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Burundi : Mourir de paludisme et de malnutrition n'est pas une fatalité

11 janvier 2001

Depuis le mois d'octobre 2000, une épidémie de paludisme a déjà touché plus de 720.000 habitants du Burundi. Et la saison des pluies qui vient de commencer pour 4 mois fait redouter une augmentation massive des cas, car la multiplication des moustiques pendant cette période favorise la propagation.

Chaque année, plus d'un million d'africains meurent du paludisme. Cette maladie frappe d'abord ceux dont le système immunitaire est le plus faible : femmes enceintes, jeunes enfants, vieillards, personnes dénutries. Faute de soins, et dans le cas de souche mortelle, telle que le Plasmodium falciparum qui sévit aujourd'hui au Burundi, les malades peuvent décéder en 24 heures.

SOLIDARITES, association humanitaire française d'aide d'urgence, est en première ligne, au Burundi, face à cette tragédie. Dans ce pays déchiré par une guerre civile SOLIDARITES assume, entre autre, la responsabilité de programmes de nutrition qui prennent en charge, chaque mois, plus de 8.000 personnes dénutries, par le biais d'un réseau de 24 centres de supplémentation nutritionnelle, et deux centres de nutrition thérapeutique, dans les provinces de Muramvya, Mwaro, et Gitega.

Aujourd'hui, nous recevons de nos équipes sur place des rapports alarmants. La sécheresse prolongée et la difficulté de cultiver les terres en raison de l'insécurité, ont entraîné une disette qui a affaibli les organismes des plus vulnérables, faisant le lit de l'épidémie. Par ailleurs les paysans des hauts-plateaux, mal immunisés contre le paludisme, ont été contraints, dans ces conditions, de descendre vers les contreforts des collines pour tenter d'y subsister, et ont été la cible des moustiques porteurs de la souche.

Les malades, dans un état souvent désespéré, affluent dans nos centres. Ainsi, dans notre centre nutritionnel thérapeutique de Gitega, prévu pour accueillir 140 personnes, ce sont jusqu'à 222 malades qu'il a fallu prendre en charge quotidiennement, et nous commençons à manquer de médicaments, de produits alimentaires et de matériel de soins !

Le taux de décès est passé dans ce centre, de novembre à décembre 2000, de 13, 6 % à 20, 6 % ! Les enfants, victimes à la fois de la faim et du paludisme, n'ont jamais été aussi faibles. Et le pire est peut-être à venir !

SOLIDARITES appelle donc les Responsables français et internationaux en charge de la santé et de l'aide humanitaire d'urgence à donner à la lutte contre l'épidémie de paludisme et à la malnutrition au Burundi les moyens immédiats et massifs que la situation exige.

Contact presse : Pierre Brunet - 01 43 15 13 13


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