«
Je fonds : 39 degrés à l’ombre, imaginez
sous le soleil ! Nertiti, au milieu de nulle part : des jerrycans
alignés devant les rampes destinées à
la distribution quotidienne de l’eau, sécheresse,
soleil et visages impassibles. Mais je sais que les besoins
en eau sont croissants. La foreuse de SOLIDARITES arrive,
l’équipe se met à identifier des sites
potentiels ; un homme s’adresse à nous, regardant
le matériel acheminé jusqu’ici : «vous
aller nous trouver de l’eau ?». Un nouvel espoir
est né… ».
(Ahmed, responsable de camp pour SOLIDARITES
à Nertiti, à l’ouest du Darfour).
«
L’objectif du programme financé par ECHO est
de réduire la mortalité et morbidité
liées aux maladies hydriques récurrentes pour
les populations qui vivent dans les camps. Il y a plusieurs
volets : constructions de latrines, maintenance et mise en
place de pompes à main, création de nouveaux
points d’eau, et sensibilisation à l’hygiène.
Souvent, j’ai entendu l’argument « boire
de l’eau marron ? Mais ça fait partie de notre
quotidien ». Il faut apprendre aux mères de famille
à changer et améliorer leurs habitudes. C’est
un travail de longue haleine qui donne des résultats
sur la durée ».
(Quentin, volontaire hydraulicien pour
SOLIDARITES au Darfour).
PRESENTATION DE NOS PROGRAMMES
EAU
Soudan
(Darfour) :
faire jaillir l’eau dans le désert
La situation humanitaire du Darfour (ouest du Soudan),
malgré les pressions de la communauté internationale,
est une des plus inquiétante du moment. Près
d’un million et demi de personnes sont désormais
déplacées dans les trois régions affectées
par la crise et on compte environ 200 000 morts. Compte
tenu des exactions commises à leur encontre, elles
ne souhaitent pas retourner chez elles tant que la paix
n’est pas revenue. La perte de leurs biens (récolte,
abris…) et l’absence de perspectives agricoles
rendent leurs besoins considérables. Nombre d’entre
elles ont commencé à reconstruire en dur mais
les conditions générales de sécurité
ne permettent pas d’espérer une amélioration
rapide. Cet afflux massif de population crée un déséquilibre
majeur et met aussi en danger les populations résidentes
de la région.
Traditionnellement, les habitants des zones rurales du Darfour
vivent avec moins de 10 litres par personne et par jour,
tous usages confondus.
Dans la zone sahélienne du Darfour, la ressource
en eau est rare. Les habitants sédentaires ou nomades
puisent l’eau :
Dans les wadi, ce sont des rivières
qui ne sont en eau que pendant la saison des pluies mais
où la nappe phréatique est peu profonde.
Les villageois y creusent des puits dont la majorité
ne sont ni durables ni protégés des pollutions,
des animaux…
Dans des puits traditionnels lorsque
la nappe n’est pas trop profonde
Dans des forages qui ont été
construits et équipés de pompes à
mains, parfois de pompes électriques avec un réservoir
de stockage, dans les années 90
Les villages visités lors de la première
évaluation menée en juin 2004 par notre équipe
présentent les mêmes caractéristiques
:
Des points d’eau mal ou peu
entretenus et une ressource très limitée
pour les habitan
Un afflux de familles déplacées
rendant plus précaire encore la ressource en eau
disponible
Afin de répondre aux besoins les plus urgents, SOLIDARITES
a donc prévu de réparer rapidement les pompes
à main hors d’usage, de lancer un programme
de forage et de mettre en place des systèmes de distribution
d’urgence (pompage, stockage, chloration, distribution).
Par ailleurs, l’accès à des latrines
est bien souvent inexistant, ce qui augmente le risque de
propagation des maladies hydriques, notamment par la contamination
de l’eau, des mains par les fèces (selles)
humains, présents dans la nature. L’apparition
de camps de déplacés, dans et autour des villages
et les villes, posait un problème de salubrité
majeur et de risque d’épidémies. En
urgence, SOLIDARITES a ainsi également décidé
d’aménager des latrines dans les camps. Enfin,
un volet de distribution de nourriture et de produits de
première nécessité a été
intégré au programme.
Programme d’urgence d’accès
à l’eau potable et l’assainissement et
de distribution alimentaire et non alimentaire, mené
en partenariat avec ECHO (Office d’Aide Humanitaire
de la Commission Européenne) et la DAH (Délégation
à l’Action Humanitaire) du Ministère
français des Affaires Etrangères. Période
du 1er juillet 2OO4 au 31 mars 2OO5, pour un budget global
de 956 000 euros.
Ce programme a été engagé afin de
répondre aux besoins élémentaires de
226 716 personnes dans les zones de Dejbel Mara et Muhajeria
Il a permis, dans le domaine de l’accès à
l’eau potable et l’hygiène :
La réalisation de 17 forages,
dont 11 couronnés de succès (L’équipe
de forage était constituée de 8 personnes
(foreurs, mécaniciens, chauffeurs, manœuvres…)
et d’une foreuse à marteau fond de trou PAT
DRILL 301 T. Cette machine, financée par
la DAH (140 000 euros) a permis de forer jusqu’à
100 mètres de profondeur.
La réhabilitation / réparation
de 86 pompes à main.
La construction de 181 latrines et
4 fosses (pour la gestion du nettoyage des latrines et
des camps, la population a été consultée
pour trouver le moyen le plus efficace de maintenir propres
toutes les toilettes soumises à un usage intensif)
La formation de 38 057 personnes à
l’hygiène, à travers des réunions
de sensibilisation. Les enfants et les mamans, premiers
concernés par le puisage de l’eau, la cuisine
et le nettoyage, ont été prioritairement
visés par ce volet. L’accent a été
mis sur l’amélioration du comportement vis-à-vis
de l’usage et du transport de l’eau, de la
protection du lieu de puisage, de l’hygiène
corporelle et de l’environnement
Aujourd’hui, l’équipe de SOLIDARITES au
Soudan comprend 35 volontaires expatriés et 350 Soudanais
répartis dans 8 bases au sud et à l’ouest
du Darfour et à Khartoum la capitale.