Accueil
Faites un don
Qui sommes-nous ?Nos MissionsNous RejoindreActualitésNous AiderCont@ct


Accueil Soudan > Témoignages

Les victimes de la violence au cœur de notre action

Guillaume Woehling, responsable géographique, s'est rendu au Darfour du 3 au 24 novembre.
Compte-rendu d'une mission au plus près de l'urgence.

1. Qu'as-tu constaté au Darfour ?

 Une dégradation de la situation humanitaire depuis juin 2006, due aux violences (conflit entre rebelles, troupes gouvernementales, banditisme, attaques de villages par des milices armées…) qui à la fois poussent de nouvelles populations à fuir, et en même temps rendent de plus en plus difficile l'accès des organisations humanitaires à celles-ci. Nous sommes aujourd'hui en période de récolte, et ces personnes ne peuvent pas récolter car elles n'ont pas accès à leurs champs, quand ceux-ci n'ont pas été brûlés ! Nous risquons de devoir faire face à une grave crise alimentaire en 2007.

2. Quelle est ton analyse de la situation ?

L'incapacité de la communauté internationale à résoudre le conflit risque de décrédibiliser les Nations Unies, et de provoquer une extension régionale du conflit, avec une crise humanitaire majeure. Par ailleurs, les fonds attribués à l'aide humanitaire au Darfour risquent de diminuer. Résultat, le Programme Ali mentaire Mondial des Nations Unies (PAM), dont nous sommes partenaire pour les distributions alimentaires d'urgence (150.000 personnes par mois sur 7 sites de l'Ouest et du Sud Darfour) doit diminuer les rations alimentaires et le nombre de bénéficiaires. L'urgence augmente (on parle aujourd'hui de près de 4 millions de personnes dépendantes de l'aide humanitaire au Darfour), alors que l'accès aux victimes et les moyens diminuent.

 

Les personnes chassées par les dernières violences vivent dans
la plus extrême précarité au Darfour

 

3. Qu'est-ce que ça signifie pour l'équipe de SOLIDARITES sur place ?

Nous devons continuer à prendre en charge les déplacés dans les camps et augmenter notre capacité d'intervention en zone rurale, où le nombre de personnes démunies en constant déplacement à cause des violences augmente. Or, il y a certaines zones (Gornei, Saga) où nous ne pouvons aller que si les conditions de sécurité le permettent. Sans parler de Muhajeria, attaquée les 1 er et 23 octobre, ce qui a entraîné la fuite de 18.000 personnes sur Seleah, une bourgade de 7.000 habitants avec un seul point d'eau (risques d'épidémies), ni celle de Motowred et N'Gabo (brûlés tous les deux) les 13 et 14 novembre.

4. Comment SOLIDARITES a-t'elle réagi à l'urgence ?

 Avec le soutien de notre partenaire ECHO sur la zone, dont il faut saluer la réactivité, et grâce à notre excellente connaissance de la zone, nous avons d'abord répondu au besoin le plus urgent : l'eau potable. Nous sommes en train de remettre en état les points d'eau existants à Motorwed et N'Gabo en remplaçant les générateurs de pompes brûlés, et, sur Seleah, nous acheminons l'eau potable par camion, avant de forer un deuxième point d'eau et d'installer 200 latrines. Il faut très vite distribuer des produits de première nécessité (couvertures, bâches plastique) aux déplacés, car il commence à faire froid la nuit. Enfin, il faudra, avec le PAM, répondre aux besoins alimentaires de ces populations. Je tiens à saluer le travail de l'équipe sur place, qui a réagi efficacement, avec des mesures de sécurité adéquates, et celui du siège à Paris, qui a envoyé trois volontaires en soutien très vite.

 

Guillaume, avec une équipe de SOLIDARITES, aux abords
de Motowred après l'attaque qui a brûlé ce village

Accueil | Qui sommes-nous ? | Nos Missions | Nous Rejoindre | Actualités | Aider | Cont@ct
English Version | Recommander ce site