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Patrice Chataignier, Responsable Evaluation
et ouvertures en Irak pour la zone Nord, revient sur l'action d'urgence
menée sur le terrain, grâce à l'opération menée en partenariat avec M6
:
- Tout d'abord, combien de temps es-tu resté sur le terrain ?
Du 15 mars au 15 juin. Nous sommes arrivés à Erbil, au Kurdistan irakien,
le 25 mars.
-
Quelle situation humanitaire as-tu trouvée là-bas ?
Particulièrement au sud du Kurdistan
irakien, un très grand délabrement des infrastructures, des services publics.
Ce sont des zones d'habitat rural complètement oubliées, délaissées par
l'ancien régime de Saddam Hussein. La fuite des cadres et des autorités
a achevé ce délabrement extrême, qui touche tous les secteurs : accès
à l'eau, à l'électricité, santé, éducation, habitat, etc… Même si nous
n'avons pas trouvé de crise humanitaire majeure causée par le conflit,
la situation de nombreuses familles déplacées nécessitait une assistance
humanitaire.
- Quel a été le rôle du convoi de 60 tonnes
d'aide humanitaire acheminé là bas en partenariat avec la chaîne M6 ?
Un rôle essentiel, et parfait, dans la mesure où il nous a permis de répondre
très rapidement aux besoins des déplacés, qui étaient de deux types :
- " retournés " kurdes vulnérables sur les nouvelles zones libérées.
- Déplacés arabes qui avaient fui l'avancée
kurde.
Nous avons, grâce à ce convoi, couvert les besoins en malnutrition sur
Kirkuk et Mossoul, à travers les centres de santé de ces villes : nous
avons distribué 5 tonnes de biscuits protéinés dans chacun de ces centres,
soit 10 tonnes en tout. Par ailleurs, nous avons distribué à 2.732 personnes
vulnérables, sur la zone de Makhmur, des filtres à eau, des couvertures,
du thé, du sucre, des jerricans, des bâches plastique et du savon.
Aujourd'hui, il reste près de 15 tonnes
à distribuer. Nous avons fermé notre base à Erbil pour descendre plus
au sud, pour atteindre les populations arabes qui ont fui massivement
l'avancée kurde. L'essentiel de cette population s'est regroupé au sud
de Kirkuk, dans un rayon de 300 Km autour de la ville de Tikrit. C'est
une zone où aucune autre organisation humanitaire ne les assiste. Nous
avons entrepris un travail de recensement et d'enquête socio-économique
pour identifier les plus vulnérables de ces déplacés, et, parallèlement,
nous avons commencé des distributions pour répondre aux besoins des plus
démunis.

- En conclusion, quel bilan de l'opération
M6, et que peux-tu dire à tous les donateurs qui ont participé à cette
opération ?
Je dirais un grand merci, car cette initiative était excellente ! Elle
nous a permis d'être très réactifs sur le terrain, et de pouvoir commencer
le travail dès notre arrivée. Le fait d'être en mesure de procéder à des
distributions tout de suite a crédibilisé notre action auprès de la population
et des autorités. C'était particulièrement important, sur une zone, et
sur une problématique humanitaire (déplacés), où aucune autre aide n'était
mise en œuvre, et où l'environnement sécuritaire était très " chaud ".

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