Solidarités - retour à l'accueil
Soutenez nos actions - Faites un don
English version

Myanmar  >  Notre action · En images · Situation humanitaire · Témoignages

 

« Il reste tant à faire dans le Delta de l'Irrawaddy »

Dans le sud est du Myanmar (Birmanie), un an après le passage du cyclone Nargis, qui tua près de 140 000 personnes, la situation reste plus que préoccupante.
Avec la destruction des bateaux de pêche, des habitations, et de la plupart des récoltes (60 % des rizières ont été dévastées par la mer dans un pays où 80% de de l’alimentation se compose de riz), les habitants du delta de l’Irrawaddy ne sont pas au bout de leur peine : 50 000 sinistrés vivent toujours sous des bâches en plastique et dépendent de l’aide humanitaire pour se nourrir et avoir accès à l’eau potable.

Présente dans le delta depuis le passage du cyclone en mai 2008, SOLIDARITÉS a mis en place des programmes s’adaptant aux particularités géographiques de cette zone composée de dizaines de bras de mer : les 55 villages du delta de l’Irrawaddy sont en effet situés en pleine mangrove et ne sont accessibles que par bateau, à raison de 7 heures de trajet de la base de SOLIDARITÉS à Bogale.

Pour en savoir plus et comprendre le défi logistique que les équipes de SOLIDARITÉS ont relevé, rencontre avec Paul Salvanès, coordinateur des programmes.


Quelles sont les actions mises en place par SOLIDARITÉS pour répondre aux besoins des populations ?

Notre mission, ici comme ailleurs, est de répondre aux besoins premiers des populations : boire, manger, s’abriter. Pour ce faire, nous avons tout d’abord mis en place un programme d’accès à l’eau et à l’assainissement, et distribué de l’eau pendant la saison sèche, qui vient de se terminer.
Nous avons dû pour cela mettre en place une méthode originale de distribution d’eau par bateau, le « water boating », seul moyen d’accéder aux populations du delta. C’était très compliqué d’un point de vue logistique : nos équipes devaient tourner 7 jours sur 7, sans répit, afin que la population ait de l’eau en quantité suffisante (soit le minimum vital de 5 litres d’eau par jour et par personne).
Nous avons aussi construit des réservoirs d’eau et distribué des jarres en terre cuite qu’utilisent traditionnellement les villageois pour stocker l’eau, ce pour reconstituer les réserves qu’ils avaient avant Nargis.

Ensuite, un programme de sécurité alimentaire et de relance agricole, avec notamment des distributions de semences aux bénéficiaires, aussi utilisées par ces derniers pour payer les journaliers embauchés pour travailler dans leurs champs, ce afin de pallier au manque de ressources financières.
Pour relancer l’activité pêche, principale source de revenu avec l’agriculture, 300 bateaux ont été construits selon les méthodes traditionnelles, afin de respecter les techniques locales, et 60 charpentiers et 200 assistants ont été formés à la construction ; nous avons aussi distribué des « pièges à crabes » et des filets de pêches pour 1 300 familles.

Enfin, un programme de reconstruction d’abris, auquel les bénéficiaires participent activement, encadrés par les volontaires de SOLIDARITÉS : déjà plus de 650 abris ont été construits, et 650 de plus le seront dans les 3 prochains mois.

As-tu pu constater sur le terrain un résultat direct de l’action de SOLIDARITÉS ?

Début avril, j’ai rencontré une femme prénommée Byue Chaung, qui, suite à Nargis, m’a raconté avoir emprunté 10 000 USD à de riches villageois, afin de les prêter à des villageois plus pauvres auxquels personne ne faisait confiance. Malheureusement, comme la récolte s’est révélée mauvaise, ils n’avaient pas d’argent pour rembourser leur dette, et lui donnèrent donc une partie de leurs terres à la place.

Avant Nargis, cette femme avait 35 acres de terre : elle se retrouve désormais avec 110 acres, mais pas d’argent pour rembourser ses propres dettes, pas de semences pour cultiver ses terres, et pas de possibilités d’ embaucher des journaliers pour travailler. Elle n’ose pas retourner dans le village par peur de voir ses créditeurs, et reste donc cloitrée chez elle.
SOLIDARITÉS lui a donc distribué des semences, qui lui permettront à la fois de semer et d’embaucher des journaliers en les payant avec, et de commencer à cultiver une petite portion de ses terres. Cela lui prendra 3 ans pour rembourser ses dettes et revenir à un niveau de vie antérieur à Nargis. Byue Chaung aura donc encore besoin de nous pendant ces années.

Comme Byue Chaung, les vies de milliers d’habitants du delta de l’Irrawaddy dépendent de notre action : il reste tant à faire et les abandonner reviendrait à les condamner.

 

Suivez nos actions humanitaires sur le terrain :    

Suivez nos actions humanitaires sur le terrain:

Lire la dernière newsletter

* Vos données restent confidentielles

 
 
SOUTENEZ NOS ACTIONS

Avec un don de 118€, vous offrez un abri pour protéger de la saison des pluies une famille sinistrée.

Je fais un don
 
NOS PARTENAIRES

Nous remercions nos partenaires qui soutiennent nos programmes au Myanmar:

  • ONG PARTENAIRES
  • UNICEF
  • Agence de l'Eau Rhin-Meuse (AERM)
  • DAH (Ministère des Affaires Etrangères)
  • WFP
  • DFID
  • ECHO
  • IOM - UN Habitat
  • SDC
 
 
Crédit photos : AFP, SOLIDARITÉS