| Peux-tu nous parler de tes expériences
dans l'humanitaire et de ta rencontre avec Solidarités
Après des études supérieures
en agronomie tropicale, physio-zootechnie et hydrologie, je suis
parti en mission humanitaire en Guinée Conacry puis à
Madagascar et en Guyane française. J'ai alors rencontré
sur le terrain des anciens volontaires de Solidarités qui
m'ont donné envie de m'engager pour cette association. Après
plusieurs entretiens avec le service des ressources humaines, on
m'a proposé l'Afghanistan en mai 2003. Je suis alors parti
pour Bamyan, où je suis actuellement responsable des volets
" accès à l'eau potable et irrigation ". Ces programmes
sont menés en partenariat avec l'Office d'Aide Humanitaire
de l'Union Européenne (ECHO) et le Haut Commissariat aux
Réfugiés (HCR).
Explique nous concrètement tes actions de terrain…
Mon rôle consiste à permettre l'accès
à l'eau potable aux villageois, ce qui veut dire creuser
des puits ou encore réaliser des captages et des aménagements
de sources. Ainsi que permettre l'accès à l'irrigation,
pour l'agriculture notamment. Je supervise donc des réhabilitations
de canaux de surface et de sources, des barrages et des bassins
de retenue ainsi que des réservoirs d'eau de pluie (des "
Kandas ") issue de ruissellement.
As-tu rencontré quelques difficultés pour
mettre cela en oeu vre… ?
Peu. La principale difficulté est causée
par la terre souvent alluvionnaire, cela signifie qu'elle ne permet
pas d'asseoir les barrages sur un sol imperméable.
Quelles sont les familles bénéficiaires de
ces projets ?
Des familles de villageois dans tous les cas, et
des personnes vulnérables, souvent des " retournées
" anciennement déplacées ou réfugiées.
Au sein des villages, on sélectionne les familles les plus
vulnérables, qui travaillent avec nous sur le ou les chantiers,
et reçoivent une rémunération pour le travail
effectué. Il y a donc l'ensemble des villages qui bénéficie
de l'impact du projet, et les familles les plus vulnérables
qui bénéficient immédiatement, le temps du
chantier, d'un revenu pour l'aide apportée à l'action
humanitaire…
Comment de telles actions se mettent en place ?
En concertation avec les représentants de
village. La principale question que je me pose est " Le projet est-il
important pour les gens ? ". Et pour aboutir à une réponse,
l'implication des bénéficiaires est indispensable.
En fait, on se rend compte, dès le début de la réalisation
du projet, de son impact ; si c'est très important, les gens
sont impliqués à 100 %. De même, en payant les
travailleurs 1 $ au lieu des 2 $ habituels, on voit tout de suite
si les gens sont impliqués. Par ailleurs, l'aspect technique
du projet est secondaire, c'est à dire qu'on ne choisit pas
forcément le plus intéressant techniquement, mais
le plus nécessaire.
Quel est le temps moyen de réalisation d'un projet
?
40 jours.
Combien d'Afghans travaillent sur un projet ?
Leur nombre varie, de 10 pour un puits, à 150 pour un canal
d'irrigation de 800 mètres…
Quel est le souvenir le plus marquant de ta mission ?
Un vieux chef de village de 70 ans, ancien commandeur
d'une vallée, qui s'est battu contre les soviétiques,
puis les Taliban, et qui " se bat " aujourd'hui pour un canal d'irrigation
qui va changer la vie de son village…
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