Notre action au Kenya, en réponse
à la crise alimentaire
Voir
le réportage ARTE - "Kenya : au cœur du bidonville",
qui parle du programme "agriculture en sac" de SOLIDARITES
A
Nairobi, capitale du Kenya, 60 % de la population s'entasse dans
les nombreux bidonvilles. Le bidonville de Kibera est l'un des 143
bidonville ceinturant la capitale kenyane.. On estime aujourd'hui
qu'entre 700 000 et un million de personnes s'entassent sur
les 256 ha de collines très pentues de Nairobi. A Kibera,
qui détient le triste record du plus grand bidonville d'Afrique
saharienne, les glissements de terrain sont fréquents et
le taux de chômage est très important. La place est
limitée puisque tout l'espace disponible est occupé
par des habitations de fortune. Les opportunités d'emplois
sont très limitées dans le bidonville et les habitants
de bidonville travaillent le plus souvent à l'extérieur
du bidonville pour gagner quelques shillings (Ksh = Shilling Kenyan).
En décembre 2007, les bidonvilles de Kibera et de Kiambu
ont été secoués par les affrontements qui ont
suivi l'élection présidentielle contestée de
décembre 2007. Ces émeutes étaient le fruit
de plusieurs facteurs combinés, mais le chômage et
la pauvreté qui ne cessent de croitre dans le bidonville
ont largement contribué à la révolte. Le projet
mis en place par les équipes de SOLIDARITES et financé
sur des fonds français (via l'ambassade de France à
Nairobi) consiste à produire des produits maraichers sur
une surface réduite.
La
plupart des familles vivant dans le bidonville sont d'origine rurale
et ont migré en ville, espérant avoir de meilleures
conditions de vie que dans les zones rurales. La plupart des habitants
du bidonville ont le savoir-faire nécessaires pour mettre
en place des activités maraichères.
Dans de petits carrés de jardin, ou dans des sacs en plastic
remplis de terre et de graviers, 6 000 familles cultivent oignons,
tomates et choux feuille, base de l'alimentation au Kenya. Une pépinière
a été créée dans le bidonville. Un groupe
d'habitants assurent la plantation, le repiquage et la récupération
des semis, tandis que d'autres sont impliqués dans la formation
de la population.
Chaque sac mesure environ 1m3, ce qui représente une surface
de culture de 5m2 (les végétaux sortent par des trous
dans le plastique sur les 4 côtés et le haut du sac).
Un seul sac peut contenir jusqu'à 50 plants d'épinards
ou de choux et 20 plants de tomates et produire plusieurs kilos
de légumes par mois. Une partie des légumes est consommée
par les habitants, participant ainsi à la diversification
du régime alimentaire, le reste est vendu sur le marché.
En moyenne, chaque foyer voit augmenter ses revenus d'un dollar
(USD) par jour*. Sachant qu'à Kibera le loyer moyen tourne
autour de 6 dollars par mois, on se rend compte que le revenu que
permet l'agriculture en sac est important.
*
Grace à l'agriculture en sac, le revenu
d'un foyer peut augmenter de 1 dollar USD par jour. Un sac de 50
plants de choux peut rapporter à son bénéficiaire
en moyenne 20 dollars par mois. Un sac de 50 plantations d'épinards :
23 dollars par mois et un sac de 20 plantations de tomates 12 dollars.
Le Kenya est aujourd'hui touché de plein fouet par la crise
alimentaire mondiale, le prix du maïs, un des aliments essentiels
du régime alimentaire a quasiment doublé à
Nairobi. Les habitants des villes sont les plus touchés par
l'augmentation des prix agricoles. Ne pouvant pas réduire
plus encore leurs dépenses alimentaires, ils réduisent
encore un peu plus le budget (déjà très réduit)
destinés à l'hygiène, la santé et à
l'éducation. Persuadée de la pertinence de soutenir
l'agriculture urbaine dans ce contexte de crise, SOLIDARITES souhaite
développer ce type de projets non seulement à Kibera
et dans d'autres bidonvilles de Nairobi mais aussi dans d'autres
pays.
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