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SOLIDARITES - Pour l'Asie
BP 100 - 75020 Paris


Crédit photos : AFP, Solidarités, William Daniels


Entretien avec Bruno Marquès

Bruno Marquès, Responsable Géographique à SOLIDARITES, a dirigé notre mission d'évaluation d'urgence au Sri Lanka après le Tsunami. Entretien à chaud :

1. Combien de temps a duré ta mission ?
Trois semaines en ce qui me concerne, du 6 au 24 janvier.

2. Tes premières impressions en arrivant à Ampara (côte Est du Sri Lanka) ?
Et bien, c'est une chose d'entendre parler des destructions du Tsunami, ou de voir les images à la télévision, et c'est autre chose que de se trouver devant, sur place. Dans toutes mes missions humanitaires, je n'avais jamais vu ça : une dévastation totale sur toute la bande côtière de 300 M.

3. Quelles ont été les priorités de l'équipe SOLIDARITES sur place ?

- Premièrement, se coordonner avec les autres ONG et intervenants humanitaires, pour définir les axes prioritaires, qui fait quoi et où, qui peut mettre à disposition des uns ou des autres tel ou tel matériel. Par exemple, SOLIDARITES a mis à disposition de Goal et d'Oxfam nos deux " bladders " (réservoirs souples d'eau potable).

- Deuxièmement, réaliser une évaluation dans les 13 camps de déplacés de la zone de Kalunai (20 km à l'est d'Ampara), qui a été touchée de plein fouet par le Tsunami, avec 3.000 morts. Il fallait évaluer très vite le nombre de déplacés, les besoins prioritaires, et ceci au regard de notre capacité d'action et de notre matériel, et enfin identifier et entrer en contact direct avec les personnes responsables des camps, afin de se coordonner avec elles. Dans la foulée, nous avons organisé et mis en oeuvre pendant deux jours une distribution d'urgence (biscuits, produits de première nécessité) sur ces sites.

- Troisièmement, il s'agissait d'informer tous les intervenants humanitaires, les représentants des Nations Unies et les autorités locales, des distributions mises en œuvre, afin d'éviter les doublons en terme d'initiative.

4. Ensuite, dans un deuxième temps ?

Dans un deuxième temps, nous avons mené une évaluation complète sur toute la zone côtière, de Kalunai à Pottuvil, en ce qui concernait les besoins en accès à l'eau et assainissement, sécurité alimentaire et distribution de kits de réhabilitation légère. Enfin nous avons mis en place la base d'Ampara, et constitué l'équipe Sri Lankaise chargée de travailler avec les volontaires de SOLIDARITES.

5. Très clairement, aujourd'hui, les besoins prioritaires relèvent de l'accès à l'eau et l'assainissement ?

Oui, l'eau potable en zones villageoises, et des latrines en zones urbaines.

6. Nos programmes aujourd'hui ?

Nous avons commencé les chantiers pour 500 latrines sur des sites de déplacés de la zone de Kalunai, et nous attendons, en ce qui concerne les travaux sur les puits, la fin de l'expertise menée par les autorités et les spécialistes des ONG comme nos propres hydrauliciens, afin de déterminer si le Tsunami a souillé la nappe phréatique. Nous devons, dès que possible, prendre en charge la réhabilitation de 80 à 90 puits et quatre réseaux d'adduction communautaires. Actuellement, nous assumons également la collecte des débris et déchets sur les sites de déplacés, toujours sur kalunai.

7. Quels ont été, sur cette mission, les contraintes et les points forts pour SOLIDARITES ?

La contrainte essentielle a été la non-visibilité des besoins par rapport à la catastrophe. Nous savions qu'il y avait de gros besoins, mais lesquels et où précisément ? Le point fort a été la réactivité de SOLIDARITES, qui a été l'une des premières ONG à atteindre la zone de Kalunai.

8. En terme logistique, avez-vous rencontré des problèmes ?

Non, nous avons dédouané le matériel et les véhicules acheminés par avion à Colombo en un temps record. Pour le reste, il n'y a pas de problème d'accès aux populations, et en terme d'approvisionnement, on trouve tout sur place.

9. A quel horizon places-tu l'action de SOLIDARITES au Sri Lanka ?

De mon point de vue, il y a du travail pour au moins un an. Après l'urgence, il faudra prendre en charge des projets de réhabilitation et reconstruction, notamment en moyens d'accès à l'eau et assainissement, en commençant par les zones côtières, puis, progressivement, en " avançant " dans l'intérieur des terres, afin de ne pas laisser de " zones grises " oubliées par l'assistance humanitaire.

10. Humainement, qu'est-ce qui t'a le plus marqué ?

Le sourire des gens, et la rapidité avec laquelle ils ont voulu recommencer à vivre et reconstruire. Ils nous attendaient car ils avaient besoin d'une assistance d'urgence, mais la reconstruction de leur pays se fera beaucoup avec eux.

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