Notre expertise
pour l'accès à
l'eau potable
Véronique Lebourgeois est référente
eau et assainissement au siège de SOLIDARITÉS. Elle évoque
ici, sous forme de questions-réponses, les différents aspects
de notre action pour l’accès à l’eau potable
pour les populations vulnérables dans les situations d’urgence
puis de reconstruction :
Quel
est mon rôle ?
Au sein du Desk urgence/évaluation et avec la collaboration de
Julien Jadot qui m’a rejoint comme référent technique,
j’apporte conseil, expertise et expérience à nos équipes
terrain et je joue un rôle de relais d’informations techniques
entre elles.
Quelle est la problématique de l’eau dans
l’humanitaire ?
D’abord, faire prendre conscience que l’eau, du fait des
maladies hydriques, est la première cause de mortalité au
monde. C’est plus un problème de qualité que de quantité
: insalubrité, absence d’assainissement et de respect des
règles d’hygiène élémentaires. L’accessibilité
est aussi un problème : en urgence, on y répond en déployant
des moyens pour apporter l’eau en quantité suffisante (20
L par jour et par personne) : acheminement par camions, distribution à
l’aide de bladders (réservoirs souples) connectés
à des rampes de distribution. En reconstruction se pose la question
du contexte et des capacités de gestion des populations pour mettre
en œuvre des solutions adaptées et durables : puits traditionnels,
aménagements de sources, réseaux gravitaires, etc.
Quelle est notre démarche ?
Pour apporter une réponse adaptée aux besoins des populations,
les premières équipes sur place suivent le schéma
suivant :
-
évaluation des problèmes, des besoins,
diagnostique de la situation et stratégie de réponse
-
élaboration des solutions à apporter
en se posant les questions indispensables : Quoi ? comment ? pendant
combien de temps ? comment faire participer les bénéficiaires
? quels sont les risques ? quel va être l’impact du programme
? combien ça coûte ? et quoi faire ensuite ?
-
le programme est écrit selon des règles
déterminées avec des objectifs à atteindre quantifiés
tant en terme de qualité et quantité d’eau, que
d’amélioration de la santé des bénéficiaires.
Nous pouvons ainsi suivre et nous assurer, avec le partenaire institutionnel
finançant le programme, que nous atteignons les objectifs fixés
d’amélioration des conditions de vie des populations.
-
une fois financé, le responsable de programme
et le chef de mission sont les garants du respect de nos engagements
vis-à-vis de la population, du bailleur et du siège.
C’est l’ensemble de l’équipe sur place qui
permet la mise en œuvre technique, administrative et logistique
du programme.
Par exemple :
Afin de secourir les populations déplacées, victimes
du conflit au Darfour, les objectifs du programme prévoient
:
-
La réalisation de forages d’eau
potable, équipés de pompes à main ou de pompes
électriques
-
La mise en place de réseau de distribution
à partir de ces forages
-
La construction de latrines dans les camps de
déplacés
-
La sensibilisation des familles à l’hygiène,
au lavage des mains, au lavage des bidons…
-
En cas d’épidémie de choléra
: la mise en place d’équipe de chloration directement
dans les bidons sur le lieu de puisage
-
La gestion du camp de familles déplacées
(enregistrement, concertation, protection contre les violences...)
Quelles compétences s’exercent pour nos programmes d’accès
à l’eau ?
Pour
réaliser nos programmes nous faisons appel à des techniciens,
des ingénieurs dans le domaine de l’hydraulique, l’assainissement,
l’environnement, ayant au moins une expérience professionnelle
en France et de préférence une expérience dans
les pays en voie de développement ou dans des contextes d’urgence.
Il n’existe en France qu’une formation technique qui
forme spécifiquement aux projets de Solidarité internationale
et aux interventions humanitaires : L’institut Bioforce à
Lyon et le module de formation de 4 mois de TESSI, Technicien Sanitaire
de la Solidarité Internationale.
Une expérience professionnelle préalable est indispensable
pour partir en mission. En effet, pour les responsables de programme
effectuant leur première mission les responsabilités
sont non seulement nouvelles mais nombreuses : gestion d’équipe,
expertise technique, décision à prendre, respect des
procédures de sécurité, de logistique et de gestion
de budget.
Insécurité, résistance au stress, charge de
travail importante, risque de corruption dans un contexte local, vie
en communauté, parfois dans des conditions sommaires... tel
est le lot commun des volontaires en mission pour SOLIDARITÉS.
Dès lors, la personne s’adaptera d’autant mieux
à ces tâches nouvelles et au contexte difficile s’il
a développé un sens de l’organisation et de travail
en équipe lors d’une expérience professionnelle
préalable en France ou à l’étranger.
