09 février 2009
RDC, Province Orientale : plus de 600 personnes massacrées depuis Noel ; l'association SOLIDARITES appelle à la protection des localités pour permettre aux humanitaires d'intervenir auprès des populations civiles
La vague de violence qui ensanglante le district du Haut Uélé, Province Orientale de la RDC , depuis les fêtes de noël (plus de 600 personnes massacrées, et plus de 400 personnes enlevées, en majorité des enfants), sème la terreur dans cette région. Les humanitaires doivent travailler dans un contexte d'insécurité aiguë qui rend difficile l'accès aux populations.
Depuis septembre 2008, les attaques commises, selon les observateurs, par les rebelles ougandais de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) se multiplient dans cette région : exactions, pillages, incendies de villages, enlèvements, massacres de civils. Depuis le lancement, le 14 décembre, de l'opération militaire conjointe par les troupes ougandaises, congolaises et sud-soudanaises afin de neutraliser les auteurs des violences et des atrocités commises contre la population congolaise, celles-ci se sont intensifiées. Ces attaques ont contraint les familles terrifiées à fuir, en majorité dans des localités proches, mais également dans les régions voisines du Sud-Soudan et de l'Ouganda. A ce jour, plus de 130 000 personnes se sont déplacées dans le district du Haut Uélé, et beaucoup d'entre elles, traumatisées, se cachent toujours dans la brousse. Les habitants restent sous le choc des atrocités commises.
SOLIDARITES, l'une des quelques associations humanitaires à intervenir dans cette région, a effectué mi-janvier des évaluations sur l'axe Watsa-Faradje, pris pour cible ces dernières semaines : la situation des populations locales s'y aggrave de jour en jour, l a zone n'est pas suffisamment sécurisée et des attaques quotidiennes sont enregistrées.
Cette évaluation, menée par l'équipe RRM (Mécanisme de Réponse Rapide) de SOLIDARITES, en partenariat avec l'UNICEF, a eu pour objectif d'évaluer les mouvements de populations de cette zone et leurs besoins, en termes alimentaires et sanitaires, mais aussi en termes de protection, l'insécurité des civils étant la première cause de vulnérabilité des populations résidant dans cette région.
A travers cette dernière évaluation, SOLIDARITES se place dans un premier temps comme source d'information principale de la communauté humanitaire, et lance un appel d'urgence à la protection des civils. Avant d'envisager toute intervention dans une zone aussi dangereuse, une analyse rigoureuse doit être effectuée afin de respecter le principe essentiel de « ne pas nuire » aux populations bénéficiant de l'aide humanitaire (les produits distribués pouvant être source de convoitise par les milices, et causer de nouvelles attaques). Ensuite seulement, les équipes de SOLIDARITES préconisent les interventions suivantes : distribution alimentaire ponctuelle, distribution de biens de première nécessité, et intervention d'urgence en accès à l'eau et à l'assainissement auprès des populations résidentes et déplacées.
SOLIDARITES , association d'aide humanitaire internationale, agit en RDC depuis plus de 8 ans, avec une équipe de près de 60 volontaires expatriés et 800 employés Congolais. L'association intervient auprès des groupes de personnes les plus vulnérables à travers plus de 20 programmes dans 3 régions : Ituri/Haut Uele (Province Orientale), Nord-Kivu et Katanga.