faim. Dans la plupart des pays dans lesquels SOLIDARITES intervient, la majorité de la population survit avec moins de un dollar par jour, et consacre la quasi-totalité de son budget à l'achat de denrées alimentaires. Depuis prés de 28 ans SOLIDARITES intervient dans le domaine de la sécurité alimentaire dans les pays en crise et en post-crise. Les programmes sont variés, mais visent avant tout à répondre aux urgences en distribuant de la nourriture ou des moyens de production agricoles (outils, semences, engrais, bétail). Au-delà de l'urgence, SOLIDARITES travaille également à renforcer les capacités des populations à faire face aux chocs alimentaires (prévention des risques).
La stratégie de SOLIDARITES en termes de sécurité alimentaire repose sur deux axes principaux.
La plupart des programmes de SOLIDARITES visent à intensifier la production agricole, accroitre la valeur ajoutée des produits agricoles bruts en les transformant sur place, vulgariser des techniques innovantes adaptées au contexte et aux besoins des agriculteurs. En ce qui concerne l'intensification, nous essayons de travailler de plus en plus avec des techniques visant notamment à la restauration de la fertilité des sols, à la conservation de l'eau à l'échelle de la parcelle ou du bassin versant.
A l'échelle mondiale, il est prévu que le nombre de personne vivant dans des bidonvilles dépasse les deux milliards d'ici 2030. A Dhaka, capitale du Bangladesh, sur 13 millions d'habitants, 3,4 millions vivent dans des bidonvilles. A Nairobi, 60 % de la population s'entasse dans les nombreux bidonvilles (dont celui de Kibera, le plus grand bidonville d'Afrique qui compte entre 700 000 et un million d'habitants). Depuis plusieurs années, il est indéniable que le centre de la pauvreté se déplace vers les villes. Aujourd'hui, le nombre absolu de personnes vulnérables ou sous-alimentées est en hausse constante en zones urbaines. Si les tsunamis, les cyclones et les tremblements de terre continuent de faire la une des médias, les inondations et les glissements de terrain touchent bien plus de personnes au sein des populations pauvres des villes. En raison du manque de terres disponibles, les populations des bidonvilles vivent souvent dans des périmètres d'inondation, sur des flancs de collines instables et près d'installations industrielles. En Ethiopie par exemple les taux de malnutrition infantile dans les bidonvilles et les régions rurales sont de 47 % et 49 % respectivement, contre 27% dans les milieux urbains hors bidonvilles ; et dans les bidonvilles de Khartoum, le taux de prévalence de la diarrhée chez les enfants est de 40%, contre 29 % dans les zones rurales(2) , enfin dans le bidonville de Kibera à Nairobi, un enfant sur cinq meurt avant l'âge de 5 ans.
(1) Alors que 75% des personnes pauvres habitent dans des zones rurales, l'agriculture n'a reçu que 4% des investissements publics d'aide au développement (source : « la revanche de l'agriculture », Frédéric Lemaître, Le Monde, 23 avril 2008) (2) State of world population 2007, Unleashing the potential of urban growth
|
| Crédit
photos : AFP, Solidarités |