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Côte d'Ivoire   Situation humanitaireNotre action en 2008Témoignages Historique

Entretien avec Cécile Katlama

 

Cécile Katlama, témoignage d'une jeune volontaire de 25 ans

Quand es-tu arrivée en Côte d'Ivoire, et combien de temps a duré ta mission ?

Je suis arrivée le 1er mai 2003 en Côte d'Ivoire, et mon retour en France s'est effectué début octobre, donc cinq bons mois en tout sur le terrain.

Comment décrirais-tu la situation humanitaire que tu as trouvée sur le terrain ?

Sur Daloa, la situation était, disons, une situation de " post urgence ", avec des familles déplacées venues du Nord, chassées par les combats, qui avaient trouvé refuge dans les " villages tampons ", près de la ligne de front, où, pour la plupart, elles étaient chez des familles d'accueil. Sur Guiglo, en revanche, la situation humanitaire était vraiment alarmante. Les familles déplacées étaient sur des sites ouverts, quatre au début, puis ensuite un seul grand camp de transit qui accueillait près de 6.500 personnes. Les gens étaient dans des abris de fortune, ils avaient besoin de bâches plastiques, de produits de première nécessité, mais surtout d'aide alimentaire et d'accès à l'eau et d'assainissement. En effet, le camp était surpeuplé et insalubre. SOLIDARITES est rapidement intervenue, d'abord par des actions d'aide alimentaire, puis par des actions d'urgence d'assainissement (drainage d'égouts, installation de latrines, douches et aires de lavage). Pour être complète, il faut dire que sur la zone de Toulepleu, où nous intervenons également depuis début septembre (cantines, reconstruction et nettoyage de puits), la situation est également très critique.

En quoi consistait exactement ton travail sur la mission ?

J'ai d'abord été en charge du recensement des déplacés sur les zones où nous intervenions (hormis Toulepleu), à savoir : 60.000 personnes sur Guiglo, Duékoué, Daloa et les villages tampons. Ensuite l'organisation des distributions générales faites en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) : riz, farine de maïs, huile, sel, pois cassés, farineenrichie de maïs et soja. Dans un troisième temps, j'ai eu la responsabilité de la mise en place des cantines destinées au plus vulnérables (enfants de1 à 6 ans, femmes enceintes et allaitantes, personnes âgées et handicapées) sur les zones de Guiglo, Duékoué et sur les villages tampons près de Daloa. En tout, cela représentait une dizaine de cantines, sur autant de sites, destinées (hormis Toulepleu) à servir 3.500 personnes par jour. Il y avait deux repas servis : un le matin (farine enrichie de maïs et soja, et sucre), et un le midi : (riz, pois cassés, huile et sel). Par ailleurs, nous avons incité, surtout dans les villages tampons, les bénéficiaires à " améliorer l'ordinaire ", en apportant dans la mesure de leurs possibilités des ingrédients à rajouter à la ration de base.


Quelle est la difficulté essentielle que tu as rencontrée ?

La charge de travail ! Les différents sites étaient très éloignés les uns des autres, et par exemple il y avait deux heures de trajet entre Daloa et Guiglo. Pour parvenir à tout organiser, certaines semaines, cela représentait une moyenne de 16 heures de travail par jour !

As-tu un souvenir particulièrement marquant de ta mission ?

Je me souviens d'un vieil homme, à Duékoué, lors de la mise en place des cantines. Quand il est venu recevoir son repas, il s'est approché de moi et m'a dit " que Dieu vous bénisse pour tout ce que vous faites ". Cela m'a profondément émue.


Que souhaites-tu dire à ceux qui soutiennent financièrement l'action de SOLIDARITES ?

Qu'ils ont choisi de participer à une action efficace, et très souvent indispensable. En tant que volontaire, j'ai pu apprécier l'optimisation des moyens de l'association dans le but d'aider un maximum de personnes.


Crédit photos : AFP, Solidarités | réalisé par kinetix