Interview
La logistique, au coeur de notre action
Vianney, notre responsable logistique, revient de Côte
d’Ivoire, où il a lancé notre programme d’urgence
suite aux violences post électorales qui ont entrainé
des déplacements de population. Il nous explique ce métier
peu connu et pourtant primordial à tout programme humanitaire.
Le
premier sur le terrain
" Une mission humanitaire
ne peut pas fonctionner sans une bonne logistique. Lors d’une
opération d’urgence, c’est le logisticien qui
arrive en premier. En véritable travailleur de l’ombre,
il prépare le terrain. Après une guerre ou une catastrophe
naturelle, il doit réussir, dans des conditions difficiles
et en très peu de temps à faire fonctionner la mission,
à la cadrer et à la dimensionner. "
Homme orchestre
" Le 'log'comme on
dit dans le jargon humanitaire est un homme orchestre. Il doit trouver
des véhicules pour acheminer les matériels, les bases
où seront hébergées les équipes, mettre
en place les moyens de communication (Internet, talkie walkie, etc…).
Il doit acheter des équipements introuvables, dédouaner
des frets alors même qu’il n’y a plus de douaniers,
recruter gardiens, chauffeurs, acheteurs… Ce qui n’est
pas toujours chose aisée dans les zones où nous travaillons.
Par exemple, en Afghanistan, nous avons dû concevoir entièrement
des systèmes de production d’électricité
puisqu’il n’y en avait pas de préexistant…
"
Monsieur sécurité
" C’est également
le logisticien qui gère la sécurité de la mission.
Il définit les règles, les zones d’enclavement,
ainsi que les équipements liés à la sécurité.
Il forme l’équipe, les gardiens, les chauffeurs…
En Côte d’Ivoire par exemple, il a fallu rapidement
évaluer la situation sécuritaire pour pouvoir commencer
à diagnostiquer les besoins de la population, recruter une
équipe et louer des véhicules. Puis, sécuriser
le bureau et la maison, s’enregistrer auprès des différentes
autorités, etc. "
Au quotidien
" Il revient aussi à la logistique
de gérer les équipes techniques, de leur permettre
de travailler. Le 'log' s’occupe aussi de l’approvisionnement
de la mission, des achats, de l’organisation et de la réception
du fret. Pour le programme que nous mettons en œuvre dans l’ouest
de la Côte d’Ivoire, j’ai dû trouver, négocier
et acheter le contenu des 1 000 kits de première nécessité
(nattes, pagnes, savons, seaux, moustiquaires…) ainsi que
des kits hygiène que nos équipes distribuent aux populations
déplacées.
En résumé, notre métier consiste
à trouver des solutions et à s’assurer que l’action
humanitaire puisse se mettre en œuvre. "
Constance Decorde
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