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Soudan (Darfour) : faire jaillir l’eau dans le désert

La situation humanitaire du Darfour (ouest du Soudan), malgré les pressions de la communauté internationale, est une des plus inquiétante du moment. Près d’un million et demi de personnes sont désormais déplacées dans les trois régions affectées par la crise et on compte environ 200 000 morts. Compte tenu des exactions commises à leur encontre, elles ne souhaitent pas retourner chez elles tant que la paix n’est pas revenue. La perte de leurs biens (récolte, abris…) et l’absence de perspectives agricoles rendent leurs besoins considérables. Nombre d’entre elles ont commencé à reconstruire en dur mais les conditions générales de sécurité ne permettent pas d’espérer une amélioration rapide. Cet afflux massif de population crée un déséquilibre majeur et met aussi en danger les populations résidentes de la région.

Traditionnellement, les habitants des zones rurales du Darfour vivent avec moins de 10 litres par personne et par jour, tous usages confondus.

Dans la zone sahélienne du Darfour, la ressource en eau est rare. Les habitants sédentaires ou nomades puisent l’eau :

  • Dans les wadi, ce sont des rivières qui ne sont en eau que pendant la saison des pluies mais où la nappe phréatique est peu profonde. Les villageois y creusent des puits dont la majorité ne sont ni durables ni protégés des pollutions, des animaux…
  • Dans des puits traditionnels lorsque la nappe n’est pas trop profonde
  • Dans des forages qui ont été construits et équipés de pompes à mains, parfois de pompes électriques avec un réservoir de stockage, dans les années 90

Les villages visités lors de la première évaluation menée en juin 2004 par notre équipe présentent les mêmes caractéristiques :

  • Des points d’eau mal ou peu entretenus et une ressource très limitée pour les habitan
  • Un afflux de familles déplacées rendant plus précaire encore la ressource en eau disponible

Afin de répondre aux besoins les plus urgents, SOLIDARITES a donc prévu de réparer rapidement les pompes à main hors d’usage, de lancer un programme de forage et de mettre en place des systèmes de distribution d’urgence (pompage, stockage, chloration, distribution). Par ailleurs, l’accès à des latrines est bien souvent inexistant, ce qui augmente le risque de propagation des maladies hydriques, notamment par la contamination de l’eau, des mains par les fèces (selles) humains, présents dans la nature. L’apparition de camps de déplacés, dans et autour des villages et les villes, posait un problème de salubrité majeur et de risque d’épidémies. En urgence, SOLIDARITES a ainsi également décidé d’aménager des latrines dans les camps. Enfin, un volet de distribution de nourriture et de produits de première nécessité a été intégré au programme.

Programme d’urgence d’accès à l’eau potable et l’assainissement et de distribution alimentaire et non alimentaire, mené en partenariat avec ECHO (Office d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne) et la DAH (Délégation à l’Action Humanitaire) du Ministère français des Affaires Etrangères. Période du 1er juillet 2OO4 au 31 mars 2OO5, pour un budget global de 956 000 euros.

Ce programme a été engagé afin de répondre aux besoins élémentaires de 226 716 personnes dans les zones de Dejbel Mara et Muhajeria

Il a permis, dans le domaine de l’accès à l’eau potable et l’hygiène :

  • La réalisation de 17 forages, dont 11 couronnés de succès (L’équipe de forage était constituée de 8 personnes (foreurs, mécaniciens, chauffeurs, manœuvres…) et d’une foreuse à marteau fond de trou PAT DRILL 301 T. Cette machine, financée par la DAH (140 000 euros) a permis de forer jusqu’à 100 mètres de profondeur.
  • La réhabilitation / réparation de 86 pompes à main.
  • La construction de 181 latrines et 4 fosses (pour la gestion du nettoyage des latrines et des camps, la population a été consultée pour trouver le moyen le plus efficace de maintenir propres toutes les toilettes soumises à un usage intensif)
  • La formation de 38 057 personnes à l’hygiène, à travers des réunions de sensibilisation. Les enfants et les mamans, premiers concernés par le puisage de l’eau, la cuisine et le nettoyage, ont été prioritairement visés par ce volet. L’accent a été mis sur l’amélioration du comportement vis-à-vis de l’usage et du transport de l’eau, de la protection du lieu de puisage, de l’hygiène corporelle et de l’environnement

Aujourd’hui, l’équipe de SOLIDARITES au Soudan comprend 35 volontaires expatriés et 350 Soudanais répartis dans 8 bases au sud et à l’ouest du Darfour et à Khartoum la capitale.


Crédit photos : AFP, Solidarités