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Ecoutez l'interview d'Alain Boinet sur RMC le 16/03/06 sur le problème de l'eau dans le monde
(Téléchargez Quicktime) 
L’eau, un enjeu vital
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Dossier de presse Journée Mondiale de l'Eau 2006
Dossier « Eau Potable : l’urgence humanitaire »
Notre combat pour l'eau :
Lire notre communiqué de presse du 15/12/05
Lire l'article paru dans Libération le 16/12/05
Lire le compte rendu et voir les photos de la conférence de presse du 15/12/05

« Je suis Burundais ; j’ai grandi dans un milieu où il n’y a pas d’eau ; J’ai vu mes parents souffrir, parcourir des kilomètres à pieds pour ramener de l’eau potable afin d’assurer le minimum vital ; je voulais que tout cela change. L’eau est source de vie, comme on dit, mais parfois elle peut être source de maladie. Après notre intervention, on constate immédiatement une diminution nette des maladies hydriques sur une zone, d’autant que ces maladies sont souvent mortelles. Aussi, la population qui a accès à l’eau gagne un temps énorme, et cela lui permet de se consacrer à d’autres activités, souvent génératrices de revenus. »
(Jean Bosco, hydraulicien burundais, membre de l’équipe SOLIDARITES au Burundi).


PRESENTATION DE NOS PROGRAMMES EAU

Burundi : urgence, reconstruction
et reprise du développement



Témoignage (rédigé en 2005 par Olivier JOUZEAU, responsable programmes hydrauliques SOLIDARITES Cankuzo) sur l’expérience de SOLIDARITES dans la province de Cankuzo

Suite aux accords de paix de Pretoria de novembre 2003, le Burundi a traversé une phase de transition urgence-réhabilitation qui s’est achevée avec la fin du processus électoral au mois de septembre 2005. Le pays dispose aujourd’hui d’institutions démocratiques élues.

Après dix années de crise, 70% des Burundais sont en situation d’extrême pauvreté, mais dans un contexte qui tend à se stabiliser. Les Burundais sont prêts à construire leur développement, mais un certain nombre de défis se posent à eux et à leurs partenaires internationaux. Aujourd’hui se construisent les bases qui permettront au Burundi de sortir définitivement de l’insécurité et à terme, de la pauvreté.

Depuis 1996, SOLIDARITES participe à l’effort du pays par des programmes d’eau et d’assainissement, de sécurité alimentaire et d’habitat. Aujourd’hui notre équipe sur place est composée de 10 volontaires expatriés et 100 Burundais.

Qui gère l’eau au Burundi ?
La DGHER (Direction Générale de l'Hydraulique et des Energies Rurales) dépend du ministère de l'aménagement du territoire burundais depuis la mise en place du nouveau gouvernement. La DGHER est l'organe responsable des adductions en eau potable, des sources aménagées... en milieu rural. Plus largement, elle est responsable de la gestion des infrastructures hydrauliques et électriques publiques, la DGHER agit également en tant que bureau d'étude et de construction.

Les Régies Communales de l’Eau (RCE)
Pour assurer le fonctionnement, l’entretien, l’exploitation et la gestion des infrastructures hydrauliques, dans chaque commune existe une Régie Communale de l’Eau dotée de l’autonomie financière. La Régie Communale de l’Eau est de type associatif, c'est à dire gérée par les usagers eux-mêmes. Elle regroupe l'ensemble des comités et institutions qui gèrent le patrimoine hydraulique d'une commune (comités de points d'eau et assainissement, Assemblée Générale des Usagers, Comité communal des Usagers, Service Communal de l'eau et assainissement…). Rappelons que les coordinateurs provinciaux des Régies Communales de l'Eau oeuvrent sous l'autorité de la DGHER.
Les structures RCE sont nées en 1992, lorsque l’Etat a décidé de rendre autonome le budget de gestion des réseaux et des sources. Pour les usagers, ce fut une petite révolution car il n’y avait avant cette date qu’une taxe communale prélevée sur les marchés, les gens n’avaient pas l’habitude de payer une cotisation pour l’entretien du point d’eau.

Par ailleurs, ce système à peine en place a périclité rapidement lors du début de la crise en 1993. 10 ans plus tard, certaines RCE n’existent que sur le papier, les membres (présidents, trésoriers…) ne sont pas formés à leur responsabilités ; la population, usée par la guerre et trop de corruption, n’a pas confiance et n’accepte pas forcément cette séparation du budget de la commune et du budget de la Régie.

L’action de SOLIDARITES à Cankuzo ou comment s’adapter à un contexte évolutif...
La province de Cankuzo a été particulièrement frappée en 2000 par les combats et la forte insécurité à proximité de la frontière tanzanienne. Implantée depuis 2003 dans la province, Solidarités vient en aide aux populations vulnérables victimes de la crise, qu’elles soient déplacées, rapatriées ou vivant en milieu rural isolé. Quelles que soient leurs origines, leur situation sanitaire est critique : manque d’infrastructures d’eau potable ou d’assainissement, comportements hygiéniques inadaptés.