La formation technique est un prérequis pour être efficace
et apporter des réponses pertinentes et durables aux besoins
vitaux des populations. Les compétences les plus mises en pratique
sur les terrains d’intervention de SOLIDARITÉS sont les
suivantes :
|
Connaissances |
Exemples d’applications pratiques |
| Le génie civil |
Calcul de métrés pour le dosage du béton,
la construction de latrines, le puits.
La réhabilitation de bâtiments. Vérification
de devis réalisés par les techniciens locaux, les
entreprises locales. |
| Hydraulique |
Dimensionnement de réseau, de pompes, calcul de ligne
de charge, des débits. Réhabilitation des infrastructures.
Choix de pompes. |
| La mécanique / électricité |
Maintenance des pompes, des groupes électrogène,
dimensionnement de systèmes solaires, éolien. |
| L’hydrogéologie |
Réalisation de forage, de puits.
Evaluation des risques de pollution. |
| Le traitement de l’eau potable |
Mise en place d’une chaîne « simple »
de traitement de l’eau floculation / décantation
/ chloration.
Réhabilitation de station de traitement. |
| L’assainissement |
Réhabilitation de réseaux d’assainissement.
Gestion des déchets. |
Les applications pratiques qui relèvent plus de l’expérience
acquise sur le terrain et de la lecture des ouvrages spécialisés
:
-
La formation et l’organisation des villageois,
pour la gestion des infrastructures d’eau potable
-
Les maladies hydriques et la sensibilisation
à l’hygiène des bénéficiaires
-
La concertation et la prise en compte des communautés
locales
-
Les normes internationales, références
de nos interventions (OMS, SPHERE...)
-
La construction de puits traditionnels, busés
ou non
-
Le captage de source
-
Le captage de rivière
-
Le fonctionnement des pompes à mains
-
Le traitement des déchets humains à
l’échelle de la famille dans les pays en voie de développement,
quel type de latrine ? Comment la construire ?
-
Le forage manuel
-
La réalisation d’enquêtes
sur l’hygiène, l’usage de l’eau, la gestion
des déchets
Donner l’accès aux services de bases : eau / assainissement
dans une démarche de qualité
En dehors des situations d’extrême urgence où
l’accès à l’eau est une question de survie,
l’objectif général d’un programme d’accès
à l’eau et l’assainissement est de réduire
le risque sanitaire d’une population donnée, principalement
par des actions visant à réduire l’impact des
maladies hydriques directement liées aux conditions d’hygiène.
Dans les situations d’urgence, le suivi de nos actions est
également soumis à différentes étapes
de contrôle :
-
Suivi technique du siège (validation
des solutions proposées)
-
Enquêtes sanitaires réalisées
auprès des populations bénéficiaires et enquêtes
de satisfaction
-
Audits internes et externes (administratifs
et opérationnels)
-
Respect des « normes » définies
dans le cadre des interventions d’urgence
Enfin, « il ne suffit pas de faire le bien, il faut bien le
faire », SOLIDARITÉS s’inscrit dans une méthode
Qualité spécifiquement conçue pour l’aide
humanitaire, adaptée aux conditions et à l’environnement
particuliers de l’action humanitaire. SOLIDARITÉS va
utiliser cette méthode-outil assortie d’un mode d’emploi,
qui, bien utilisée, permet la mise en œuvre d’une
véritable démarche Qualité pour les projets humanitaires.
Cette démarche Qualité s’appuie sur deux piliers
: le pilotage de l’action et son évaluation. Ces deux
piliers ont pour but d’améliorer en permanence la qualité
du service rendu aux populations bénéficiaires de l’assistance,
grâce à l’apprentissage des équipes et à
l’amélioration de leur pratique. Une démarche
de Qualité qui, sans devenir un label, a aussi pour objectif
de crédibiliser notre action, de fonder la confiance : en aval
vers les bénéficiaires, et en amont vers les donateurs
et les bailleurs.
En quoi SOLIDARITÉS assure un rôle indispensable pour
l’accès à l’eau potable ?
Nos programmes répondent à des besoins quotidiens vitaux.
Dans les situations d’urgence nous sommes le plus souvent les
seuls intervenants présents. Dans les situations de reconstruction
postcrise, nos projets résultent d’une véritable
concertation avec les populations bénéficiaires, le
gestionnaire de l’infrastructure, les
autorités locales et nous-mêmes, le plus souvent en l’absence
de services publics effectifs et d’entreprises. Dans ces contextes
particuliers, SOLIDARITÉS cherche toujours à mettre
en œuvre des solutions innovantes, peu coûteuses, basées
sur des énergies renouvelables et la protection de la ressource.
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