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Entretien avec Vivian Sart

 

Interview de Vivian Sart, Coordinateur administratif et financier à Goma RDC en Août 2004.

 

Depuis combien de temps as-tu rejoint Solidarités et comment nous as-tu connu ?

Je suis arrivé chez Solidarités en Décembre 2003 grâce au site internet de Coordination Sud puis celui de Solidarités.

 

Quelles sont tes expériences précédentes ?

J'ai été un an en mission avec la Croix Rouge de Belgique à Kigali, Rwanda en tant qu'administrateur de programme de projets socio éducatif pour des enfants non accompagnés 7 ans après le génocide et pour les enfants des rues. Après j'ai fait deux missions pour Médecin Sans Frontières Belgique. Une première de 10 mois en Angola à Kuito ou j'étais administrateur finance de l'ensemble des projets MSF Belgique. Une deuxième mission de 3 mois en Sierra Leone, étant le coordinateur terrain pour un programme de soutien dans un hôpital provincial.

 

En quelques mots, peux-tu nous expliquer ton travail ici à Goma ?

Je suis le coordinateur administratif de la mission Solidarités en RD Congo. Cela consiste d'une part à assurer la gestion financière de la mission : gestion de la trésorerie, comptabilité, suivi budgétaire des programmes de la construction du budget au rapport final pour les bailleurs. Pour vous donner une idée, le budget de la mission RD Congo est supérieur à 3 millions d'euros sans compter les dons en nature très important en provenance du PAM essentiellement. D'autre part, je suis en charge des ressources humaines soit une vingtaine de poste d'expatriés à pourvoir pour une durée moyenne de 6 mois et de 200 à 250 employés locaux répartis sur les 5 bases ici dont 4 opérationnelles.

 

Comment fait-on pour vivre et travailler dans un des pays les plus pauvres du monde (226 sur les 227 recencés par les Nations Unies en PNB/hab) où l'eau et l'électricité sont peu présents ?

L'eau et l'électricité sont rares mais pas pour nous. Nous avons un groupe électrogène pour suppléer les nombreuses coupures et des tanks d'eau de réserve . Il faut donc plutôt accepter d'être privilégié alors que nous venons aider les plus vulnérables. Un écart de niveau de vie qu'il faut gérer. Nos conditions de vie à Goma sont très bonnes, sur les bases opérationnelles c'est parfois plus du type " camp scout " où par exemple on se douche au bros d'eau.

 

La RD Congo est dans une phase post guerre de pacification. Dans quel contexte de sécurité travailles-tu ?

Il y a une série de règles préventives que l'on doit respecter, chacune liée à un niveau de sécurité. Il faut s'y plier. Cela est parfois contraignant. Pendant trois mois on peut être amené à ne vivre que dans des lieux restreints entre sa maison qui fait aussi bureau et un ou deux autres endroits sécurisés avec des gardiens. C'est un peu dur mais cela est du au manque de sécurité. Parfois on tourne en rond toujours au même endroit ; J'ai ressenti cela aussi en Angola car l'endroit était infesté de mines et il n'y avait pas de possibilité de sortir dehors pour se promener. Cela à la longue pèse car, quand on ne peut pas faire autre chose ; on ne fait que travailler... même les week end.

 

Comment vis-tu ces contraintes ?

Je les accepte assez bien car j'essaie de faire du sport : football, pétanque, badminton...

Souvent pris par le rythme de travail, on a tendance à oublier le contexte d'insécurité. Comment arrives-tu à rester vigilant ?

Il faut rester vigilant sans pour autant devenir "parano". Le problème le plus important peut être, c'est la banalisation du danger. On doit rester en contact avec la réalité, les informations et ne pas oublier que l'on reste une cible potentielle de par l'écart de richesse qui peut attirer certaines personnes.

 

Que penses-tu des missions menées par Solidarités ?

L'aspect très volontaire, très engagé des gens. Un côté très ambitieux, où l'on va chercher les besoins des populations pour y répondre. Exemple le nouveau programme que nous allons sans doute mener avec l'Unicef pour essayer d'évaluer les besoins d'urgence des populations au Nord Kivu. Le risque de l'action humanitaire c'est que parfois on n'a pas toujours les moyens de ces ambitions et l'on peut alors se lancer dans des projets trop importants sans pouvoir les mener à bien.

 

Pourquoi faut-il soutenir l'action humanitaire de Solidarités ?

Par dignité et solidarité humaine. On leur montre que nous ne sommes pas indifférent à leur souffrance, on ne les abandonne pas. On cherche à leur donner les moyens de se reconstruire eux même. L'aide humanitaire permet de redonner espoir.

Crédit photos : AFP, Solidarités | réalisé par kinetix