Tsunami
en Asie du Sud Est : Reconstruire après l'urgence
Philippe
Grandet, Responsable Géographique Asie du Sud Est à SOLIDARITES,
se rend régulièrement sur le terrain pour apprécier la situation
humanitaire et suivre la mise en oeuvre de nos programmes. Entretien
de retour de mission :
1.
C'est la deuxième fois depuis le Tsunami du 26 décembre que
tu te rends sur nos missions en Asie ?
Oui, en février je m'étais déjà rendu sur les missions Sri Lanka
et Sumatra. Là, j'ai passé une semaine sur la mission Sri-Lanka
du 25 avril au 03 mai.
2.
D'après les rapports précis que tu reçois du terrain, et ce
que tu as pu constater sur place, quelle est la situation, plus
de 4 mois après le Tsunami ?
S'agissant des besoins d'urgence, une réponse humanitaire a
été apportée : les distributions d'eau sont organisées, les
conditions sanitaires s'améliorent, et un effort est en cours
sur le déblaiement des débris. Les traces du Tsunami commencent
à disparaître, au moins au Sri-Lanka. Mais en ce qui concerne
les besoins à long terme (relogement durable, accès durable
à l'eau potable, relance économique), tout ou presque reste
à faire.
3.
Justement, après l'urgence, quels sont les axes de développement
de nos programmes au Sri-Lanka et à Sumatra ?
D'abord, il faut bien comprendre que l'effort d'urgence doit
être poursuivi sur ces deux missions, et particulièrement à
Sumatra, où les dégâts causés par la Tsunami ont été les plus
importants, et où en plus un nouveau séisme a frappé la zone
le 28 mars dernier. Concrètement, il s'agit de notre action
dans le domaine de la distribution d'eau potable, de l'assainissement,
et, pour le Sri Lanka, du déblaiement des débris. Par ailleurs,
à Sumatra, nous comptons apporter une aide d'urgence sur les
zones des îles Banyak et de Singkil, frappées par le séisme
du 28 mars. Pour répondre aux besoins en reconstruction, nous
développons des programmes tels que :
-
Au Sri Lanka : aide à la pêche (soutien à la reconstruction
de bateaux, distribution de matériel de pêche, nettoyage des
fonds marins).
- A Sumatra : réhabilitation
ou reconstruction d'une trentaine d'écoles autour de Meulaboh,
et préparation d'un programme de soutien à la riziculture (drainage
des terres polluées par l'eau salée et distribution de semences).
4.
Que peux-tu dire de l'emploi des fonds privés collectés par
SOLIDARITES pour les victimes du Tsunami ?
Ces fonds ont déjà été, pour leur grande majorité, employés
sur le terrain au Sri Lanka et à Sumatra. Ils ont servi à apporter
une aide d'urgence les premières semaines, puis à préparer des
programmes ambitieux pour la suite, dans les domaines de l'accès
à l'eau, de l'assainissement et la reconstruction. Avec l'accord
des autorités locales, nous sommes engagés dans ces deux pays
sur des programmes qui couvrent des besoins sur toute l'année
2005. Et nous évaluons la situation humanitaire en permanence
pour adapter l'avenir de nos programmes à celle-ci.
5.
Que souhaites-tu dire à tous ceux qui ont généreusement donné
à SOLIDARITES à l'occasion du Tsunami en Asie du Sud-est ?
Tout d'abord merci. Et merci d'avoir choisi de donner à SOLIDARITES,
pour qui des moyens financiers suffisants ont été une condition
très importante de notre réactivité. Je peux dire que le travail
de SOLIDARITES est reconnu sur le terrain, autant par nos partenaires
institutionnels et privés, que par les autorités locales. Enfin,
j'espère que d'autres urgences humanitaires, peut-être moins
médiatisées, pourront également bénéficier d'un tel élan de
générosité.