RDC : faire couler l'eau potable dans
une ville de 170 000 habitants
La République Démocratique du Congo est en proie, depuis
fin 1996, à des violences qui ont fait sans doute trois millions
de victimes, directement ou indirectement. Le manque d’accès
à l’eau potable et l’assainissement, allié au
fait que la majorité des installations existantes sont hors services,
constitue un problème vital de santé public en RDC.
SOLIDARITES intervient en RDC depuis 2000. A Beni, au Nord-Kivu, nous
avons mené des programmes d’accès à l’eau
d’urgence : petits ouvrages classiques d’eau potable. La ville
a fait la demande à un certain nombre d’ONG d’une réhabilitation
d’un réseau d’eau ancien qui alimentait la partie la
plus développée de la ville. SOLIDARITES a accepté
cette mission en partenariat avec l’Union Européenne (EuropeAid)
et avec un soutien technique d’ Aquassistance (association de volontaires
du groupe Suez) en réorientant le projet pour l’ensemble
de la population pauvre de Beni. C’est une ville dont le nombre
d’habitants a énormément augmenté du fait de
l’insécurité des campagnes environnantes. Cette croissance
démographique s’est notamment accélérée
à partir de 1998. Début 2004, le recensement de la population
indiquait une stabilisation à 170 000 habitants pour Beni.
Les habitants de Beni, auparavant, s’approvisionnaient dans des
sources qui tarissent en saison sèche, et sont polluées,
car il s’agit en fait souvent de résurgences des rivières.
Les puits sont également contaminés car situés à
proximité des latrines. Enfin, les sources les plus importantes
étant situées en périphérie de la ville, les
populations du centre-ville devaient couramment effectuer 3 à 4
km pour atteindre un point d’eau… Le résultat de cette
situation était que les maladies hydriques (diarrhées,…)
constituaient, à Beni, la 2ème cause de morbidité,
après le paludisme.
SOLIDARITES a proposé pour ce programme un système novateur,
la rétrofiltration biologique, breveté par la société
Aquatrium. Par ailleurs, un élément essentiel de ce programme,
de l’évaluation à son achèvement en passant
par les travaux, a été l’implication, la consultation
et la participation permanentes des autorités congolaises, des
populations et communautés concernées qui ont travaillé
sur le chantier, et de la REGIDESO (société paraétatique
congolaise de gestion décentralisée de l’eau).
Programme de construction d’un nouveau réseau d’eau
potable à Beni, en partenariat avec EuropeAid pour la Commission
Européenne qui a financé un budget de plus de 2,5
millions d’euros. Période du 10 octobre 2003 au 12
octobre 2005. L’inauguration a eut lieu le 12 octobre 2OO5
en présence du Ministre de l’Energie de la RDC, de
la direction de la REGIDESO de Kinshasa et celle de Béni,
du Gouverneur adjoint de la province du Nord-kivu, du Maire de Béni
et d’une délégation de SOLIDARITES venue de
Paris.
Ce programme comprend la construction d’un nouveau réseau
d’adduction et de distribution gravitaire, dont les principaux
ouvrages sont :
-
2 captages de rivières + 3 captages
complémentaires
-
Leur adduction gravitaire jusqu’à
la station de traitement, soit environ 10 km de canalisation
-
La station de traitement par rétrofiltration
biologique d’une capacité de production de 100
m³/h
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La réhabilitation du réservoir
principal (1 600 m³)
-
50 km de réseaux de distribution
en ville avec 40 passages de rivières
-
84 hyper bornes fontaines chacune équipée
de 10 robinets, une pour 2000 habitants. La mise en place d’«
hyper bornes-fontaines » au lieu des bornes-fontaines
classiques répondait aux attentes de la population :
la pose de 10 robinets et d’un réservoir d’une
plus grande capacité diminuent considérablement
le temps d’attente aux heures traditionnelles de puisage.
-
Pour un bon fonctionnement et la durabilité
des infrastructures, une instance de concertation a été
créée ; elle réunit l’ensemble des
partenaires étatiques ainsi que la société
civile représentée par les mamans, présidentes
des hyper bornes-fontaines et les gestionnaires.
Aujourd’hui, l’équipe de SOLIDARITES en RDC
comprend 22 volontaires expatriés et environ 200 Congolais.
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Le système de rétrofiltration biologique d’Aquatrium
: en quoi est-il novateur et pourquoi était-il particulièrement
adapté à ce projet ?
Dans le système classique de filtration, l’eau n’est
filtrée qu’une fois par une masse filtrante volumineuse,
ce qui suppose un entretien très lourd de lavage du sable.
Le système de rétrofiltration utilisé à
Beni fait passer l’eau 6 fois à travers un petit volume
de sable filtrant. Une couche superficielle de « bonnes »
bactéries vient détruire les bactéries pathogènes
et rend ainsi l’eau des rivières parfaitement potable.
La maintenance s’effectue facilement chaque mois en quelques
heures par simple passage d’un jet d’eau sous pression.
L’investissement en génie civil est comparativement
beaucoup moins lourd qu’avec un traitement biologique classique.
Et le système s’avère au final très peu
consommateur d’énergie en comparaison du traitement
physico-chimique. |
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