Pour améliorer cette situation, SOLIDARITES réalise et réhabilite des adductions d’eau potable, aménage des sources, construit et vidange des blocs de latrines communautaires. Ce volet technique s’accompagne d’un travail de sensibilisation des bénéficiaires (hygiène, respect des infrastructures) et d’un appui aux structures en charge de leur gestion.
Avec l’appui de la DG ECHO (Office d’Aide Humanitaire de la Commission Européenne), d’UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) et du HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies), SOLIDARITES a ainsi pu venir en aide à plus de 60 000 personnes dans la province depuis 2003, soit environ un tiers de la population de la province. Par ailleurs, SOLIDARITES réalise dans d’autres provinces (Muramvya, Bururi, Bujumbura Rural, Mwaro) des programmes de sécurité alimentaire et réhabilitation.

Récapitulatif des réalisations de SOLIDARITES dans la province de Cankuzo

Activité dans la province
Volume des réalisations
Nombre approximatif de bénéficiaires
Construction/ réhabilitation/ extension d’adductions d’eau potable 10 AEP (adductions d’eau potable) 33 000
Aménagement de sources avec bacs à lessive 140 sources+bac à lessive 20 000
Construction de latrines 231 latrines 10 000
Sensibilisation à l’hygiène dans les écoles primaires 5 sites de déplacés et 21 écoles primaires 17 000
Vidange de latrines et sensibilisation à l’hygiène 48 vidanges 7 000
Appui aux Régies Communales de l’Eau (RCE) Les 5 régies communales de la province Indirectement : l’ensemble des usagers

D’une action d’urgence dans les sites de déplacés et pour faire face au retour des réfugiés rentrant de Tanzanie, l’essentiel du travail s’est progressivement orienté vers des populations rurales sédentarisées permettant ainsi d’initier une réflexion à plus long terme. Le retour de la sécurité dans un contexte de plus en plus stable a permis à SOLIDARITES d’intensifier le travail autour de la pérennisation des ouvrages :

  • Animation pour la mise en place d’une gestion des infrastructures à différentes échelles. Il s’agit de la mise en place de comités de points d’eau, du suivi des assemblées générales des usagers et à l’élection de leur bureau exécutif, du suivi des campagnes des collectes de redevances...
  • Renforcement des compétences techniques et organisationnelles des RCE
  • Soutien logistique par distribution d’outils de gestion...

Aujourd’hui, deux années de travail dans un contexte évolutif sont sur le point de s’achever. Un constat s’impose : l’adaptation continuelle des pratiques dont a su faire preuve SOLIDARITES ne suffit pourtant pas à assurer la pérennité des infrastructures. Le renforcement de la gestion des infrastructures d’eau potable à travers ses acteurs (usagers, RCE, DGHER, autorités…) doit constituer un programme de développement à part entière, bien plus qu’un simple accompagnement pour la réussite des chantiers. Mais cette ambition n’est pas si simple à accomplir dans un climat d’incertitude politique.

Une évolution nécessaire des pratiques des acteurs internationaux
Aussi bien les bailleurs de fonds institutionnels que les ONG travaillent actuellement dans un contexte burundais en transition. L’enjeu est pour eux de participer à des actions à portée plus durable tout en gardant une réactivité aux situations de crise pouvant toujours survenir. Cependant, force est de constater une certaine inertie dans les pratiques.

Au Burundi, le principal apport financier émane aujourd’hui encore de bailleurs d’urgence. Les axes stratégiques d’intervention définis restent encore cantonnés au contexte de l’urgence. Les indicateurs considérés sont en majorité quantitatifs et relativement peu qualitatifs. Pourtant, la situation de crise s’éloignant, il devient nécessaire d’augmenter l’impact des interventions dans le temps plus que dans l’espace. De manière simplificatrice : « construisons moins d’infrastructures hydrauliques mais consacrons plus de moyens pour que les populations et leurs représentants soient porteurs du projet, de l’identification des besoins jusqu’à la gestion des infrastructures. »

Dans ce cadre, le message n’est pas entendu et la marge de manœuvre des ONG reste faible pour assurer une bonne transition vers un contexte de développement. Faible certes, mais présente... Elles se doivent de travailler dans une optique d’autonomisation progressive des partenaires locaux. Au Burundi, il est désormais temps de renverser les approches d’urgence héritées de la crise, et ce, à tous les niveaux : du bénéficiaire jusqu’aux différentes institutions du Service Public de l’Eau en milieu rural.

Voilà un travail à mener sur le terrain mais aussi auprès des bailleurs de fonds afin qu’ils adaptent leurs stratégies aux réalités locales. A ce niveau, des engagements internationaux ont été pris dans le cadre des Objectifs du Millénaire des Nations Unies. Pour l’eau et l’assainissement, il s’agit de réduire de moitié, d’ici 2015, la proportion de personnes n’ayant pas accès à ces services. 2005 : année d’un premier bilan sur ces objectifs. 2005 : entrée du Burundi dans le développement ? Un espoir, une perspective, une action.

Aujourd’hui, l’équipe de SOLIDARITES au Burundi comprend 10 volontaires expatriés et environ 100 Burundais.

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