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Interview de Jérôme
Burlot de retour d'une mission d'évaluation au Libéria
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Témoignage de Jérôme Burlot, Spécialiste des programmes en eau et
assainissement, parti en mission d'évaluation au Libéria, du 9 septembre
au 9 octobre 2003.
1- Quels étaient les objectifs de la mission d'évaluation de Solidarités
au Libéria?
La mission d'évaluation avait pour objectif principal d'évaluer les besoins
en eau et assainissement, et de sécurité alimentaire dans le pays, mais
aussi d'identifier les zones géographiques particulièrement dans le besoin.
Il nous a donc fallu évaluer la situation générale en premier lieu, puis
nous concentrer sur la situation sanitaire des populations déplacées et
résidentes.
2- Comment s'est organisée cette mission?
En ce qui concerne l'évaluation des zones géographiques, nous avons pris
contact avec des ONG intervenant sur place, notamment avec MSF-Hollande,
et puis nous avons décidé de nous rendre dans deux zones d'intervention
: le Comté de grand bassa, sous contrôle des rebelles, et Monrovia et
sa périphérie. Après accord des rebelles, nous avons commencé notre évaluation
dans les zones périphériques de Buchanan, puis nous nous sommes concentrés
sur les zones rurales. Des grands axes vers les zones reculées de la brousse.
En ce qui concerne la prise de contacts, j'ai rencontré les acteurs locaux
: les ONG locales, les représentants des diverses institutions onusiennes,
les autorités étatiques, les différents chefs rebelles et les représentants
des déplacés. Le fruit de ces contacts nous a amené à réorienter notre
évaluation. Nous nous sommes donc à nouveau rendus dans les zones géographiques
concernées afin de déterminer très précisément les besoins et vérifier
les informations fournies par ces contacts.
3- Quels sont, à ton avis, les besoins actuels au Libéria ?
Le premier besoin du pays est celui de la sécurité. Plus précisément,
en ce qui concerne les zones que nous avons évaluées, les principaux besoins
constatés sont : des besoins sanitaires (accès à l'eau potable) et des
besoins liés aux problèmes de malnutrition et d'accès à la santé. De plus,
nous avons constaté un traumatisme profond des populations dû aux nombreux
pillages, vols, et sévices en tout genre. Il faut aussi relever une profonde
déstructuration de la société civile. J'entends par là une totale désorganisation
des organisations des communautés locales, une absence totale de prévention
des problèmes sanitaires et de l'hygiène...
4- Quelle en est la conséquence humanitaire ?
La situation humanitaire est très préoccupante en raison de graves problèmes
d'épidémies d'origine hydrique : choléra, dysenterie, diarrhées... La
population la plus vulnérable subit d'autant plus les conséquences de
cette situation humanitaire déplorable. Dans ces conditions, une intervention
de Solidarités est plus que justifiée, les besoins humanitaires au Libéria
sont criants et une réponse semble plus que nécessaire.
5- Quels vont être les principaux défis à relever au Libéria ?
Les défis sont nombreux, mais une chose est certaine il faut absolument
parvenir à désarmer les rebelles. Parmi les rebelles, on compte de nombreux
enfants-soldats, ce qui constitue une situation préoccupante. Relever
ce défi doit également permettre de restructurer la société civile, de
mettre en place une représentation de l'ensemble de la population, et
de lutter contre la corruption.
6- Quelles sont les programmes envisagés pour la future mission au
Libéria ?
Les programmes seront principalement des programmes d'accès à l'eau
potable et de promotion de la santé communautaire : à travers l'eau bien
entendu. Les problèmes liés à l'eau sont essentiels car ils déterminent
la situation en terme de santé en général. La mission de Solidarités au
Libéria devrait durer sept mois et le budget est évalué à 800 000 euros.
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